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Maurice PERRIN, courte biographie

source citée dans le texte
René Gagnaux

Complément d'informations pour cet audio (https://www.notrehistoire.ch/medias/115522) ainsi que pour l'audio présenté dans cet article (https://www.notrehistoire.ch/medias/115846)

Maurice PERRIN

9 décembre 1913, La Chaux-de-Fonds - 1994, Lausanne

.

À l'occasion d'un hommage rendu à Maurice Perrin à l'Institut de Ribeaupierre, Lausanne, Antoine Bosshard avait écrit une courte biographie dans le Journal de Genève du 4 octobre 1995, en page 27:

"[...] Maurice Perrin, un pianiste effacé, remis en ondes et en lumière

Personnage d'une extrême modestie, le Chaux-de-Fonnier Maurice Perrin a marqué la vie musicale lausannoise dans les années 50-60. Exercice de remémoration, de la part de ses amis, afin de ne pas laisser son souvenir s'étioler un an après sa mort.

Dans la mémoire des Lausannois, il doit y avoir, enfouie, une image quotidienne de la vie paisible des années 50-60: celle de cet homme sobrement habillé, remontant, tous les jours à l'heure du déjeuner, l'avenue du Théâtre et lisant invariablement son journal (la «Gazette» bien sûr!). Cette figure familière est celle d'un musicien, le Chaux-de-Fonnier Maurice Perrin, disparu à l'âge de 81 ans, il y a un peu plus d'un an, à la suite d'une maladie très éprouvante. Ce soir, à l'Institut de Ribeaupierre, un hommage sera rendu à ce remarquable pianiste, par l'audition d'enregistrements d'oeuvres de Hindemith notamment, conservés à Radio Lausanne.

Un homme d'une grande culture

Cette mort discrète est bien dans la manière de Maurice Perrin, dont l'extrême modestie, jusqu'à l'effacement de soi, était apparemment sans rapport avec ses dons et sa grande culture personnelle. Né à La Chaux-de-Fonds le 9 décembre 1913, où il commença ses classes de piano, il se rendit jeune à Paris. Deux maîtres dominent ce passage parisien: Alfred Cortot, à l'Ecole Normale, et Nadia Boulanger (harmonie, contrepoint et composition). Tout un programme: celui de la finesse et de l'intelligence du jeu d'une part - elle est notée très tôt dans les critiques de la presse suisse que nous lui connaissons. Celle d'une attention soutenue à la structure et à la construction de l'oeuvre musicale de l'autre: tous ceux qui passèrent dans les classes de Nadia Boulanger en conservent la marque.

Maurice Perrin fit alors des tournées en Italie et dans notre pays avant de se fixer à Lausanne en 1937. Il s'est produit en musique de chambre avec les violonistes Bagarotti et Gitlis. Avec la cantatrice Adrienne Bieri. Mais c'est surtout de trop rares récitals qui l'ont révélé à son public. Et là, comme à son habitude, curiosité et inattendu étaient souvent au rendez-vous. Telle sonate de Merulo, tels Fauré alors peu joués (dont le 13e Nocturne), ou l'exploration de la musique contemporaine: Stravinski, Bartok, Prokofiev, Hindemith surtout, dont il donna en première le Ludus Tonalis. L'élégance du toucher, sa douceur avaient alors pour compagne l'intelli gence de l'oeuvre: on aimerait, rien que pour cette alliance-là, le réentendre dans Bach ou dans Fauré.

Dans un pays où l'on confond volontiers exigence et méchanceté, son enseignement faisait de lui un maître redouté, aussi rigoureux pour ses élèves qu'il savait l'être pour lui. D'un perfectionnisme d'horloger, qui, après tout, est aussi celui des vrais maîtres.

On ne peut parler de Maurice Perrin sans l'associer à la vie musicale de Lausanne de la guerre et l'après-guerre. Sans penser à un milieu musical qui regroupait, aux côtés de l'Orchestre de chambre de Lausanne et de Desarzens, des interprètes tels que Denise Bidal ou Jean-Marie Auberson et d'innombrables excellents instrumentistes, mais aussi des compositeurs marquants dont Perrin fut proche: Raffaele d'Alessandro, Constantin Regamey, Jean Perrin.

L'hommage qui lui sera rendu ce soir ne devrait pas être de l'ordre de la nostalgie. Mais rappeler la modernité constante de l'interprète qui associe rigueur extrême et profondeur musicale.

Antoine Bosshard[...]"

rev.14.06.2019

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René Gagnaux
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13 septembre 2018
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