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Arrivée du train en gare de Sierre, des Français se rendant à Montana

Arrivée du train en gare de Sierre, des Français se rendant à Montana

1 février 1916
Editeur, G. Werro, phot. Montana. no 923, coll PM Epiney
Pierre-Marie Epiney

CP expédiée de Morges en avril 1917 par un interné logeant à l'hôtel de la Croix-Blanche et destinée à une personne habitant à Suresnes (Seine).

Transcription du texte :
Morges, le 4.17
Cher ami René,
Je t'envoie une vue prise à l'arrivée d'internés français en Suisse pour être redirigés sur le Sanatorium de Montana.

(...)

Voici ce que dit Edmond Bille de cette arrivée des internés en février 1916:

"Le convoi destiné à la station valaisanne nous était arrivé un beau matin de février 1916. Sierre s'était mise en frais pour le recevoir. Sur chaque façade les drapeaux suisses et cantonaux mêlaient leurs couleurs vives à celles du Pape et de la République. La cité du Soleil débordait de bonnes intentions hospitalières et décoratives et affichait, sous des arcs de triomphe hâtivement construits ses souhaits de bienvenue « aux héros de la grande guerre ».

Bravant un froid de Chandeleur, la foule se pressait dans les rues comme à la kermesse. On se bousculait avec une hâte joyeuse et loquace, chacun voulant être au premier rang pour mieux voir. Bien avant l'heure prévue, la petite ville en habits de fête attendait, haletante…

Le train spécial s'était engagé sur une voie de garage, timide, hésitant, silencieux comme un cortège funèbre. Un instant, on avait vu cent mains maigre et jaunies agiter des mouchoirs et des képis rouges. Partie des portières ouvertes, une clameur montait dans l'air glacé, mais elle était retombée aussitôt, telle une flamme que rien n'alimente.

La foule déçue, saisie de pitié, restait interdite et presque atterrée. La joie aussi s'était subitement éteinte dans les cœurs. Ils battaient maintenant comme des tambours voilés de crêpe. Avec cette fanfare qui jouait l'hymne suisse, on pouvait se croire autour d'une tombe.

On était venu là comme à un joyeux spectacle, impatiemment attendu. Et le rideau s'était levé sur la guerre ! Et la guerre, en se découvrant, saluait ce peuple en liesse avec un rire effroyable et cynique.

Nous avions sous les yeux le mensonge de la gloire militaire. Ce train du silence n'était que le sombre convoi de la misère de hommes…"

texte paru dans "le Carquois vide" aux éditions la Baconnière, 1939

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