Beaulieu: De L' Aiguille Sarrazin à La Tour Tschumi

Beaulieu: De L' Aiguille Sarrazin à La Tour Tschumi

1 février 1962
J.P. Mac Donald (NRL)
NRL Nouvelle Revue de Lausanne

Article de J.P. Mac Donald paru dans la NRL le jeudi 1er février 1962 dont la teneur et le suivant:

Avant de mourir, l’architecte Jean Tschumi a donné une allure merveilleuse à la Tour de Lausanne qui dépassera en hauteur, son aïeule parisienne, la Tour Eiffel.

Jean Tschumi a hésité assez longtemps avant de vouloir s'occuper du fameux projet de l'ingénieur Alexandre Sarrasin, qui se proposait d'édifier dans la région de Lausanne une tour de béton à la fois attractive et utilitaire.

On s'en souvient, le Comptoir suisse adopta le projet et pensait le réaliser dans l'enceinte de ses constructions actuelles.

Le professeur Sarrasin, spécialiste très connu du béton armé en même temps que styliste avéré, avait « sorti » une tour séduisante d’aspect qui devait grimper à 280 mètres pour hisser au sommet un restaurant de 500 places et abritera dans la largeur principale de son fût des salles de congrès et le nouvel Institut des Hautes Etudes commerciales.

On en était à un projet de six millions de francs, exécutable assez rapidement, en tous les cas avant l'Exposition nationale .

Tout au tour de la tour

Nous l’avons dit plus haut. La tour ne peut sortir de terre sans que l’on s'occupe des environs.

Jean Tschumi l'installe dans l’actuel quartier de la Violette. Il supprime la vieille caserne de la Pontaise, crée une vaste esplanade avec de grands bâtiments, un escalier monumental qui monte et met en valeur le stade olympique. Il réprime le zèle du plan d’urbanisme de la ville qui prévoit, non loin de là, d’énormes bâtisses locatives de 50 mètres de hauteur, il arrange tout et donne au quartier une allure qui lui confère le rôle de zone pilote en matière architecturale. La construction de la tour n'est pas liée à l'exécution de l'ensemble, qui peut se réaliser par étapes. Le plan financier a été, bien entendu, étudié. Il roule sur quelques douze millions, somme pour laquelle le Comptoir Suisse requiert, la caution de la Ville , c'est tout.

La tour a été calculée pour quelle résiste à des vents de 250 kilomètres à l’heure. On a même songé aux tremblements de terre. Avec quarante ouvriers, elle pourrait, être construite en 21 mois.

Il semble que l' on ait eu du nouveau au projet, qu’une adhésion plus générale soit acquise et que l’on veut espérer, que l’École des HEC comprendra l 'intérêt qu'il y a pour elle à quitter le cadre étriqué qui l'enserre aujourd'hui.

L 'Office aérien de l'air a hoché du menton d 'un air approbateur. Les autorités communales sont séduites.

Une consultation populaire

La direction du Comptoir Suisse a l' excellente idée de soumettre la grande maquette aux avis de la population. Elle sera exposée, en conséquence, dans le hall de la Banque cantonale à Lausanne, dès lundi malin. Les visiteurs pourront consigner leur avis dans des registres réservés à cet effet et l’on aura ainsi une forme de consultation populaire.

Parviendra-t-on à réaliser la tour avant l'Exposition nationale ?

On le souhaitait au printemps dernier déjà. Aujourd'hui, plus résolument encore.

J.-P. MAC DONALD .

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