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Camilla Landi, cantatrice

1 avril 2021
Liliana Landi
London Mainly About People

Liliana Landi écrit à propos de sa grande-grande-tante Camilla Landi:

"Camilla Landi est née à Genève le 20 juin 1863, d'un père et d'une mère italiens, la naissance a été publiée dans le Journal de Genève le 30 juin 1863, le père Alessandro (ou Alexandre) Landi a été le premier directeur de la "Société de chant" du conservatoire de Genève, en 1867. Il était également professeur de chant et chef de chœur. Sa mère Ernesta Lucioni était également chanteuse et tous deux enseignaient le chant.

Camilla Landi a fait ses débuts à Paris dans l'opéra de Verdi "Aida" jouant Amneris, selon ce qui a été publié dans le journal "Vert Vert" à Paris en date du 3 octobre 1888. Elle est décédée le 5 janvier 1944 à Genève. Elle était une grande soliste avec de grands succès en Europe, ci-dessous je transcris une autobiographie de Camilla Landi. Je l'ai trouvée dans le journal "London Mainly About People" du 19 janvier 1907 et je l'ai traduite de l'anglais."

notreHistoire
1 avril 2021
Camilla Landi

Je suis l'une des chanteuses professionnelles qui croient que les gens s'intéressent beaucoup à leurs histoires personnelles. Comme c'est le cas, je vous souhaite la bienvenue dans l'histoire simple de ma vie. Je suis née à Milan (ici Camilla a dit quelque chose qui n'était pas vrai, elle est née à Genève, en Suisse), où mes parents étaient tous deux étudiants au Conservatoire. Mon père Alexandre Landi était ténor et ma mère Ernrestina Lucioni était une contralto qui a étudié avec Lamperti l'aîné et a fait ses débuts à La Scala. Après leur mariage, ils se sont retirés de la scène pour se consacrer à l'enseignement.

J'aimais jouer avec mes poupées, près du piano où ma mère donnait des cours, et je me souviens clairement que quand je n'avais que six ans, j'ai été appelée pour montrer à un élève difficile comment certaines notes devaient être produites dans l'esprit. A cette époque, j'étais plus intéressée par le piano que par le chant, et longtemps après j'ai été terriblement intimidée par le son de ma voix. Rien ne pouvait m'inciter à chanter devant des amis ou des visiteurs. Mais quand j'étais totalement seule, j'aimais chanter des chansons les unes après les autres. Je ne suis pas sure d'avoir surmonté ma timidité et le besoin de solitude de mon enfance.

L'idée d'une vie publique me dégoûtait

En ce qui concerne mon éducation musicale, je dois avouer que j'ai été obligée de suivre des cours et d'apprendre la performances scénique quand il s'est agit de choisir le métier de chanteuse. L'idée d'une vie publique me dégoûtait. Ma mère a dû déployer des trésors d'énergie et de détermination pour que je réussisse à entamer une carrière musicale.

À l'âge de 6 ans, nous avons quitté Genève, où mes parents s'étaient établis comme professeurs, et nous avons déménagé à Florence. Mes jours d'école ont été très heureux et très paisibles. J'étais une étudiante très docile et studieuse, pendant cette partie de mon enfance, il ne s'est rien passé qui puisse bousculer le cours de cette période de ma vie. Après la musique, je me suis beaucoup intéressée à la littérature et j'ai parfois essayé modestement d'écrire. Je n'ai jamais été douée pour l’arithmétique et je dois avouer que la science des nombres est encore un mystère pour moi.

Observer les manchots, une passion

Toute ma vie, j'ai été très attirée par les animaux et c'est ma passion d'aller aux jardins zoologiques pour observer les manchots. Les chiens et les oiseaux sont mes préférés maintenant, tout comme quand j'étais plus jeune, et les fleurs signifiaient toujours quelque chose de plus grand que la couleur et le parfum pour moi. Les végétaux sont vivants. Pendant mes jours d'école à Florence, j'ai eu beaucoup de succès en tant que jardinière et j'ai cultivé une petite terrasse de fleurs qui a été une grande surprise et un plaisir pour mes parents et amis.

Mon éducation ordinaire s'est poursuivie dans les écoles publiques de cette ville, où les visites des magnifiques galeries d'art ont rempli mes journées. J'étais très réservée et alors que mes parents étaient très occupés par leur travail, j'avais beaucoup de temps pour moi, une circonstance que j'ai vraiment appréciée. J'avais développé un grand intérêt pour la broderie et j'étais toujours occupée avec mes aiguilles. Le désir d'être seul a grandi. Je suis devenu plus sauvage.

Ma mère me voyait comme une artiste publique

Mon père, plus favorable à la vie de famille, ne me formulait aucune espèce d'encouragement à persister dans ma voie artistique. Mais ma mère, qui voulait avant tout me voir comme une chanteuse publique, plaçait ses projets pour moi avant mes préférences.

Les gens disaient qu'une fille qui a une prédilection pour le travail de broderie aime la solitude, elle n'a peut-être pas un instinct pour l'art et ils ont conseillé à ma mère de me laisser tranquille et lui ont dit que je devrais être celle qui décide. "Elle sera une artiste ou rien", fut la réponse décisive de ma mère, et c'est ainsi que je suis devenue chanteuse. Je me suis sentie malheureuse et j'ai pensé que je n'allais jamais satisfaire les espoirs de ma mère.

