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La Suisse, véritable nation de Rap

12 avril 2018
David Glaser
David Glaser, le web éditeur

Le magazine français trentenaire "Les Inrockuptibles" titrait sur l'année 2017, comme année du rap suisse. Les journalistes de l'hebdomadaire français ne s'étaient pas loupés. KT-Gorique, Slimka, Makala ou Di-Meh ont tout explosé scéniquement et médiatiquement. Une Valaisanne et trois genevois que tous les médias francophones ont pu suivre pour une performance mythique à Brooklyn (dans un championnat du monde de rap qu'elle remporte) pour la première citée, et pour leurs nombreuses incursions sur les scènes française pour les trois autres. Le trio de rappeurs de Genève étant, avec leur SuperWakClique, de plus en plus sollicité par des artistes comme Lomepal, rappeur montant en France, mis en avant par France Inter ou la radio hip-hop Skyrock.

L'effet Sens Unik

Pourtant le rap suisse a une histoire longue et riche. Les pionniers du rap helvétique Sens Unik ont littéralement créé un trou dans la carlingue du 747 hip-hop entre New York et Paris entre 1987 et 1995. L'apparition des artistes lausannois, avec en son sein des acteurs majeurs de la musique, de la danse ou du mot, a placé l'Arc lémanique sur la carte mondiale du hip-hop (le groupe sera la première formation à être programmée sur l'émission mythique MTV Yo! Rap).

Sens Unik, c'est le rappeur Carlos Leal (en haut à droite), la chanteuse Déborah, le rappeur et danseur Osez, le beatboxer Rade, le producteur Just One et le batteur Laurent Biollay, aujourd'hui musicien fidèle du rappeur lausannois Stress en tournée comme en studio.

Sens Unik lors de sa première session photo en 1992, l'année de la sortie de l'album "Les Portes du Temps" (photo P. Fantis)

Ce sont les groupes Sens Unik, Double Pact (Stress et Nega), Steff la Cheffe (rappeuse bernoise très proche du milieu romand, Stefanie Peter dans le civil) et bien sûr le Zurichois Bligg (Marco Bliggensdorfer pour les papiers d'identité) qui progressivement vont contribuer à populariser le rap en Romandie entre 1987 et aujourd'hui. Steff la Cheffe est née l'année de formation de Sens Unik et a éclos dans le sillage des Lausannois. Elle présente cette forme d'expression musicale ouverte sur les musiques du monde et aux codes de la chanson française. Elle se produit aujourd'hui avec Stephan Eicher.

Bienne et Neuchâtel ont toujours eu le béguin pour le rap, produisant dans leurs salles de concerts des soirées mythiques avec des artistes mondialement connus. Les festivals majeurs de l'Arc lémanique comme Montreux Jazz ou le Paléo ont aussi négocié ce virage hip-hop depuis de nombreuses années, cette année 2018 présentant clairement le rap comme ingrédient majeur de leur programmation. Aujourd'hui, la capitale du rap suisse n'est ni Nyon, Ni Montreux, encore moins Berne, ou Lausanne. C'est incontestablement Genève.

Les Belges Damso, Roméo Elvis, Caballero et JeanJass invités du festival suisse The Beat en janvier dernier à l'Arena de Genève (photo D.Glaser).

Depuis 2017, tout le pays vibre du jeune Biennois Nemo, grand vainqueur des Swiss Music Awards. L'homme, à peine majeur, est à l'image de nombreux groupes nés dans des villes où le hip-hop a toujours eu beaucoup d'impact (Koqa Beat Box à la Chaux-de-Fonds) ou encore la triplette Slimka, Makala et Di-meh à Genève. Dans leur ville, un festival unique en Suisse a vu le jour au cœur de l'hiver, proposant une alternative au festival de musiques urbaines de Frauenfeld mondialement connu pour sa qualité et toujours pris d'assaut par les jeunes de tout le pays. Le nom de ce rendez-vous genevois? C'est The Beat, comme un battement. The Beat Festival, organisé par l'entreprise lausannoise de production de concerts Sold Out, a rassemblé depuis deux années deux fois 6000 personnes. Preuve que ce genre très populaire mondialement, a suscité bon nombre de vocations en pratiquement 30 ans, depuis les premières rimes de Sens Unik.

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12 avril 2018
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