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Berthold Brecht, le Pétabosson et le suffrage féminin

Daniel Rupp

Mère courage et ses enfants est une pièce de Berthold Brecht qui se déroule pendant la guerre de trente ans.

En Suisse, les mères courage mènent leurs combats de trente ans que dure l’éducation de l’aîné jusqu’au cadet. Une guerre pacifique, si la bonne pratique de la langue française autorise cet oxymore. Une guerre, tout de même, les femmes n’étant pas les bienvenues dans le monde du travail. Elles doivent lutter pour jouer leur rôle de mère et conquérir leur rôle de femme.

En plus d’être femme, la mère de mes enfants venait du Maghreb, et, malheureusement, après son diplôme, sous l’impulsion de l’initiative « Schwartzenbach » contre la surpopulation étrangère, elle devait quitter le pays. Heureusement, avec la complicité involontaire du pétabosson de Pully, on l’attifa en suissesse, ce qui lui donna le droit de pétouiller en Suisse.

Lucide, elle savait que, sans le travail, la femme était transparente. Le travail ne lui faisait pas peur, pour ça, elle n’avait jamais pratiqué le petit clopet. Elle dégota un trabedzet d’enseignante en chimie dans un gymnase de Lausanne. Mais, rapidement, elle s’aperçut de l’erreur de casting. Le directeur était un taborgnau, un Dubois dont on fait les colonels. Il la fit passer pour une bedoume, en lui préférant un homme sous prétexte qu’elle n’était pas un homme. Elle plaqua cet établissement inondé de testostérone.

Cependant, le directeur du nouveau gymnase de Morges, s’était bien rendu compte qu’une femme, avec sur son CV quatre enfants et un travail à plein temps, devait avoir un sacré sens de l’organisation, un monstre acouet, et une grande résistance à la surchauffe. Il lui confia l’aménagement d’un laboratoire, la conception de travaux pratiques, l’élaboration d’un cours de chimie et lui accorda les moyens nécessaires.

Elle avait tellement de répondant dans le métier qu’une jeune élève, des étoiles dans les yeux, s’exclama à la fin de la barjaque : « Madame, madame, j’aimerais tellement enseigner la chimie ! », comme si c’était toute l’année la fregatze…mais enfin, c’était bien joli.

Arrivée à l’EPFL en 1970, elle entendait qu’on redzipétait des tristes histoires sur le sort des femmes dans les pays arabes, mais pense-te-voir, les Suissesses n’avaient pas le droit de vote, n’avaient pas le droit d’avoir un compte en banque, n’avaient pas le droit de s’inscrire à la course Morat-Fribourg. Question courses, elles avaient juste le droit de les faire et de régater de la chambre à coucher à la chambre à lessive. Finalement le pays réussit à panosser devant sa porte. Le suffrage féminin fut accepté le 7 février 1971, soit quelques semaines après son arrivée à Lausanne. Peu après, il y eut la première femme aux chambres fédérales, la première présidente de la confédération et la première Suissesse vainqueur du marathon de New-York.

Mais 50 ans après, malgré le chenabre qu'elles font dehors, l’application de la loi est toujours de bizingue. Elles bossent à fond les manettes, et le tarif est toujours au rabais !

Glossaire: topio.ch/dico.php

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Daniel Rupp
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7 février 2021
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