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Lausanne, les bornes végétalisées

Lausanne, les bornes végétalisées

19 août 2015
Rémy Glardon

Dans la capitale vaudoise, chacun connaît le Flon, personne ne le voit. La rivière, qui draine des eaux usées, a été couverte par la ville

La toponymie de la cité rappelle parfois les ruisseaux du passé, à l’image de la rue de la Louve. Dans cette rue justement, la ville a installé il y a plusieurs années des bornes végétalisées qui rappellent le tracé de la rivière, quand elle dévalait depuis la Riponne. Encore faut-il connaître la signification de ces totems…

Soudain, le Flon amorce une descente, presque une petite précipitation sous la rue. Le débit s’accélère un peu. Puis c’est le moment clé, qui résume tant Lausanne, ville qui vit de ses trois dimensions. Les curieux se retrouvent devant des piliers du Grand-Pont. Enterrés. Car la Rue Centrale s’est établie sur le Flon et sa voûte, couvrant une partie des piles du pont. Ainsi, le Grand-Pont était plus élevé qu’il ne paraît aujourd’hui. Ce pont s’est d’abord appelé Pont Pichard, d’Adrien Pichard, fameux urbaniste qui a proposé, en 1839, d’enjamber le Flon. Les arches surplombaient un vrai ruisseau. ¬L'histoire lausannoise, qui mêle aménagements pratiques, rêves urbanistiques et, pour finir, nouveaux empilements. Juste après les piles du pont, le quartier du Flon représente l’étape la plus récente, et l’une des plus radicales, de ces réinventions de la ville.

Le Flon, une « rivière maudite »

Evoquant le Flon en 2008, Le Temps parlait d’une « rivière maudite ». Longtemps, la Louve et le Flon ont dessiné des limites de la cité. Celle-ci s’est déclinée en vallons et passerelles sur les eaux qui filent depuis le plateau vaudois. Mais les Lausannois ont été ingrats avec leurs ruisseaux qui, écrivent les Services industriels, « ont toujours servi à collecter et à transporter hors de la ville les effluents produits par les habitants et les activités urbaines ».

En somme, des égouts à ciel ouvert. Au début du XIXe siècle, la ville est en proie aux épidémies, pas des moindres: choléra, typhus et paludisme. La malédiction du Flon, et de la Louve, va s’accomplir jusqu’à son terme, le voûtage des eaux, leur totale disparition de la vue et du paysage.

Texte extrait du journal "LE TEMPS " du 1er août 2015 avec l'aimable autorisation de M. Nicolas Dufour

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Rémy Glardon
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