Nous analysons de façon anonyme les informations de nos visiteurs et membres, afin de leur fournir le meilleur service et satisfaire leurs attentes. Ce site utilise également des cookies, notamment pour analyser le trafic. Vous pouvez spécifier dans votre navigateur les conditions de stockages et d'accès aux cookies. Voir plus.
J'en ai la conviction !

J'en ai la conviction !

7 janvier 2013
Edouard Baumgartner photographe, aimablement prêté par le photographe
Martine Desarzens

Je me sens très proche de cette photo de mon père ; sa détermination et sa conviction dont j'ai hérité......héritage pas toujours facile a gérer.....

Je connais tellement bien ce visage et cette expression!

Tous les amis de mon père m'ont dit que cette expression lui était propre dès sa plus grande jeunesse !

Cette photo date des dernières années que Victor Desarzens passera avec l'Orchestre de Chambre de Lausanne OCL, années qui ne seront pas sans nuages. Après une période de développement l'orchestre entre dans ses années de maturité et de reconnaissance internationale.

L'orchestre fait partie de la vie culturelle de Lausanne et des lausannois, il a su rayonner en Europe au fil des tournées et des enregistrements, et il s'est fait une réputation enviable bien au delà de nos frontières.

Si Victor Desarzens n'est pas un homme de bilans, il jette un regard lucide sur ces années à la tête de l'orchestre en s'exprimant au micro d'Henri Jaton:

..." Ce n'est pas simple d'être un chef. Au début il y a l'enthousiasme. Puis vient forcément le moment de la réflexion, de la prise de conscience. C'est le moment dangereux pour l'interprétation, celui où la volonté et l'intelligence raisonnante tendent à se liguer contre l'intelligence intuitive dont parle Proust, est qui est en dernière analyse bien supérieur à la première."....

Proust et Victor Desarzens, voir ;http://www.notrehistoire.ch/photo/view/40046/
Durant toutes ces décennies à la tête de l'orchestre, Victor Desarzens est resté d'une fidélité exemplaire à ses premiers choix et c'est peut-être ce qui a fait toute la grandeur et la fragilité de son oeuvre à la tête de l'OCL.

"Vous verrez", lui avait dit Ernest Ansermet, "le métier de chef d'orchestre est un métier d'homme mûr, pour certains peut-être même de vieillard."

Partant de cette remarque Victor Desarzens poursuivit :

"Aujourd'hui, je me rend compte qu'effectivement - je pourrais tout aussi bien dire affectivement - pour moi c'est un métier d'homme mûr et si plus tard je devais constater que je m'étais trompé, que ce métier était pour moi un métier de vieillard, je n'aurais qu'à m'en réjouir. Ce dont je suis convaincu, c'est que je vais commencer à comprendre la musique, sa SIGNIFICATION. Et ce que je voudrais dire aujourd'hui, c'est ma FOI dans l'ART, partant dans l'HOMME, dans l'ARTISTE, dans ce qu'il a de plus particulier." (...)

Henri Jaton voir :http://www.notrehistoire.ch/photo/view/40258/

  • extrait: L'homme de musique, portait de Victor Desarzens. Jacques Michel Pittier. Nestlé 1992.
Vous devez être connecté/-e pour ajouter un commentaire
  • René Gagnaux

    Un magnifique portrait, merci, chère Martine! Il décrit tellement bien votre père! La fameuse phrase d'Ernest Ansermet "le métier de chef d'orchestre est un métier d'homme mûr, pour certains peut-être même de vieillard."... Il y a effectivement beaucoup de chefs d'orchestre qui se sont épanouis jusqu'à un âge très avancé. Je pense par exemple à Günther Wand, pour moi le meilleur interprète de la musique d'Anton Bruckner, et qui s'est "risqué" à diriger du Bruckner en publique seulement après avoir dépassé la cinquantaine! Ou bien Otto Klemperer, Kurt Masur, Arturo Toscanini et bien d'autres. Mais il y a bien sûr des exceptions, comme par exemple Armin Jordan, décédé beaucoup trop tôt. Beaucoup d'excellents chefs sont hélas décédés beaucoup trop tôt, par exempel Karl Richter et Günter Ramin, deux autres chefs que j'aime beaucoup. Mais bien des chefs ont réalisés très jeunes déjà de magnifiques projets: Ernest Ansermet lui-même, et votre père en sont deux parfaits exemples: dans ce sens c'est le terme "un métier d'homme mûr" que j'aimerais avant tout souligner.

  • Martine Desarzens

    Cher René. merci pour votre commentaire qui me touche et que je partage totalement.

  • Monique Ekelof-Gapany

    Merci, Martine, de partager avec nous ce portrait de votre père. Un artiste passionné lucide et engagé. Quel rayonnement pour la Suisse Romande tout entière.

  • Martine Desarzens

    Chère Monique, c'est vous que je remercie pour votre commentaire si chaleureux!

Le réseau notreHistoire
Sponsors et partenaires
105,100
6,530
© 2021 FONSART. Tous droits réservés. Conçu par High on Pixels.