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Au lendemain de l'incendie du Grand Hôtel de Villars

Au lendemain de l'incendie du Grand Hôtel de Villars

1 août 1921
A.G. Kunz Photographe
Sylvie Bazzanella

Dans la nuit du dimanche 31 juillet au lundi 1er août 1921, le Grand Hôtel de Villars a été entièrement détruit par un violent incendie. Ce désastre est attribué à une défectuosité de cheminée. L'hôtel était fréquenté principalement par des touristes français, de Paris, Bordeaux, Nîmes et Strasbourg, ainsi que des Belges, des Grecs et des Egyptiens. Quelques Suisses y résidaient aussi, dont une famille de Morges. Une partie des hôtes trouvèrent refuge au Grand-Hôtel Muveran, ainsi qu'au Villars-Palace.

Le feu de cheminée s'est déclaré entre 21 et 22 heures. On a cru en venir à bout facilement, mais le feu qu'on croyait éteint reprend, se propage aux combles. Vers 23 heures, alors que le toit commence à flamber, les hôtes dont la plupart sont couchés, sont prévenus. On leur dit qu'ils ont le temps de s'habiller avant que le feu prenne aux étages et de sauver ce qu'ils ont de plus précieux. Les résidents sont nombreux, environ deux cents; certains sont pris de panique : une dame emporte ses vêtements et s'habille dans la cour. Une autre a pris son passeport qu'elle met sous son oreiller, mais a laissé son sac plein de choses précieuses. Une autre personne, intrépide ne veut pas fuir parce qu'elle n'a pas encore retrouvé son chat. Les enfants poussent des cris terrifiants.

Les pompiers rapidement organisés, luttent contre le feu, tandis que les gens de l'hôtel aidés par des personnes du voisinage, déménagent les chambres : tout ce qu'on peut jeter est précipité par les fenêtres, puis tous ces objets sont transportés ou passés de la main à la main jusqu'à des prés voisins où ils s'amoncellent en gros tas désordonnés. Malgré la lutte acharnée des hommes du feu, les flammes se propagèrent à tout l'édifice. Vers 1 heure du matin, les sapins du parc de l'hôtel commencèrent à flamber comme des torches menaçant de communiquer le feu au Grand-Hôtel du Muveran. C'est alors qu'on fit appel à la garnison des forts de Saint-Maurice, qui envoya en toute hâte des soldats pour abattre les arbres autour du brasier. Ce n'est que vers cinq heure du matin que le feu s'est calmé, tout l'hôtel ne forme plus qu'un amoncellement de débris ardents.
Au petit matin, on peut voir des quantités d'objets dans les prés : habits, matelas, literie, chaises, pianos, malles, fauteuils, porte-parapluies...

Bâti sur une esplanade bien en vue, le Grand Hôtel, adossé à une petite forêt, dominait le pays et, depuis de longues années, accroissait sans cesse sa réputation due à l'excellence de sa situation, de son confort et de son hospitalité.

Sources :

Gazette de Lausanne, 3 août 1921 / Le Confédéré, 1er août 1921

Au dos de cette photographie est écrit : "Un autre endroit où les objets échappés au désastre étaient déposés, le lundi 1 août 1921. Lucile retrouvant sa malle" D. Money.

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