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Inauguration du pont Chauderon-Montbenon

Inauguration du pont Chauderon-Montbenon

1905
Artist.Atelier H. Guggenheim & co., Zürich
Sylvie Bazzanella

Vue sur le pont Chauderon depuis l'est lors de la manifestation d'inauguration. Appelé aussi pont Chauderon-Montbenon, ou pont de Montbenon, le pont Chauderon qui enjambe le comblement de la vallée du Flon, fut construit de 1904 à 1905, inauguré le mercredi 19 juillet 1905, et ouvert de suite à la circulation. Il a été bâti dans le style de la Belle Epoque.

En date du 29 juin 1905, le cortège des écoles enfantines reçut l'autorisation de passer sur le pont pour se rendre à la Fête à Montbenon, la première organisée à leur intention. Les petits lausannois ont ainsi eu le privilège d'inaugurer le pont avant la cérémonie officielle du 19 juillet.

Gazette de Lausanne, 20 juillet 1905 :

L'inauguration du pont Chauderon-Montbenon

Jusqu'en 1905, Chauderon ne communiquait avec la colline de Montbenon que par un petit chemin - le chemin de la Mine - partant de Chauderon, il descendait entre deux murs, traversait le hameau de l'Ermitage, franchissait un vieux pont de pierre avant de remonter à Montbenon.

C'est en 1873, après la création de l'avenue de la Gare, que surgit la première idée de relier la Gare à la place Chauderon et à l'ouest de la ville au moyen d'une avenue faisant pendant à celle qui venait d'être percée, et d'un pont sur le vallon du Flon.Deux concours furent ouverts. Le premier en 1897 fut un concours d'idées. Treize projets furent présentés. La plupart proposaient des ouvrages métalliques, deux utilisaient l'emploi du fer, de la pierre et du béton armé. Ces deux projets furent écartés par le jury qui considéra que le système n'avait pas encore fait suffisamment ses preuves pour des proportions si considérables. Le premier prix va au projet "Arc en ciel" des ateliers de constructions mécaniques de Vevey, et M. Jost, architecte à Montreux. A l'issue du premier tour du concours, le jury fixa le nombre optimum de travées à six, débattit du problème de l'adoption du béton pour un tel ouvrage.

Un deuxième concours eut lieu en 1901 pour l'adjudication. Cette fois, le premier prix récompense un projet de pont en béton armé et maçonnerie. Prix décerné au projet intitulé "Feuille de chêne" présenté par MM de Vallière, Simon & Cie, ingénieurs; Monod & Laverrière, architectes; Bellorini & Rochat, entrepreneurs à Lausanne. D'après les comptes-rendu du jury, le choix s'est déterminé grâce à l'originalité du système technique proposé.

Le pont mesure 250 m de long. A l'origine, les arches du pont Chauderon culminaient à une hauteur de 36 mètres. Le comblement de la vallée du Flon a réduit la hauteur du viaduc de 2/3 de sa hauteur initiale.

Sur cette photographie, nous pouvons voir en contrebas du pont, ce qui me semble être la décharge du Flon, ainsi que le premier groupe de maisons du hameau de l'Ermitage. En arrière plan, le Palais de Justice de Montbenon, et la forêt du Flon. Le hameau est détruit vers 1910.

Sources :

Bulletin technique de la Suisse romande, vol. 31 (1905)

Lausanne : un lieu, un bourg, une ville / PPUR presses polytechniques, 2001

Le pont Chauderon à Lausanne / Serge Serof, 1987

Lausanne : passé et présent sous le même angle / Louis Polla, Genève : Slatkine, 1984

Le pont Chauderon aujourd'hui :

En arrière-plan, le Casino de Montbenon, construit en 1908.

