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Rudolf Elmer, lanceur d'alerte

Rudolf Elmer, lanceur d'alerte

Genève 05 juin 2021

La sculpture Anything to Say? de Davide Dormino est officiellement inaugurée aux bains des Pâquis et ce en présence de l'artiste, de Mme la Maire de Genève, de la femme de Julian Assange, de Nils Melzer, un panel de gens issus de la politique, des milieux de la cultures et ainsi que des lanceurs d'alerte

Ci-dessous une traduction aussi fiable que possible, en français, du discours fait en anglais par Rudolf Elmer, invité à cette occasion:

L'alternative du whistleblower ? Laissez la corruption prospérer!

Le dénonciateur Rudolf Elmer et le secret bancaire suisse

Il est vain d'essayer de combattre la corruption mondialisée dans une Suisse soutenue et protégée par le monde entier!

Les gens disent que mon cas de dénonciateur est extrêmement compliqué. Après tout, il y a eu 70 décisions de justice, 217 jours d'emprisonnement en cellule d'isolement, une enquête criminelle contre ma femme, des blessures physiques infligées à ma fille et à moi-même par des détectives de la Banque Julius Bär & Co. AG, Zurich. Ajoutez à cela des procédures pénales qui durent plus de 15 ans, etc. et vous comprendrez aisément pourquoi !

Au contraire, mon cas n'est pas compliqué, mais très important pour la Suisse et la société mondiale. Il s'agit de reconnaître comment l'État suisse aide les multinationales et certains individus super riches à contrôler et à transformer un pays décent en une oasis de bien-être pour les criminels.

De l'autre côté du spectre, j’ai été blâmé et humilié pour avoir dénoncé des actes répréhensibles et ma famille à été utilisée comme otage, et ce en exerçant une pression si forte que mon enfant a tenté de se suicider. Le but ultime du protectorat de la Suisse, est de fournir un havre de sécurité pour les ultra-riches, quel qu'en soit le coût pour la société. Pour protéger ces entités et détourner l'attention de leurs propres méfaits, l'État va systématiquement intimider, accabler, déshonorer et infliger autant de dommages financiers et psychologiques que nécessaire jusqu'à ce que le dénonciateur ou le diseur de vérité soit épuisé par ses bandes de brutes. Il n'est pas étonnant que la Suisse ait le taux le plus élevé de cas psychiatriques en Europe.

Peu importe qui est le dénonciateur, l'important est de déformer et de cacher la vérité à la société civile afin de poursuivre les sombres affaires du monde bancaire. Leurs méthodes sont multiples, le plus souvent inhumaines et désavantageuses pour la société dans son ensemble.

J'aimerais illustrer cela par une lettre que j'ai reçue pendant mes 217 jours d'isolement à la prison de Winterthur. Cette lettre émanait de l'un des rares hauts magistrats indépendants de Zurich, qui comprend les véritables motivations du système judiciaire suisse, les rouages de la justice et de la place financière zurichoises. Il y explique que des actes criminels sont également perpétrés par le pouvoir judiciaire lui-même afin de servir d'exemple contre les dénonciations.

Il a écrit :

- J'ai reçu votre lettre et, une fois de plus, je l'ai lue avec intérêt. Vous décrivez des conditions et des mécanismes qui me sont très familiers et ne suscitent guère plus d'étonnement. Néanmoins, la condamnation en première instance m'avait beaucoup irrité. Surtout le fait qu'on aie refusé de reconnaître votre honnêteté et votre attitude décente à l'époque. Vous avez été diffamé, pathologisé et criminalisé. Tout le programme ! Le fait que les procureurs débattent de l'idée d'établir une autre évaluation psychologique de vous va exactement dans ce sens. Le fait que vous soyez détenu en isolement parle de lui-même. C'est ainsi que l'on réagit face à des ennemis de l'Etat ! Des gens comme vous semblent plus dangereux pour le système que la RAF (Fraction armée rouge) ou les Brigades rouges. Les poursuites contre vous et les enquêtes en cours sont une affaire hautement politique. Se battre avec des moyens légaux est louable mais malheureusement peu prometteur. La Suisse protège ses veaux d'or. Chaque État fait cela. Le système de justice pénale protège le système et non le citoyen bien intentionné. Le droit pénal ne consiste pas et n'a jamais consisté à punir toutes les violations de la loi - indépendamment du principe de légalité et de la maxime officielle - il s'agit de poursuivre les violations politiquement correctes - et presque plus important encore - de ne pas les poursuivre. Les enquêtes pénales contre des institutions bancaires renommées ne sont aujourd'hui nullement opportunes, par-contre la poursuite de personnes qui rendent ou ont rendu publiques leurs connaissances d'initiés, oui. La place financière suisse ne veut pas et ne peut pas se permettre des enquêtes pénales contre des banques. Où cela mènerait-il, d'abord la Bank Bär, puis l'UBS ou le CS ? C'est pourquoi un exemple est fait ici. Enfin, la presse ne voudra pas s'en prendre aux institutions bancaires, et vous n'obtiendrez guère de soutien des partis politiques établis. De ce point de vue, vous n'avez pas de lobby en Suisse à l'heure actuelle" !