Aujourd'hui, elle est satisfaite et j'ai mûri en aimant mon art. Parfois, cela me surprend de penser à la renommée que j'ai acquise alors que j'ai pensé à un moment de ma vie que la carrière de chanteuse était la plus détestables des chances pour moi.

Je lui prédis un avenir distingué (Madame Waddington)

Pendant notre vie à Florence, ma mère avait parmi ses élèves Madame Waddington, qui m'a entendu chanter et ne pouvait pas faire plus plaisir à ma mère qu'en lui avouant qu'elle me prédisait un avenir distingué.

Après Florence, nous avons vécu quelques années à Paris où j'ai fait mes débuts aux "concerts Lamoureux". Pour moi, cela me tourmentait, une situation difficile à comprendre. J'avais déjà chanté dans les salons de Florence et même ces événements m'avaient causé de l'anxiété et du chagrin. J'avais aussi participé à un concert au conservatoire de Paris, mais ma prestation du "concert Lamoureux" était ma réelle première fois.

Quand ma mère est venue dire que la voiture attendait déjà et qu'il était temps de partir, je me suis retrouvée enfermée dans ma chambre en train de pleurer amèrement. Quand je suis arrivée dans le salon, la première chose que j'ai demandée à Monsieur Lamoureux était la pose d'un écran sur la scène pour qu'il me laisse chanter derrière. Ma demande a été refusée.

Profond intérêt pour la musique sacrée

Grâce à mon père qui chantait dans une chorale, j'ai grandi très à l'aise avec la musique sacrée et j'ai toujours aimé chanter à l'église. Il appartenait à une famille de riziculteurs qui avait très peu de sympathie pour la musique sur les scènes ou les théâtres. Il essayait toujours de me convaincre de ne pas poursuivre une carrière publique. Avec la musique d'église, c'était différent, et ils aimaient beaucoup quand je chantais pendant la messe, le service le plus impressionnant de ma propre foi. J'ai, très souvent et surtout à Genève, chanté dans des églises d'autres confessions, et la production de musique de la Passion dans cette ville a toujours suscité un profond intérêt pour moi.

notreHistoire
1 avril 2021
Camilla Landi

Ma longue résidence à Paris m'a apporté beaucoup de bonheur, là, entre autres gens formidables, j'ai rencontré Gounod et Ambroise Thomas, qui ne se lassaient pas de louer ma voix et ses usages. Gounoud était une très bonne personne, et il disait toujours: «Ma porte sera toujours ouverte pour Madame Landi et sa fille». Depuis sa mort récente, je reste encore amie avec la veuve de ce grand compositeur, et elle est très gentille. Je ne rate jamais la possibilité de lui témoigner de mon respect et du témoignage de mon affection.

Chez Gounoud, j'ai rencontré la troisième fille de Dumas. Une autre amitié intéressante que j'ai eue dans la capitale française était avec la princesse Mathilde Bonaparte, la nièce de l'Empereur. J'ai eu l'honneur d'entrer régulièrement chez lui et de lui chanter à maintes reprises.

Chanteuse pour l'Empereur

L'une de mes performances les plus mémorables a eu lieu à Potsdam, l'occasion étant la célébration de l'anniversaire de l'impératrice. Sa majesté très gentille et l'empereur m'a offert un collier de diamants et d'émeraude. Il y avait des questions sur les conditions dans lesquelles je devrais comparaître devant le tribunal allemand, mais en rendant justice à Sa Majesté, je voudrais dire que l'incident qui est indiqué dans le livre «L'empereur inconnu» qui a suscité tant de commentaires dans toute l'Europe , est totalement faux J'ai lu le récit de cet incident avec beaucoup de dégoût.

Hilarité chez l'Archiduchesse

J'ai chanté une fois pour l'archiduchesse de Hongrie Stéphanie à Vienne, qui m'a demandé de m'asseoir à côté d'elle. Elle m'a traité avec une grande grâce. A cette même occasion, les services d'une artiste dramatique ont été sollicités et dans un moment qui nous a tous surpris, elle a demandé que la pièce soit sombre. Cette demande, malheureusement, a causé beaucoup d'hilarité, et alors que le comte Lónyay et d'autres faisaient le tour de la pièce en soufflant sur les bougies, des rires ont pu être entendus. Et ils n'ont pas pu être réduits au silence pendant la performance de l'artiste dramatique. Mais l'archiduchesse Stéphanie a maintenu son sang-froid avec un contrôle admirable et ne nous a jamais laissé voir qu'elle était embarrassée. J'ai de nouveau chanté pour l'archiduchesse de Hongrie dans la petite chapelle Saint-Moritz en août 1905.

J'ai de très bons souvenirs de ma visite à Osborne à la demande de feu-Reyna Victoria. Pendant mon séjour, j'ai été hébergée à l'Albert Cottage. Le prince Henry de Battenberg était à l'étranger au nom de la Mère royale. Lors de la présentation à la Reine, j'ai été impressionnée par l'extrême dignité de son allure, qui, compte tenu de sa petite taille, était tout à fait remarquable. J'ai eu un excellent accueil de la part de la duchesse d'Argyll, qui était en charge des arrangements. Une voix douce et basse, très agréable à l'oreille. Et j'ai pu apprécier que la Reine Victoria était une admirable critique sur les questions musicales. Mes visites régulières en Angleterre, où j'ai résidé pendant un temps considérable, m'ont donné une grande satisfaction.

Merci à Liliana Landi pour la traduction.

Edition du texte par David Glaser.

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1 avril 2021
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