Charles CHAIX, Scherzo Op. 2, OSR, Ernest ANSERMET, 1955

RSR resp. RTSR
René Gagnaux

Charles Chaix - né le 26 mars 1885 à Paris et décédé le 16 février 1973 à Genève - commence ses études de musique en 1903 à l'école Niedermeyer de Paris.

En 1904 il s'établit à Genève, qu'il ne quittera plus (sauf pour la guerre de 1914 à 1918, qu'il fait dans l'armée française).

Charles CHAIX en 1901, un portrait publié dans Le Radio du 10 octobre 1947

À Genève, Charles Chaix poursuit sa formation auprès d'Otto Barblan, jusqu'à l'obtention de son diplôme en 1908. Pendant cette période il écrit Six chorals figurés pour l'orgue, op. 1, qui sont édités à Leipzig par Leuckart, et dont il joue un choix à la 10e réunion de l'AMS à Winterthur (1909).

Charles Chaix avait choisi dès 1906 de travailler seul la composition et l'orchestration. Le premier résultat de ce travail fut le Scherzo pour grand orchestre, op. 2. Parmi ses oeuvres suivantes, le Poème funèbre, op. 3, la Deuxième symphonie, op. 8, le Quintette, op.11, et la Sonate pour piano, op. 12, furent également donnés en première audition dans des réunions de l'AMS.

Il fut chargé en 1910 de la classe d'harmonie au Conservatoire de Genève. Par la suite, on lui confia en outre, successivement, les cours de transposition, d'harmonie supérieure, de contrepoint et de composition; il enseigna jusqu'en 1961, et donna également des cours d'harmonie, de fugue et de contrepoint au Conservatoire National de Lyon (1924-1950).

Charles CHAIX vers 1923, un portrait publié dans Le Radio du 10 octobre 1947

Dès 1923, Charles Chaix est organiste de l'église Saint-François de Sales de Genève.

Charles Chaix a composé des oeuvres d'un style le rattachant à l'esthétique franckiste de la Schola cantorum de Paris (voir au bas de cette page pour un aperçu de ses oeuvres). Il est aussi l'auteur d'un ouvrage didactique: «Éléments d'écriture musicale (traité d'harmonie)», Genève, 1935.

Charles CHAIX en 1939, un portrait publié dans Le Radio du 9 juin 1939

On lit souvent que le Scherzo pour orchestre op. 2 de Charles Chaix fut donné en première audition par Gustave Doret à la Fête de l'Association des musiciens suisses en 1911 à Vevey. L'oeuvre avait toutefois déjà été jouée l'année précédente à Genève, comme mentionné dans le Journal de Genève du samedi 2 avril 1910, en page 4:

"[...] Concert de l'Association genevoise de musique

Récemment fondée dans le but d'exécuter en public les oeuvres de ses membres, cette société de jeunes compositeurs s'était déjà fait connaître au début de la saison par une audition de musique de chambre inédite qui n'avait pas manqué d'intérêt. Jeudi dernier elle a donné au Conservatoire un second concert par invitations dans lequel sept compositeurs ont pu produire leurs oeuvres orchestrales et vocales.

M. Kamm, l'excellent chef d'orchestre du théâtre, dirigeait la phalange instrumentale réunie pour la circonstance et formée de très bons éléments. Cependant, par suite du manque de répétitions, les interprétations de ce concert furent forcément un peu approximatives. [...]

Nous arrivons à la meilleure oeuvre de la série, à celle qui révèle un symphoniste, dont on peut beaucoup attendre, au Scherzo de M. Charles Chaix. Dukas, Lalo et Strauss inspirèrent l'auteur en ces pages si saillantes de rythme et d'instrumentation si savoureuse. Il y a là une entraînante allure symphonique, une science harmonique très remarquable, une facture souple et sûre de son fait. Cette page pittoresquement colorée et conduite mériterait d'être jouée à nos concerts d'abonnement. [...]"

Sur le concert de la Fête de l'Association des musiciens suisses en 1911 à Vevey, on peut lire dans le Journal de Genève du mardi 23 mai 1911, en page 2:

"[...] Nous avions déjà entendu, dans une audition de jeunes compositeurs genevois, le Scherzo en si bémol de M. Charles Chaix, professeur au Conservatoire. Il avait d'emblée attiré l'attention sur ce musicien, qui a eu le plaisir de lui voir remporter une nonvelle et éclatante victoire. L'oeuvre est une belle promesse; son rythme à sept est d'un incisif relief comme son instrumentation, et à son original motif principal s'oppose une phrase de cor qui est une heureuse trouvaille. La manière du compositeur rappelle, comme traitement, Dukas et surtout Lalo, le Lalo de Namouna. On ne pourrait choisir meilleurs modèles! Ce Scherzo a été superbement dirigé par Gustave Doret. [...]"