La phrase la plus importante de la réponse du doyen des juges !

  • "Vous croyez à l'État de droit et à l'État et c'est précisément cet État de droit et cet État qui vous prouvent que vous ne devez pas y croire".

C'est un fait En Suisse, tous les objecteurs de conscience, les dénonciateurs, sont condamnés précisément pour les raisons mentionnées. Les forces de l'ordre et les tribunaux "indépendants" disposent d'une marge de manœuvre incroyable pour s'exécuter impitoyablement sans être sanctionnés. Les juges, en particulier, sont libres de le faire. Par conséquent, la question centrale est liée aux juges :

  • Le juge sert-il la loi ou la loi sert-elle le juge pour entraver la justice ?

En Suisse, dans mon cas, la loi a servi les juges pour protéger le monde bancaire corrompu. À plusieurs reprises, j'ai porté à l'attention et dans l'intérêt public de faits criminels et j'ai été condamné pour cela malgré que les preuves de clients criminels se trouvaient dans les dossiers judiciaires et que quand bien même elles ont été rendues publiques par le très réputé journal Guardian (UK) en 2009. Même la CEDH connaissait les listes des clients criminels qui avaient été publiées en 2008 sur WikiLeaks dans la plainte déposée auprès de la CEDH et que leurs actions contre ma famille et moi-même, je suis allé jusqu'à considérer le secret bancaire suisse comme une loi criminelle et c'est ce qu'il est en réalité (Falciani 99% de fraudeurs fiscaux des clients de HSBC).

A titre d'exemple, je me réfère au plus important de mes sept recours devant la CEDH, qui ont tous été "ironiquement" rejetés par le juge "suisse" résident de la CEDH (administrateur judiciaire) ou par une décision unique sans motivation détaillée. La CEDH et la Suisse maintiennent le même "programme anti-dénonciateur". Il n'y avait pas de réelle séparation des fonctions ou de différence d'opinion entre les juges de la CEDH et le greffier suisse qui a traité mes plaintes suisses. Les dénonciateurs doivent subir la mort sociale, financière et professionnelle même si cela est contraire à la loi et à la pratique fondée sur les décisions des tribunaux de la CEDH. Ils sont une loi pour eux-mêmes, une loi pour eux, une autre pour nous !

Un autre exemple est ma plainte principale, qui était basée sur le rapport du GRECO (Groupe d'Etats contre la Corruption) de 2016. Le rapport du GRECO accusait essentiellement la Suisse des manquements suivants (citation) :

  • "En Suisse, les membres des tribunaux fédéraux sont élus par les forces politiques de l'Assemblée fédérale. Si le GRECO reconnaît la légitimité de ce principe, qui découle de son histoire et de sa tradition, il estime que le système doit intégrer les saisies-arrêts afin de mieux prendre en compte la qualité et l'objectivité dans le recrutement des membres des tribunaux fédéraux. Une fois élus, il est impératif de couper les liens avec les forces politiques - d'où la pratique selon laquelle les juges fédéraux transfèrent une partie de leur salaire à leur parti. Il faut également veiller à ce que les décisions prises ne servent pas de justification à une non-réélection par l'Assemblée fédérale, etc.".

A ce jour, la situation en Suisse ne s'est pas améliorée, bien au contraire, elle s'est même aggravée !

J'ai prouvé dans ma plainte déposée en janvier 2021 auprès de la CEDH que :

1) la Suisse a ignoré les recommandations du GRECO de 2016. Par conséquent, la situation a empiré!

2) Les juges suisses paient toujours jusqu'à CHF 20`000 ou au moins 6% de leur salaire annuel à leur parti politique de soutien!

3) On ne peut devenir un juge fédéral suisse que si on est membre des quatre plus grands partis qui soutiennent son élection ! En d'autres termes, personne ne peut devenir juge fédéral en Suisse sans être un membre payant d'un parti politique!

4) La réélection des juges à l'Assemblée fédérale n'a lieu qu'une fois tous les six ans, ce qui est un énorme fardeau pour un juge indépendant!

5) Si un juge ne prend pas de décision dans le cadre d'une procédure judiciaire, il ne peut pas être élu. Plus récemment, le juge fédéral Yes Donallaz du parti conservateur (UDC) a été empêché d'être réélu en 2020 par son propre parti (UDC) parce qu'il avait voté pour la remise des données bancaires HSBC-Genève (Falciani) aux autorités françaises en 2018.

