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Armin JORDAN, OCL,2002

6 septembre 2002
R.Gagnaux resp. sources référenciées dans le texte
R.Gagnaux resp. sources référenciées dans le texte

Conçue un orchestre réduit, la Petite Symphonie concertante, Op. 54, de Frank Martin fut écrite en 1945 sur une commande de Paul Sacher, qui la donna en première audition à Zurich le 27 mai 1946. Il la remania ensuite pour grand orchestre, mais sans solistes, une version qui n'est toutefois que très rarement jouée, voir plus bas pour quelques précisions.

Paul Sacher l'avait commandée en 1944 déjà (c'était sa première commande à Frank Martin), mais sa composition fut interrompue par celle de l'oratorio In Terra Pax, que Radio Genève avait entretemps commandé en prévision de la fin de la Seconde Guerre Mondiale, pour le diffuser à la radio le jour de l'armistice. C'est pourquoi Frank Martin ne put continuer de travailler à sa Symphonie concertante qu'en 1945.

René Gagnaux
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Maria et Frank MARTIN, une magnifique photographie faite par Dinu LIPATTI en 1945, citée de l'ouvrage de Maria MARTIN «Souvenirs de ma vie avec Frank Martin»

"[...] Fidèle à ses principes, Sacher laissait une grande liberté à ses compositeurs. Dans le cas de la Petite symphonie, il émit cependant le désir d'y voir figurer les instruments servant au XVIIIe siècle de continuo, soit le clavecin, le luth ou d'autres instruments à cordes pincées. Martin modifia l'idée première en utilisant les instruments à cordes pincées en usage à cette époque-là, c'est-à-dire vers 1944: le clavecin (grâce à la résurrection opérée par Wanda Landowska) et la harpe, leur ajoutant le piano. Et Martin de déclarer avec bonheur: «Jamais de ma vie je n'avais entendu un clavecin, un piano et une harpe jouant ensemble et le mélange et l'opposition de leurs diverses sonorités, jointes à celle de l'orchestre à cordes,furent pour moi un exercice passionnant de représentation intérieure.» [...]" Jean-Pierre Amann dans le livret du CD RSR 6172 publié en 2005 par Cascavelle / RSR.

La forme de l'oeuvre est donc celle d'une sinfonia concertante, incluant plusieurs solistes, comme dans les compositions de Mozart et Haydn: un piano, un clavecin et une harpe; les cordes sont divisées en deux ensembles égaux qui s'interpellent et se répondent au gré des parcours solistiques. Malgré l'utilisation de quelques éléments dodécaphoniques, elle est moins imprégnée de sérialisme que sa Symphonie pour grand orchestre (créée en 1937 sous la direction d'Ernest Ansermet). "[...] Martin utilise la technique dodécaphonique, mais d'une manière tout à fait différente de celle des compositeurs de la Seconde École de Vienne. Une série de 12 notes est présente à l'ouverture du premier mouvement, mais Martin la traite comme il le ferait pour tout autre matériau thématique: la série apparaît par la suite transposée de différentes manières (les douze notes, même si des citations fragmentaires sont présentes); l'inversion n'est jamais utilisée. [...] Les innovations, sinon les hardiesses, sont donc intéressantes: combinaisons rares de jeux et de timbres instrumentaux suscitant des fondus ou des oppositions fines [...], ainsi qu'un raffinement subtil de coloris pastellisés ou plus franchement avivés. Alternance de mouvements très librement concertants, et d'autres nettement plus symphoniques dans lesquels les parties solistes abdiquent certains de leurs privilèges parmi l'abondance des cordes. [...]" cité du Guide de la musique symphonique édité par François-René Tranchefort.

Ses quatre parties sont enchaînées, mais forment deux parties principales, chacune commençant par un adagio, leurs éléments thématiques liant distinctement les deux premiers, et de la même façon les deux derniers:

1. Adagio

2. Allegro con moto

3. Adagio

4. Allegro alla marcia

"[...] Un ostinato de structure sérielle sert de fondement au premier mouvement. Une série de motifs animés s'y superposent, généralement présentés par diverses combinaisons d'instruments, tandis que l’ostinato s'estompe peu à peu. La répétition de phrases ou d'accords est un des procédés manifestement incompatibles avec le sérialisme, que Martin se plaît à utiliser toujours davantage. D'autre part, plusieurs des idées maîtresses de cette oeuvre en deux mouvements sont de caractère harmonique plutôt que mélodique ou contrapuntique. [...]" cité d'un texte de Richard Langham Smith, traduction de Marie-Françoise de Meeüs, publié en 1994 chez Chandos.

