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Place du Village de Val-d'Illiez et la statue du Gros Bellet vers 1951

Place du Village de Val-d'Illiez et la statue du Gros Bellet vers 1951

1951
Chiffelle Max-Francis
Médiathèque Valais - Martigny

Cette image du photographe lausannois Max-Francis Chiffelle (1913-2002) que la Médiathèque du Valais a aimablement mise à disposition de NH montre l'Eglise Saint-Maurice de Val-d'Illiez qui n'a guère changé depuis cette image de 1935 de Pierre Auguste Chappuis

Sur la photographie de Chiffelle, la place du village est animée de chèvres et de vaches en déplacement, sous le coup de 13 heures et le regard, assurément vigilant, du "Gros Bellet" qui veille sur la place (sans sa jument) depuis l'inauguration de son buste en 1924, que l'on doit au sculpteur montheysan Jean Casanova (1887-1968)

Gros Bellet Casanova
Philippe Chappuis
12 février 2021
Jean Casanova

Article d'Alexis Franc. sur Jean Casanova , ici sculptant une vierge à l'enfant dans Treize Etoiles de mars 1954, photo Pot, Monthey

L'Illustré du 20 août 1924, donne cette photographie de l'inauguration du monument de Gros Bellet

et en donne le commentaire suivant:

" Ce personnage, dont la mémoire est restée fort populaire dans tout le Bas-Valais et le Val d'Illiez, fut l'un des chefs des Bas-Valaisans qui, las des exactions de leur gouverneur haut-valaisan, s'emparèrent de son château de Monthey, le 8 septembre 1790, et l'en expulsèrent manu militari. Le Gros Bellet de son vrai nom Pierre-Maurice Rey-Bellet, vécut de 1754 à 1834. L'inauguration de son buste, dû au sculpteur Casanova, de Monthey, a donné lieu, le jour de l'Assomption, à une belle fête populaire dont nous venons seulement de recevoir les photographies que nous présentons à nos lecteurs"

La place historique exacte de Pierre-Maurice Rey-Bellet, devenu au cours du temps l'image mythique du Gros Bellet, une sorte de Guillaume Tell local, semble encore provoquer passablement de discussions entre experts. Celui qui a rédigé, en signant par G., un article, sur l'inauguration de la statue, dans le Confédéré du 20.08.1924, organe des libéraux valaisans, semble en douter et termine d'une façon quelque peu politicienne, me semble-t-il: "Si nous nous sommes inclinés devant le monument de Val- d'Illiez, c'est qu'à nos yeux, nous y voyons moins la personnalité du Gros Bellet que le symbole des aspirations libérales du Bas-Valais à la fin du XVIIIme siècle.Et c'est dans une des communes ,maintenant les plus conservatrices du Bas-Valais, que des autorités conservatrices ont donné la main à cet hommage rendu à la liberté."

J'ai apprécié l'article de Thomas Antonietti (in Annales valaisannes : bulletin trimestriel de la Société d'histoire du Valais romand, 1998), en raison de son intéressante réflexion sur les lieux de mémoire et en particulier la multiplication des représentations du Gros Bellet (statues, plaques commémoratives...).

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  • Albin Salamin

    Cher Philippe, merci pour ce partage et cette réflexion sur les lieux de mémoire ainsi que sur les personnages "importants" d'une époque. Ceci en relation avec ce qui se passe de nos jours sur une réflexion de l'Histoire et ses Grands Personnages qui sont contestés du fait de leurs liens avec leur passé peu glorieux, je pense entre autre à l'esclavage.

    Il est vrai qu'on a élevé des statues à des personnes qui, de nos jours, ne seraient pas des grands hommes, qu'on commémore des événements de guerre à la gloire de grand assassins comme un Napoléon alors qu'il a fait bien plus de morts que le Covid actuellement.

    Nos autorités ont souvent "présenté" l'Histoire comme cela leur convenait à leur époque et les historiens n'ont pas toujours étaient à la hauteur de leur devoir.

    On ne peut pas refaire l'Histoire, mais nous devrions la revoir sous un regard neuf, libéré et ainsi, interpréter les faits de manière plus loyale et là, je pense par exemple, aux catholiques de Genève qui ont souffert de l'obscurantisme protestant de l'époque et de leurs chefs responsables qui ont aujourd'hui un nom de rue ou une statue dans un parc public.

  • Philippe Chappuis

    Oui, merci Albin, c'est tout à fait cela. Tu parles d'obscurantisme protestant, peux -tu préciser la période que tu évoques ? Dans le document sur Louis Jaques missionnaire (notrehistoire.ch/entries/N9Yda...) j'ai essayé de faire ressortir cette même ambiguïté de l'histoire entre Mission et Colonisation et apprécié le rôle, important, de certains journalistes actuels qui revisitent nos lieux de mémoire parfois trop confortables. Ton commentaire était le bienvenu et m'a réconforté !

  • Albin Salamin

    À Genève, c'est la période du Kulturkampf où le culte fut interdit et les églises confisquées. Les cérémonies religieuses catholiques devaient se dérouler dans des lieux privés.

    • Philippe Chappuis

      Alors effectivement c'est un chapitre de plus à ajouter au long affrontement entre Etat radical et Eglise, en particulier au XIXème, comme le fracture de l'église protestante romande, le Sonderbund et ses suites; merci de avoir rappeléles persécutions de la Genève catholique et celà m'a permis d'en prendre connaissance dans la Mémoire de Veyrier (la-memoire-de-veyrier.ch/34921...)

Philippe Chappuis
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12 février 2021
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