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Promenade aux Rochers de Naye Repérage

Une excursion aux Rochers de Naye, le 3 janvier 1896

M. G. alpiniste bien connu en Suisse et en Angleterre, avait organisé pour le 3 janvier, avec le concours du directeur du Glyon-Naye, une course aux Rochers de Naye. Plus de quarante personnes ont répondu à l'appel. Le beau sexe et la race anglo-saxonne dominaient dans l'assemblée.

A 8h. 40, le funiculaire Territet-Glion conduit les touristes jusqu'au chemin de fer. Ils sont accompagnés par M. L., le futur gérant de l'hôtel des Rochers de Naye et par M. G., alpiniste de Montreux. Le soleil commence à dorer les cimes des montagnes, tandis que la lune éclaire encore le lac de sa teinte blafarde.

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Plus l'on s'élève au-dessus de la pleine, plus la vue s'étend au loin et plus les cimes dorées au soleil levant sont nombreuses et étincelantes. A deux kilomètres au-dessus de Gaux, la machine refuse d'avancer. Un vaste tapis de neige lui barre le chemin et gaiement, chacun grimpe au milieu des prés recouverts de leur blanche parure jusqu'au chalet de Chamosaltes puis au col de Jaman. La neige, durcie par la fraîcheur de la nuit, facilite l'ascension qui n'est un peu pénible que pour les obèses et les anémiques.

Après une heure et demie de marche, nous atteignons le tunnel de chemin de fer que nous traversons grâce à un guide qui a taillé des marches dans la neige amassée à l'entrée et à la sortie. La sortie est vraiment féérique! Nous sommes entourés de tous côtés par la neige et la glace; le ciel est d'un bleu incomparable, pas un nuage ne voile l'immense cercle de sommités éblouissantes dont nous sommes entourés.

Encore une petite grimpée dans le neige qui commence à mollir sous les rayons du soleil et la troupe joyeuse arrive à l'hôtel des Rochers de Naye. Un potage excellent, des sandwichs, des volailles froides, sans compter les produits de la cave, fort bien garnie, tout cela dans la cuisine bien chaude, réconforte les voyageurs.

Le gardien, un vrai montagnard à barbe noire, nous fait le meilleur accueil. Il passe tout l'hiver là-haut, avec son épouse et un magnifique chien de Saint-Bernard. Il occupe ses loisirs à déblayer la neige et à faire quelques travaux de menuiserie.

Le lunch terminé, la jeunesse se livre aux plaisirs de la "lugée" tandis que les amateurs de belle nature gagnent le belvédère à dix minutes au-dessus de l'hôtel et assis sur un banc au soleil, par un temps d'une douceur remarquable, sans le moindre souffle d'air. Jouissent à leur aise d'une vue merveilleuse.

De tous côtés les cimes resplendissent au soleil. Près de nous voilà le Jura, la Chaumény, les dents d'Oche, les Cornettes de Bise, les Alpes fribourgeoises et la dent de Jaman. Le sommet du Mont-Blanc est en partie caché par les pointes dentelées du Midi; mais le Combin, le Weisshorn, les Diablerets, les Tours d'Aï se montrent dans toute leur splendeur. Plus loin toute la chaine des Alpes bernoises apparaît au complet, si rapprochée qu'elle semble faire partie des montagnes avoisinantes. La plaine est recouverte d'une mer de brouillards. De temps à autre, une éclaircie laisse voir les eaux azurées du Léman entre Vevey et Villeneuve, tandis que les villages de Charnay, de Sonzier, de Chailly et le château du Châtelard semblent autant de pâquerettes émaillant une prairie. C'est avec peine que l'on s'arrache à un si beau spectacle. La descente s'effectue le plus gaiement du monde, en luge, sur les pieds ou... autrement.

Nous jetons un dernier regard sur les rochers de Jaman, dorés par le soleil couchant. Un amateur photographie la société et nous retrouvons le train là où nous l'avions quitté le matin; il nous reconduit rapidement dans la pleine. En somme la vue que l'on encontre sur ces hauteurs est incomparablement plus belle et plus grandiose dans cette saison qu'en été, et, si les amateurs de la varappe n'y trouvent guère leur compte, les admirateurs de la belle nature pourront sans danger et sans grande fatigue, profiter du bel hiver que nous avons pour se procurer cette jouissance.

Le train de l'époque

Journal de Genève, le 10 janvier 1896

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