6) Dans mon cas, c'est le même juge principal Christian Denys du Tribunal fédéral qui a rejeté mes cinq recours. En tant que juge principal, il occupe une position aussi privilégiée et puissante, n'est-il pas censé être impartial ? Le juge Denys a contrôlé et décidé chacune de mes plaintes auprès du Tribunal fédéral suisse en tant que juge principal.

7 ) Sans aucune participation d'autres juges indépendants et à lui seul, le juge Denys a été autorisé à rejeter ma plainte contre le conseiller juridique du groupe Julius Baer, l'avocat Hiestand, qui a trompé le tribunal en déclarant que j'étais soumis à la législation suisse sur le secret bancaire aux Caïmans. Un autre mauvais tour de Julius Baer!

8) Les juges du parti politique conservateur (UDC/SVP) sont obligés de signer et de déposer une charte d'honneur avec le canton de Zurich qu'ils vont statuer en conséquence et en ligne avec ses points de vue politiques. Le vice-président du Tribunal fédéral suisse, le juge fédéral Yes Donallaz a confirmé cela aujourd'hui dans le Neue Zürcher Zeitung! Le juge principal au tribunal supérieur de Zurich dans mon cas était Peter Marti, un membre du Schweizer Volkspartei est, à mon avis, un juge qui ne sert pas la loi!

9 ) J'ai déposé une plainte dans le sens que je Juge Denys n’est pas impartial, qu’il édite ses propres règles. Ma plainte a été rejetée par trois juges du propre département du Juge Denys. Le Juge Denys est le chef du département pénal du Tribunal fédéral de la Suisse. Ma plainte a été considérée comme une plainte révisée, les juges voulant éviter de prendre une décision à l'encontre des préjugés et du manque d'indépendance du juge Denys !

Encore un coup bas dans mon affaire : En traitant les affaires juridiques en Europe d'une manière aussi désinvolte, où l'on s'attend à l'honnêteté et à l'équité, on aurait aujourd'hui de meilleures chances d'avoir un procès équitable en Chine ou en Russie que dans l'UE. La raison pour laquelle Julian Assange ne bénéficie pas d'un procès équitable et est traité de manière aussi répugnante en Europe apparaît clairement.

Conclusions

Dans de nombreux cas, les dénonciations exposent les abus systémiques commis par les États, qui semblent aujourd'hui gouvernés par les multinationales et les super-riches.

Fondamentalement il ne s'agit pas du cas individuel du dénonciateur, mais d'un système qui dépasse de loin les qualités et la quantité d'une organisation mafieuse.

Les adversaires des dénonciateurs sont des personnes très instruites, intelligentes et aisées, disposant de ressources financières / d'actifs / de marchandises illimitées, par exemple, des banquiers de haut niveau, des juges, des politiciens, des procureurs, etc. Leur but ? Faire de la dénonciation un délit capital pour qu'ils puissent continuer à commettre des actes répréhensibles.

C'est ce qu'exigent les opposants à la dénonciation, sinon ces personnes aisées perdent leur position dans la société, leur emploi et leur reconnaissance sociale, et pas seulement eux- même, mais aussi leur familles !

D'un autre côté, les dénonciateurs ne doivent donc pas prendre le harcèlement et la condamnation pour eux-même et ce même s'ils doivent en faire l'expérience personnellement ! En effet , la vérité est que ce sont des crimes commis par les puissants contre la société civile, contre M. et Mme Tout le monde. Les dénonciateurs devraient toujours être conscients de cela.

La société civile ne supportera cela que jusqu'à ce qu'elle devienne elle-même une victime ! En attendant, il y a de plus en plus de victimes, par exemple, à cause de la pandémie de Coronavirus ! Peut-être que la société civile est en train de se réveiller, ce qui est sûr c'est que le nouveau président américain Joe Biden a appelé à lutter contre les paradis fiscaux comme la Suisse, les Caïmans, les Bermudes, etc.

En fin de compte, la seule arme d'autodéfense efficace dont je dispose en tant que dénonciateur est l'information et j'en ai retenu beaucoup ! Je pense que c'est aussi une raison pour laquelle je suis encore en vie aujourd'hui et que je n'ai pas eu à suivre le chemin de Sergei Magnitsky, Daphne Caruana Galicia, Jamal Khashoggi et bien d'autres !!!

Merci de votre attention.

Rudolf Elmer

(Swiss Certified Public Account, FormerCOO of Julius Baer, Cayman, Head of shared Service Center of Standard Bank of Africa, Mauritius: COO of Noble Investments Zurich and Bermuda)

Lien: Article du Temps 2016

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Markus Schweizer
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24 juin 2021
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