René Gagnaux
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Martin-Frank-avec-son -epouse-Maria_Geneve-1960

Frank Martin avec son épouse Maria, Genève 1960, une photo citée de cette splendide galerie de photos du site www.frankmartin.org

Sur la genèse de cette oeuvre, un texte de Frank Martin - publié en 1950 en préface de la première édition de la Petite Symphonie Concertante - est particulièrement intéressant:

"[...] Weder die Form noch die genaue Instrumentation wurde im Vorhinein festgelegt, aber Sacher besitzt die Kunst, dem Komponisten Ideen zu suggerieren und ihm dabei das Vergnügen zu lassen, sie selbst zu finden. Sachers Idee galt einem modernen Werk, in dem ausser dem Streicherensemble jene Saiteninstrumente verwendet werden, die sonst dazu dienten, den Basso continuo auszuführen. Ich habe dieses Programm erweitert und mir die Aufgabe gestellt, alle noch heutzutage gebräuchlichen Saiteninstrumente – also Streicher, Klavier, Harfe und Cembalo – zu verwenden. Es war demnach eine instrumentale Kombination, welche die erste Anregung für meine Arbeit gab. Ich entschloss mich, die beiden Tasteninstrumente und die Harfe solistisch zu behandeln. Die Musik, die ich schrieb, führte mich dazu, das Ensemble der Streichinstrumente in zwei Gruppen von gleicher Bedeutung zu teilen.

Diese instrumentale Disposition führte mich zur klassischen Form des Symphonie- Allegros, nicht um den musikalischen Gedanken in eine festgesetzte Form zu legen („neuen Wein in alte Schläuche zu giessen”), sondern um zu sehen, ob die musikalische Materie in dieser Form mit zwei Themen gedeihen und sich entwickeln könne. Auf diese Art entstand der erste Teil dieser Symphonie mit seiner Introduktion und seinem Allegro, wobei das zweite Thema und die weitere Entwicklung die wesentlichen Elemente der Introduktion übernehmen. Dieses Allegro gleicht einem Concerto mit seinen solistischen Teilen – bei denen die drei konzertierenden Instrumente einander wechselseitig begleiten – und dem immer wiederkehrenden Orchesterpart.

Im zweiten Teil habe ich mich dem spontanen musikalischen Bewegungsausdruck hingegeben. Das melodische Hauptthema, in langsamem Zeitmass durch die Harfe eingeführt, dann vom Klavier übernommen, entwickelt sich plötzlich in einem munteren Marschthema. Im Gegensatz zum ersten Teil und trotz zahlreicher episodischer Elemente ist hier nur ein Thema führend. Nach einer grossen Steigerung schliesst der Satz mit einer Art kurzer Kadenz.

Nachdem ich diese Partitur geschrieben und bevor ich die erste Aufführung gehört hatte, war ich überzeugt, dass dieses klangliche Experiment und die ungewohnte Zusammensetzung dieses instrumentalen Ensembles die Verbreitung dieser Arbeit behindern und dass es nur im Rahmen der Uraufführung – vom Collegium Musicum Zürich – in dieser Form gespielt werden würde. Ich fürchtete, dass dieses Stück nur eine instrumentale Kuriosität bleiben würde und schrieb daher eine zweite Fassung für grosses Orchester ohne Soloinstrumente. Zu dieser Arbeit reizte mich ausser der Aufgabe, ein kompliziertes Instrumentationsproblem zu lösen, die Chance, dem Werk mehr Aufführungsmöglichkeiten zu geben. Die Ereignisse haben gezeigt, dass diese Berechnung vollkommen falsch war. Mit der einzigen Ausnahme einer Aufführung bei den Festspielen in Luzern 1947 wurde dieses Werk überall in der Originalfassung gespielt, in der es hier veröffentlicht wird. [...]" désolé pour le texte en allemand: je n'ai pas pu trouver de traduction en français, et c'est trop fastidieux à traduire...

Grâce à la générosité de la...

René Gagnaux
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nous pouvons en écouter une interprétation diffusée dans l'un des volets de la série d'émissions «INÉDIT» d'Antonin Scherrer et Luc Terrapon, diffusé le 14 février 2020 sur «RTS ESPACE 2».

René Gagnaux
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Jordan-Armin

Armin JORDAN, une photo citée de cette vidéo du site de Notre Histoire

Le 6 septembre 2002, Salle Métropole, Lausanne, avait lieu un concert assez particulier de l'Orchestre de Chambre de Lausanne. Ce soir là, Armin JORDAN, qui en fut le directeur musical de 1973 à 1985, inaugurait une belle aventure: "[...] «Un vieux rêve, une utopie, confie Patrick Peikert, le secrétaire général de l’OCL, qui consiste à enregistrer au disque, avec les deux orchestres romands — l’Orchestre de la Suisse romande fait également partie du projet — une série d’oeuvres commandées par Paul Sacher».

