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La Création du Lac Léman

Catherine Reymond

Une légende raconte que le géant Gargantua, de passage dans la région et trouvant la rivière trop petite pour y étancher sa soif, se mit à creuser un énorme trou où il put enfin boire confortablement. C’est ainsi que Gargantua créa le Lac Léman et le Mont Salève, près de Genève, avec les roches et le sable qu’il avait sortis du trou.

Ce que l’histoire ne raconte pas, c’est que Gargantua, après avoir bu, s’amusa avec l’eau, creusant et bâtissant des barrages comme le font les enfants, mais avec des mains aussi grandes que des arbres. En trois pas il passa de Genève à Villeneuve. Comme il avait trop chaud il continua de creuser jusqu’à ce que la cavité soit devenue assez grande pour qu’il puisse s’y baigner. Il resta là longtemps, recherchant des rochers de couleurs différentes et les entassant sur les rives.

Le jardin de la Fée se trouvait justement à cet endroit. Lorsque Gargantua commença à creuser près du Salève, de grands bruits se firent entendre jusqu’à Villeneuve. La Fée, inquiète et ne sachant ce qui se passait, alerta les hommes et les femmes de son voisinage qui eurent juste le temps de s’éloigner avant que Gargantua n’arrive et recommence à creuser, formant de nouvelles montagnes et détruisant entièrement le domaine de la Fée.

Quant à elle, elle remonta le cours de la rivière (le Rhône actuel) en voletant et alla se réfugier dans la Grotte aux Fées.

Après avoir mis la région sens dessus dessous, le géant continua sa route en direction de l’Italie. Il laissait derrière lui un paysage de désolation, un désordre incommensurable. Les montagnes qu’il avaient créées étaient immenses, la végétation avait disparu, arrachée par ses mains géantes, une étendue d’eau brunâtre recouvrait maintenant le lit de l’ancienne rivière. Les êtres vivants s’étaient enfuis, la vie était partie car il n’y avait plus d’eau, plus d’arbres, plus de fruits ni de fleurs.

Quand la Fée sortit de la grotte après avoir entendu les pas de Gargantua qui s’éloignait avec un bruit de tremblement de terre, elle fut d’abord prise à la gorge par l’odeur de boue et d’humidité.

La Fée est désespérée, il ne reste plus rien de son pays merveilleux. Elle vole au-dessus du désastre, mais ses petites ailes tachées de boue ne peuvent plus la porter et elle doit se poser au sommet d’une des montagnes nouvellement érigées par le monstre. De là, elle regarde autour d’elle et ne voit plus que désolation : à perte de vue une étendue brunâtre et mouillée, des pentes raides qui finissent à pic dans un lac boueux.

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Catherine Reymond
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9 juin 2019
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