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"Je prends des bains de soleil"

"Je prends des bains de soleil"

13 août 1916
Montana, Palace Hôtel
F. Monnier, phot,. Montana, no 2129, coll PM Epiney
Pierre-Marie Epiney

CP expédiée de Montana-Vermala le 13 août 1916, écrite en français et destinée à un médecin soignant au camp de prisonniers de Gardelegen (Allemagne).
Selon

ce site, "le camp de prisonnier de Gardelegen était situé en Allemagne, dans le land actuel de Saxe-Anhalt, entre Berlin et Hanovre."
La carte revêt 3 sceaux:
- Internement des Prisonniers de Guerre, Montana s/Sierre, Suisse"
- un sceau postal de Konstanz (Briefstempfel)
- le sceau postal de Montana-Vermala
Transcription partielle :

Monsieur le Docteur XXX,
Je me permets de vous écrire quelque lignes pour vous dire que je suis très heureux d'être rentré en Suisse. Pour le moment, je suis en très bonne santé mais pour ma main, c'est toujours la même chose. Le docteur a déclaré la même chose que vous. Je prends des bains de soleil. Ca doit être très bon. Enfin, ici, nous sommes très bien, l'on ne peut mieux. (...) et c'est grâce à vous que je suis rentré en Suisse. Je vous remercie. (...)

Extrait de Edmond Bille, le Carquois vide, la Baconnière, 1939

Quant à mon secteur belge, c'est une sorte de cour des Miracles, qui offre ceci de particulier qu'on ne sait plus très bien si on a devant soi des civils ou des soldats, tant ils mettent de fantaisie vestimentaire et d'indiscipline dans leur tenue. Dans le nombre se trouve une femme, déjà âgée, brave institutrice, qui n'a pas voulu se séparer de son mari, un jardinier gantois, non militaire. Elle l'a suivi en Allemagne, et a passé en Suisse avec lui, à l'aide d'on ne sait trop quelle complaisances.

La présence de cette internée, au milieu de mes soldats, restera jusqu'à la fin une énigme qui, longtemps, intrigua les bureaux de l'internement.

Je n'ai du reste aucune raison de me plaindre de ce brave couple, seul parmi mes Belges à montrer un peu de discipline et à ne pas faire les cent coups. Je dispense naturellement Philémon et Baucis de l'appel principal et de certaines corvées.

Je ne suis jamais très fier de passer en revue, sur la place publique, ces bons géants des Flandres, et ces Wallons, grands enfants, aux uniformes démodés, aux grosses mains de mineurs, qui s'amènent en traînant la quille, goguenards ou ahuris sous leurs bonnets de police à gland. Leurs savez-vous liégeois et l'accent du terroir font ma joie et je m'en amuserais si mes fonctions ne m'obligeaient à rester devant eux, grave comme un président de Cour d'assises.

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