Série et non pas intégrale, faut-il préciser. Car à raison d’un ou deux compacts par an, c’est qu’il en faudra du temps pour venir à bout des quelque deux cents partitions suscitées par le musicien et mécène bâlois tout au long de sa carrière... [...]" «D.Rz» dans le quotidien 24 Heures du 4 septembre 2002 en page 20.

Au programme du concert les «Études pour cordes» et la «Petite symphonie concertante pour harpe, clavecin et deux orchestres à cordes» de Frank Martin, et «Métamorphoses pour orchestre à cordes» de Richard Strauss.

René Gagnaux
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Martin-Pte-Symph-Conc-OCL-OSR

Enregistré dans la foulée par la production musicale d’Espace 2 pour Cascavelle / RSR, le disque compact fut publié en 2005 sur le CD RSR 6172 (pochette reproduite ci-dessus à gauche), qui n'est malheureusement plus au catalogue - suite à la disparition du label Cascavelle - mais dont quelques exemplaires peuvent encore être achetés à la Boutique RSR (vérifié: février 2020). Il peut être écouté et/ou acheté en téléchargement digital sur diverses plateformes, par exemple Qobuz, réédité sous le label «RTS Radio Télévision Suisse - Evasion Music».

Les solistes de la Petite Symphonie Concertante sont Xavier de MAISTRE, harpe, ci-dessous au centre, Jory VINIKOUR, clavecin, ci-dessous à droite, et Dénes VÁRJON, piano.

René Gagnaux
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Varjon_Maistre_Vinikour

CLIQUER ICI pour ouvrir une nouvelle fenêtre sur la page correspondante des archives de la RTSR, avec l'audio démarrant au début de la présentation d'Antonin Scherrer.

À noter qu'Armin Jordan avait déjà enregistré cette oeuvre pour le disque une vingtaine d'années auparavant, en janvier 1991, avec Ursula Ruttimann (piano), Eva Guibentif (harpe), Christiane Jaccottet (clavecin) et l'Orchestre de la Suisse Romande, à l'origine publié chez Erato, CD 2292-45694-2 (pochette reproduite un peu plus haut à droite). Il n'est - à ma connaissance - plus au catalogue en tant que CD; on peut par contre l'écouter et/ou l'acheter en téléchargement digital sur diverses plateformes, par exemple Qobuz, sous le label «VDE-GALLO».

Le sommaire de ce volet diffusé le 14 février 2020 dans la série d'émissions «INÉDIT» d'Antonin Scherrer et Luc Terrapon:

➣ (0:00:13 / 0013) Johann Sebastian Bach, Ich habe genug, Cantate pour la Purification de la Vierge, BWV 82, Gli Angeli, Stephan MacLeod, 5 février 2007, Église de la Madelaine, Genève

➣ (0:21:00 / 1260) Frank Martin, Petite symphonie concertante pour harpe, clavecin, piano et 2 orchestres à cordes, Xavier de Maistre, Dénes Várjon, Jory Vinikour, Orchestre de Chambre de Lausanne, Armin Jordan, 6 septembre 2002, Salle Métropole, Lausanne

➣ (0:44:01 / 2641) Richard Strauss, Sonate pour violoncelle et piano en fa majeur, Op. 6, TrV 115, Giorgi Kharadze, Julien Gernay, 7 juin 2009, Studio Ansermet de la radio, Genève, voir https://notrehistoire.ch/entries/04YzADNeWqK pour une présentation de cette interprétation.

➣ (1:09:18 / 4158) Wolfgang Amadeus Mozart, Concerto pour violon et orchestre no 2 en ré majeur, KV 211, Renaud Capuçon, Salzburg Camerata, Renaud Capuçon, 28 janvier 2018, Salle de musique de La Chaux-de-Fonds

➣ (1:29:32 / 5372) Johannes Brahms, Trio pour piano, violon et violoncelle no 1 en si majeur, Op. 8, Trio Johannes (Claudio Voghera, Francesco Manara, Massimo Polidari), 21 janvier 2001, salle de l'Hôtel de Ville de Sierre

➣ (2:05:01 / 7501) Igor Strawinski, L'histoire du soldat, Petite suite pour violon, clarinette et piano, Angela Yoffe, Chen Halevi, Vadim Gluzman, 26 janvier 2009, Conservatoire de Genève

Entre () ci-dessus: minutage - en heure:minutes:secondes / secondes - sur le début de la présentation d'Antonin Scherrer. Cliquer sur le minutage en secondes pour ouvrir une nouvelle fenêtre sur la page correspondante des archives de la RTSR, avec l'audio démarrant à l'endroit désiré.

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