L' oeuvre fut donc tout-de-suite très appréciée, aussi bien par l'orchestre que par le public. Elle apparaît par la suite plusieurs fois dans les concerts de l'OSR. On la retrouve par exemple le 1er avril 1955 dans un concert d'Ernest Ansermet:

"[...] C'est au Victoria Hall, en présence d'une foule nombreuse, qu'a eu lieu vendredi soir la distribution des Prix de Genève, dont nous avons rappelé les caractéristiques et célébré les lauréats. L'Orchestre de la Suisse romande ayant interprété, sous la direction d'Ernest Ansermet, le «Scherzo» de Charles Chaix, M. Albert Dussoix, maire de Genève, prit la parole pour saluer l'initiative première de la Société des Arts et rendre hommage, tout à tour, à MM. Raymond, Berger, Ansermet et Rutishauser. [...]" cité du Journal de Genève du Samedi 2 - Dimanche 3 avril 1955, page 15.

C'est l'enregistrement fait à l'occasion de ce concert du 1er avril 1955 qui fut récemment rediffusé dans l'excellente série d'émissions «Poussière d'étoiles - Radio Panoramique», volet du 15 octobre 1947, de Jean-Pierre AMANN.

C'est grâce à la générosité de la...... que nous pouvons écouter ce document:

Charles Chaix, Scherzo pour grand orchestre, Op. 2, Orchestre de la Suisse Romande, Ernest Ansermet, 1er avril 1955, Victoria-Hall, Genève

CLIQUER sur l'extrait d'article reproduit ci-dessus pour écouter cet audio: ceci ouvre une nouvelle fenêtre sur la page correspondante des archives de la RTSR, avec l'audio démarrant au début de la présentation de cette oeuvre par Jean-Pierre AMANN.

À souligner: ces divers portraits et documents sont rendus disponibles grâce à la splendide banque de données SCRIPTORIUM de la Bibliothèque Cantonale et Universitaire de Lausanne et sa superbe collection de journaux et revues digitalisées

Aperçu des oeuvres de Charles Chaix, d'après le Dictionnaire des Musiciens Suisses, 1964, pages 74-75:

MUSIQUE VOCALE

Poème funèbre (In Paradisum), p. quat. voc. solo, choeur mixte et orch. (lat.), op. 5, 1915-22, SNA; idem, réd. p. piano et v., Henn. 4 motets p. choeur mixte a cap., Huguen. et Henn; 5 chansons pop. de Savoie, p. choeur mixte, op. 9, Henn. Les fourriers d'été (Charles d'Orléans), op. 7, Choeurs de femmes a cap., Henn. Les chants du pigeonnier, 4 poèmes de Louis Pize, op. 10, 1939, SM.

MUSIQUE INSTRUMENTALE

Oeuvres pour orchestre: Scherzo, op. 2, 1910, SNA; Symphonie, en ré ma jeur, op. 3, 1914, Henn; 2e Symphonie, en ut ma jeur, op. 8, 1928, Ed à la Cité (Dépôt: Cons. de Genève).

Oeuvres pour orchestre de chambre: Choral, p. htb. et orch. à c., 1944, SM.

Musique de chambre: Quintette, op. 11, p. piano, 2 vlons, a. et vcelle, 1941, SM; Quatuor, op. 13, p. 2 vlons, a. et vcelle, 1946-48, SM; Choral, p. htb. et piano, 1944, Concours int. d'ex, mus., Genève.

Oeuvres pour piano: Sonate en trois parties, op. 12, 1942-44; Chanson, pièce facile, 1941; Scherzo op. 2, réd. à 4. Oeuvres pour orgue: 6 chorals figurés, op. 1, 1906-07, Leuckart, Leipzig.

ARRANGEMENTS

Le Devin du village, de J.-J. Rousseau, révision et réalisation de la partition d'orch., 1924 Henn,.SNA, Henn; idem, réd. p. piano et v., SNA

Le sommaire de ce volet «15 octobre 1947» de la série «Poussière d'étoiles - Radio Panoramique» de Jean-Pierre AMANN:

(00:35) Heinrich August Marschner, Ouverture de l'opéra «Der Vampyr», Kölner Rundfunkorchester, Helmuth Froschauer (Capriccio)

(08:39) Joaquin Turina, «Saeta, en forma de salve, a la Virgen de la Esperanza», Op. 60, pour soprano et orchestre, Victoria de los Angeles (sopr), Agrupación de Cámara de Barcelona, Testament SBT 1087 mai 1947/1996

(15:31) Charles Chaix, Scherzo pour grand orchestre, Orchestre de la Suisse Romande, Ernest Ansermet, 1er avril 1955

(22:45) London Fantasy, Grand-Jazz Symphonique de Radio-Genève, Dolf Zinsstag, 20 novembre 1947

(32:25) Morton Gould, extrait des Spirituals pour orchestre, générique de l'émission "Les dossiers de l'écran", Eastman Rochester Orchestra, Howard Hanson / Mercury, 1959

(50:47) Morton Gould and his Orchestra, That old devil moon RCA Victor, Mood indigo RCA Victor, , All the things you are RCA Victor

(1:02:50) Etienne-Nicolas Méhul, extrait de la Symphonie, no 1, en sol mineur, Musiciens du Louvre, Marc Minkowski / Erato

Les minutages donnés ci-dessus entre () sont sur le début de la présentation de l'oeuvre en question.

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René Gagnaux
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16 février 2019
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