Mon bureau au travail avec les enfants des garderies lausannoises.

Mon bureau au travail avec les enfants des garderies lausannoises.

8 juin 2012
Martine Desarzens

Durant des années nos bureaux se trouvaient au centre d'accueil Malley-Prairie accueillant des femmes victimes de violences conjugales, à cette époque l'accès à cet endroit n'était pas bien équipé en transports publics.

En 1985, la Ville de Lausanne nous a attribué des bureaux situés au centre ville, à la rue de la Tour 41, plus accessibles à nos membres qui étaient essentiellement des groupes de parents et des professionnels des garderies lausannoise; ces visiteurs étaient accompagnés d'enfants.

La pièce de mon bureau était sombre, mon vis à vis était un mur d'immeuble mitoyen, j'ai hérité d'un grand bureau brun plutôt laid qui avait été celui du chef de l'ancienne entreprise que nous avions racheté pour fr.5.- , mon bureau se trouvait au bout d'un couloir permettant aux visiteurs de me voir et moi de les accueillir; ma porte restait toujours grande ouverte. Pour donner un visage accueillant à ce lieu de travail, j'avais mis de belles photos d'enfants à la petite école au japon ou dans les bras des femmes en Afrique, photos faites par ma soeur photographe lors de ses voyages, j'avais punaisé des dessins d'enfants et quelques affiches d'éditeurs de livres pour enfants, j'avais posé des petites caisses remplies de livres d'enfant, quelques gros legos, des piles des documents, des chaises pour adultes et enfants; les enfants des garderies et haltes-garderies de Lausanne adoraient entrer dans mon bureau, j'aimais travailler dans cet entassement de choses disparates, joyeux pêle-mêle, le meuble qui me servait de bureau était un grand meuble brun foncé moche mais comme celui d'un PDG des années 1950, il était pratique, pour lui donner un air un peu plus actuel, j'avais posé des petites babouches en cuir jaune achetées dans des souks en Tunisie, des minuscules pantoufles avec pompons achetées à Berne et ce buste d'enfant qui dort, vieux bronze qu'un ami brocanteur m'avait donné, mes crayons et ce drôle de pliage papier en forme de hérisson....

Hélas je n'ai pas de photo de ce lieu où j'ai travaillé avec des enfants durant des années, le numérique n'était pas encore devenu populaires.....

Les enfants entraient dans mon bureau; ils regardait tout, posaient des questions sur les photos, sur les pantoufles, les babouches, ils essayent les petites babouches jaunes; je leur expliquait qu'il fallait trainer les pieds et que cela faisant un petit bruit "floutch, floutch....", les pantoufles bernoises étaient vraiment trop petites pour leurs pieds, mais ils essayant quand même, mais ce qu'ils préféraient par dessus tout était le bronze de ce "bébé qui dort"; ils me demandaient si c'était mon bébé, quel était son prénom, ils touchaient la tête, nous avions de longues discussions sur les bébés, les bercements des bébés, les chansons pour les bébés; souvent on chantait une berceuse, ils me racontaient leurs souvenirs d'eux bébés, des bébés dans leurs famille, du sommeil, des pleurs, de la sieste, et tant d'autres sujets autour de cette petite tête, en regardant cette sculpture, ils parlaient toujours d'un bébé qui dormait.... Ces échanges m'ont beaucoup appris sur les enfants; ils étaient "les grands âgés de 3 ans". Aujourd'hui cette petite tête tient des livres pour mes petits enfants dans ma bibliothèque avec les babouches et les pantoufles. Mes petits enfants aiment cette tête, les babouches et les pantoufles qu'ils ont mis à leurs pieds en marchant et en faisant traîner les pieds "floutch floutch.

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  • Renata Roveretto

    Chère amie madame Martine Desarzens, très beau partage de vos souvenirs ramenés depuis votre place de travail qui vous tenait tellement à coeur. Souvenirs lesquels en partie ont tout en douceur intégrés votre milieu familial et continuent à vivre de jour en jour en estampant je pense aussi bien des douleurs que des joies croisés. Merci !

    Amitié Renata

    • Martine Desarzens

      Chère Renata, Amie, Merci, très tôt j'ai su que je voulais travailler auprès des petits enfants, dans ces années il y avait assez peu de formation dans le canton de Vaud, en Allemagne les jardins d' enfants étaient développé depuis les années 1920; les professionnelles uniquement des femmes éduquaient les enfants d'une manière très directives et sexistes; les garçons seraient grands, forts, et seraient capables de nourrir leur famille; avec des occupations scolaires. Les filles apprennent à s'occuper des enfants, du ménages, de leur mari avec un destin tout tracé de femme au foyer dont le seul métier était de rendre son mari heureux et d'élever les enfants dans la tradition voulue décrite ci-dessus. Par mon éducation et mon milieu familiale la pédagogie de Célestin Freinet et de sa femme Élise, dont ce couple proposait une approche de l'enfant qui lui permettait de faire des découvertes par lui-même à travers le jeu, le dessin, l'observation dans la nature, l'imprimerie; le couple proposait des "techniques" et non une méthode Freinet, j'avais vécu mes premières années à l'école enfantine avec une prise en charge du couple Freinet, il y avait également Ferrière, Claparède, Decroly, et Cousinet; tous développant les apprentissage de l'enfant à travers le jeu et l'autonomie. Il existait une merveilleuse école pour obtenir une solide formation où la prise en charge des enfants reposait sur ces pédagogues dont j'ai obtenu mon diplôme en 1964 à l'École Sociale de Lausanne. Aujourd'hui grâce à de grands directeurs pédagogues cette école s'appelle HESSP; Haute École Sociales et Pédagogique ! J'y ai beaucoup enseigné* l'observation pédagogique* et l'autonomie du petit enfant; mes deux matières préférées car elles guident l'enfant vers la capacité à faire des choix seuls et à jouer avec respect pour les autres enfants. Merci, Excellente journée. Cordiales salutations. Martine

    • Renata Roveretto

      Chère amie madame Martine Desarzens, merci pour le partage de votre très beau parcours de vie scolaire et professionnel. Parcours lequel selon vos écrits avait de beaucoup élargie votre prise de conscience déjà bien enracinée en vous chère Martine. Oui je veux dire déjà bien ancré en vous de par votre éducation reçue dans un milieux très favorable aux échanges humains. Je vous admire, car même dans une situation favorable pas tout le monde aurait su se mettre en route pour le meilleur comme vous l'avait su faire. Et j'en suis certaine qu'il y a de nombreuses personnes qui vous garde dans leur coeur

      Amitié Renata

Martine Desarzens
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9 février 2023
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