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Isidore KARR, une courte biographie

Isidore KARR, une courte biographie

sources indiquées dans le texte, R.Gagnaux pour l'édition
sources indiquées dans le texte, R.Gagnaux pour l'édition
  • 19?? (*), Amsterdam - 17.10.1971, Genève
  • Violoniste, pianiste, chef d'orchestre et homme de radio

(*) selon certaines sources, il serait né en 1923, mais ça ne concorde pas avec les photos de la galerie Isidore Karr, dont les années de première publication sont connues. Il doit être né au moins une dizaine d'années plus tôt, vers 1910

Né en 19??, Isidore Karr commença l'étude du violon auprès de José Porta et André de Ribaupierre, puis il la continua à Londres, en Belgique, en Hollande et à Lucerne, avec Carl Flesch.

à compléter...

Isidore KARR en répétition avec l'Orchestre de la Suisse Romande, un instantané de Photo Edouard Baumgartner publié entre autres dans la revue Radio TV Je vois tout du 13 janvier 1972, No 2, page 4

"[...] Isidore Karr dont l'activité est indissolublement liée à la vie musicale de Genève dans la première moitié de ce siècle. [...] Isidore Karr était un musicien extrêmement complet. À l'époque où les grands hôtels et brasseries se faisaient un point d'honneur d’entretenir des orchestres importants, il dirigeait sur le quai du Molard la formation symphonique du Café du Nord. Tout en cultivant la musique de divertissement, il accordait une place importante dans ses programmes à la musique classique. Il possédait un répertoire immense. Très tôt, il s'intéressa d la radio et y collabora jusqu’à la fin de sa vie à double titre:

pianiste au métier parfait, doué de facultés exceptionnelles pour le déchiffrage des partitions les plus compliquées, il fut un accompagnateur méritant des éloges de tous les grands solistes internationaux venus enregistrer dans les studios genevois.

Isidore KARR et Jean-Marc PASCHE, une photo publiée entre autres dans la revue Radio Actualités du 11 juin 1943, No 24, page 742

Chef d'orchestre, il apparaissait régulièrement au pupitre de l'Orchestre de la Suisse romande, non seulement dans le répertoire léger, mais encore, et surtout, dans le domaine lyrique. C’est par centaines que se comptent les morceaux pour chant et orchestre qu’il enregistra avec des artistes de tous les horizons mais il avait une prédilection marquée pour les chanteurs romands. À ce titre, Isidore Karr contribua à faire de la radio une plateforme idéale pour le lancement des jeunes talents; et s'il avait un faible pour Offenbach, l’envergure de ses possibilités lui commandait de s’intéresser aussi bien aux partitions contemporaines qu'aux chefs-d’oeuvre oubliés.

Isidore KARR, très décontracté..., répétant l'«École du cinéma» de Fernand Closset avec l'Orchestre de la Suisse Romande

À toutes ses qualités professionnelles, Isidore Karr joignait une gentillesse et une modestie devenues proverbiales. Ainsi — voeu ultime — avait-il demandé qu’on ne parlât point de sa mort. Quelques semaines ayant passé, la Radio suisse romande veut néanmoins rendre hommage à celui qui lui a tant apporté. Plusieurs générations de musiciens et de nombreux auditeurs se souviendront avec émotion de la personnalité rayonnante d'Isidore Karr. [...]" cité du Journal d'Yverdon du 20 janvier 1972, No 15, en seconde page.

Isidore KARR, un instantané de Photo Asseo publié entre autres dans la revue Radio TV Je vois tout du 23 février 1961, No 8, page 11

Peu après son décès, Franz Walter lui avait rendu un hommage ému dans le journal de Genève du 22 octobre 1971 en page 17:

"[...] Avec Isidore Karr, qui vient de mourir, disparaît une figure caractéristique et qui fut très populaire, liée à un aspect — déjà lointain — de notre vie musicale. C'était avant l'avènement de la radio. Le mélomane désireux d'entendre un peu de musique se rendait volontiers dans l'un des grands cafés de notre ville où de petits orchestres parfois excellents se produisaient.

