Les tricoteuses de Croy

Les tricoteuses de Croy

6 avril 2022
Serge Goy

Mireille , Marinette, Monique et Nicole se prêtent à l'interview pour cet article que j'ai fait récemment pour l'Omnibus. Ce ne sont que la moitié d'entre elles, puisque l'autre moitié attend son tour pour la pose.

Voici le texte de mon article d'alors.

Tricotaine et tricoton

- Dis, Francine, tu comptes 50 ou 100 ?

- Attends, j’ai pas bien compté. Je dois être à 80, je crois.

- Ah, ça y est, tout est emmêlé, je suis obligée de couper.

Voilà ce que vous avez de fortes chances d’entendre lors d’une séance de tricotage à Croy, si ce n’est le cliquetis des aiguilles quand ces dames sont en manque de conversation. Ce jour-là, c’est chez Monique Reymond l’initiatrice du groupe, que huit dames avaient rendez-vous. Dans sa petite maison à deux étages, le deuxième était investi par sept autres tricoteuses qui répondaient aux noms de Nicole, Lycette, Arlette, Mireille, Marinette, Francine et Ginette. Manquaient alors Josiane, Josette, Daisy et Violette et même une dame portugaise qui envoie régulièrement sa production depuis son pays. Lycette, la doyenne, compte 95 printemps alors que la plus jeune est Josette et n’en a que 51.

L’idée est donc partie de Monique qui avait été séduite par l’initiative d’une autre dame qui l’avait fait connaître par l’AVIVO. Cette dame de la Vallée de Joux organisait déjà des envois de tricots vers des pays d’Afrique. Cette idée a surgi quand l’atelier broderie tenu par les Vaudoises de l’époque a été abandonné il y a de cela six ans ; pourquoi ne pas rebondir sur un autre atelier, tricot celui-là et à but caritatif ? La chose a eu un petit succès pour ses débuts avec un effectif de quatre personnes, mais le téléphone arabe a fait son office pour tripler les membres de départ.

Leur production est composée de brassières pour les bébés prématurés par exemple, sacs de couchage, bonnets, chaussons et pulls, principalement pour enfants en bas âge. Ces produits sont aussi acheminés vers des pays d’ Afrique. Une fois l’an, écharpes, chaussettes et couvertures prennent le chemin d’un marché organisé par Caritas et vont grossir les caisses de l’organisation.

Ces dames tiennent à garder un esprit de convivialité et de partage positif et d’éviter toute polémique. Elles apprécient la paix qui règne dans ces échanges et l’amitié qui vient grandir au fur et à mesure d’entrevues qu’elles honorent chaque mois et à qui se font à tour de rôle chez chacune d’entre elles. Comme ces rencontres durent de 10 à 16 heures, il est bien entendu que la pause de midi est l’événement qui couronne ce moment ; je vous laisse imaginer les miracles que ces grands-mamans peuvent mettre sur la table.

C’est ainsi qu’on quitte cet oasis de paix et de cordialité. Car si la quiétude y est bien présente, le mot thérapie a été prononcé et si le mot « zen » peut être prononcé, la phrase « on ne pense plus à rien » a été formulée ; tout ceci frôle ainsi la notion de méditation.

Au revoir Mesdames, que la paix soit avec vous !

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  • Renata Roveretto

    Cher Serge, oui laissons les tricoter tranquillementen en boucle ces gentilles dames....

    Amicalemnt Renata

    P.s. Le liens est à revoir ( error 403 brouillon )

Serge Goy
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