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Lettres à nos aînés au temps du coronavirus

6 mai 2020
Valais
Jean-Yves Gabbud

Pendant la pandémie de coronavirus, plusieurs quotidiens romands ont publié des lettres adressées aux aînés confinés. Certaines ont été lues lors de l'émission "Porte plume" de la RTS.

Cette lettre de Jean-Yves Gabbud à sa tante Monique Luisier a publiée dans le Nouvelliste du 06 mai 2020.

****

Tu te souviens, tata Momo?

Je t’ai appelée après avoir tergiversé pendant plusieurs jours à coup de «demain quand j’aurai fini ceci ou cela».

A peine as-tu entendu le son de ma voix que tu m’as lancé un: «tu n’aurai pas pu me faire un plus beau cadeau».

Je voulais te faire plaisir et c’est toi qui m’a bouleversé.

Je te présente comme ma deuxième maman, parce que tu as choisi de t’occuper de moi comme un fils, toi ma tante, ma marraine, ma tata Momo.

Tu t’es intéressée à moi au point de lire tous mes articles, même ceux qui évoquent des sujets qui ne signifient rien pour toi. Il faut dire que nous ne vivons pas dans le même monde. Je passe des heures à regarder le Valais évoluer à travers le prisme d’internet et des réseaux sociaux, alors que tu n’as même pas voulu t’essayer au sms.

Je vis au rythme des mails qui tombent, courant sans cesse après le temps, alors que tu te réjouis lorsqu’une rencontre t’a permis de «faire passer le temps».

Tu t’ennuies, alors que je rêve de m’ennuyer juste une minute ou deux.

Nous ne vivons plus dans le même monde, mais nous avons en nous un univers en commun, celui qui a tissé des liens si forts entre nous. Il est toujours là au fond de nous, ce temps où nous tirions ensemble une chargosse remplie de foin ou que nous nous cassions le dos à cueillir fraises et framboises dans ce beau village de Sarreyer.

Le temps a passé. Il reste le souvenir, ce monde dans lequel tu vis désormais et dans lequel tu m’entraînes à chaque conversation.

J’ai envie de revivre ces moments avec toi.

Tu me manques tata Momo, comme me manquent mes parents.

Je vous aime.

Jean-Yves

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  • Pierre-Marie Epiney

    Magnifique témoignage ! Et j'imagine le cadeau que vous avez fait à tata Momo en lui adressant votre coup de fil. Et l'évocation de ce contraste entre une vie où chaque minute compte et celui d'une vie où les minutes comptent comme des heures.

    • Jean-Yves Gabbud

      Elle m’a offert tellement dans la vie. Et elle apprécie encore plus chaque geste fait pour elle. L’exercice de la lettre publiée dans le journal nous a touché tous les deux, je crois.

    • notreHistoire

      Bonjour Jean-Yves,

      bravo pour cette correspondance très touchante. Je serais tenté de vous demander d'en publier d'autres.

      Merci en tous les cas, on va faire lire ce texte lors de l'opération "Correspondances/Lettres de Soie" à Mase les 9 et 16 août. Si vous en êtes d'accord. Vous pouvez aussi venir (ce qui serait l'idéal) à Mase le 9 ou 16 août pour lire votre lettre vous-même et alors on vous enregistrera.

      Très cordialement, David Glaser, responsable notreHistoire

    • Jean-Yves Gabbud

      Merci beaucoup pour l’intérêt! Évidemment, la lettre peut être lue. Je regarde pour le 9 août.

  • Martine Desarzens

    Bonjour, Quelle belle lettre à votre tata Momo cette presque maman....vos mots montrent si bien que l'enfance reste un réservoir immortel de souvenirs qui construisent l'enfant....je vois cette chargosse remplie de foin de votre enfance...la cueillette des fraises en des framboises valaisannes....MERCI....

Jean-Yves Gabbud
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13 juillet 2020
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