Qui — de ma génération — ne se rappelle les trottoirs noirs de monde, les beaux soirs d'été, en face et autour du Café du Nord, sur le Grand-Quai, où l'ensemble que menait de son piano Isidore Karr exécutait le répertoire le plus varié. D'éminents instrumentistes participaient à cette formation (c'était souvent pour eux le seul moyen de gagner décemment leur vie), et la personnalité d'Isidore Karr ainsi que la rigueur de ses exigences avaient véritablement su conférer des lettres de noblesse à ce type d'activité.

Détrônés par le jazz puis les juke box, tous ces orchestres disparurent. Karr reprit alors une activité de chef d'orchestre, activité qu'il avait déjà exercée dans le Midi de la France, une fois ses études accomplies à Amsterdam, sa ville natale et avant de se fixer définitivement à Genève. Il travailla notamment à la radio, mais surtout se vit extrêmement recherché comme accompagnateur. À ce titre, il participa à nombre de nos concours internationaux. À sa famille, nous présentons l'expression d'une sympathie partagée certainement par de nombreux artistes-musiciens de Genève. [...]"

Isidore KARR répétant «Il était une bergère...» de Marcel LATTÈS, texte d'André IVOIRE, avec (de gauche à droite) Nadine SAUTEREAU, Flore WEND et Alexandre FÉDO, Photo Bertrand Genève, cité de la revue Le Radio Actualités du 23 mars 1951, No 12, page 429

Je n'ai - jusqu'à maintenant - pu trouver qu'un seul interview d'Isidore Karr, publié dans la revue Radio TV Je vois tout du 23 février 1961, No 8, page 11, à propos de la réalisation à Radio-Genève de «Fortunio» d'André Messager, Isidore Karr dirigeant l'Orchestre de la Suisse Romande. Alors qu'il était très jeune pianiste, il eut en effet l'occasion de travailler avec André Messager au Casino municipal de Nice où on montait la version lyrique du «Chandelier»:

"[...] J'eus, en effet, la chance, lors des répétitions de «Fortunio» puis, plus tard, de «La Basoche», de travailler avec André Messager en tant qu'accompagnateur des répétitions. Qui était-il? Grand, mince, portant moustache, c'était un homme très distingué, raffiné, élégant comme sa musique. Il suivait les répétitions avec une grande attention, puis, lors des représentations, conduisait l'orchestre.

Trop souvent, en effet, nous sommes tentés de ne voir en Messager qu'un compositeur. Il était avant tout chef d'orchestre et occupait ce poste à l'Opéra de Paris. Wagnérien par-dessus tout, il dirigeait tout le répertoire du maître de Bayreuth et, si l'on examine attentivement ses oeuvres, il est fréquent d'y déceler une certaine influence, principalement de «Tristan».

Je dois vous dire encore qu'à Nice, Messager fit jouer exceptionnellement le rôle de Fortunio par un travesti et c'est Maria Kousnetzoff qui l'interpréta, tandis que la chanteuse anglaise Lilian Granville était Jacqueline. Mais, parmi les acteurs qui furent à la scène le jeune clerc amoureux, il en est un dont les habitués du Grand-Théâtre de Genève n'ont certainement pas oublié le talent: David Devries!

Selon moi, «Fortunio» est, avec «Véronique», un des chefs-d'oeuvre du compositeur. Il s'agit d'une partition très mélodieuse, d'une musique réellement de «la belle époque». Et je suis certain que, s'il vivait de nos jours, Messager ne pourrait écrire semblables ouvrages. La vie est trop emplie de problèmes, elle pose trop de questions...

J'ai été enchanté de conduire l'orchestre lors de l'enregistrement de «Fortunio». Tous les musiciens d'ailleurs ont été heureux de travailler cet intéressant ouvrage car, à l'encontre de ce qui, dans la plupart des cas, se produit, l'orchestre n'est pas là uniquement pour «accompagner». Il a son propre rôle à jouer, de même que chacun des solistes. [...]" interviewé par «J.M.R.».

... à compléter ...

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René Gagnaux
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5 février 2020
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