Photo Sylvie Bazzanella, 24.02.2014

Voir aussi :

http://www.t-l.ch/connexions/?r=1_0&selected_id=261

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  • Nicolas Ogay

    Superbe photo colorisée à la main. Là aussi, j'ai un sentiment nostalgique à la vue de ce hameau campagnard de l'Ermitage dont le talus du comblement menace de l'engloutir, tel la grosse vague d'un tsunami! Merci Sylvie, c'est merveilleusement documenté!

  • Sylvie Bazzanella

    Je partage votre sentiment, Nicolas. Le vallon du Flon - à l'aspect si bucolique sur les gravures de l'époque - a contribué, de par l'activité des artisans, de ses industries à la prospérité de notre bonne ville de Lausanne avant la grande révolution industrielle. On y trouvait un nombre important de moulins, des tanneries, une brasserie, une fabrique d'eau minérale, chocolateries, etc... La nature très présente est devenue, au cours du temps, dérangeante, envahissante pour mener à bien le développement de la ville. Et puis, gardons présent à l'esprit, les désagréments qu'engendraient l'odeur des tanneries, de la décharge, ainsi que les crues des rivières causant de graves problèmes d'insalubrité. Les lausannois évitaient le vallon du Flon pour toutes ces raisons, le laissant à ses industries. Ceci dit, le pont Chauderon devait être majestueux avec ses six arches de 36 mètres de hauteur. On pouvait l'admirer sur toute sa longueur, alors qu'aujourd'hui la partie située côté Chauderon est masquée par le bâtiment de l'Administration communale, à l'esthétique douteuse...

  • Nicolas Ogay

    Je pense comme vous!

  • Sylvie Bazzanella
  • Nicolas Ogay

    C'est vrai, superbe photo! Merci poiur le lien!

  • Catherine Vallotton

    Merci Sylvie pour vos magnifiques photos que je découvre. Je ne vous connaissais pas encore, quelle erreur ! Votre travail est remarquable. Cathy.

  • Sylvie Bazzanella

    Merci à vous, Catherine, pour votre compliment et intérêt.

  • Nicolas Ogay

    Très joli sujet passé-présent, Sylvie! Le contraste est saisissant! Sur la photo actuelle on voit bien les bâtiments incrustés dans les arches, où se trouvent actuellement les bureaux de la direction du "Service de Protection et de Sauvetage de Lausanne" (SPSL= pompiers, ambulances, protection civile et pompes funèbres officielles).

  • Sylvie Bazzanella

    Il me semble avoir lu quelque part, que la caserne des pompiers allait être implantée en dehors de ville.

  • Nicolas Ogay

    Oui, il en est effectivement question, la question est: où et combien! -Où: Blécherette, Vennes, Bourdonnette etc... - Combien: une caserne ou plusieurs disséminée dans ou en périphérie de la ville? Il est aussi possible qu'ils décident de laisser une antenne à la Vigie (sous le pont Chauderon, donc) et de construire une caserne secondaire ailleurs??? A l’origine, en 1952, la caserne du feu avait été implantée en un endroit parfaitement stratégique, offrant un dégagement dans toutes les directions. Mais le problème d’aujourd’hui, c'est la future arrivée du tram Renens-Flon, la fermeture des axes rue de Genève-Flon et le Grand-Pont, ceci augmentant la circulation sur la rue de la Vigie, mais aussi sur tous les autres axes du centre-ville, empêchant ainsi un déplacement rapide des véhicules du feu!

  • Sylvie Bazzanella

    Un épineux problème à résoudre, et un éventuel futur grand chambardement pour notre ville ! Pour ma part, je préférerai qu'elle reste à la Vigie, la caserne; elle fait partie du décor, et on y est attaché.

  • Nicolas Ogay

    Je suis d'accord avec vous!

  • Michel Gasser

    Etonnant : la hauteur des piles du pont montre que cette partie de la vallée du Flon n'est pas encore comblée, alors que le Grand-Pont avait vu les 6 arches de son étage inférieur enfouies en 1873 déjà, soit 32 ans auparavant.

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