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Mort d'un visionnaire

En ces temps de pandémie, la mort de Jean-Louis Roy sonne comme un clin d’œil ironique du destin. Lui qui était un cinéphile amateur de scénarios angoissants, avide de comédies musicales, de westerns mais aussi de films noirs, de films d'espionnage, il réalisera en 1967 son premier long métrage en hommage aux "spy-movies" anglo-saxons qui étaient à la mode à l'époque. Il mis en scène des films étonnants, des films qui prenaient corps autour d'intrigues déroutantes quand elles n'étaient pas tout simplement délirantes. Une façon de faire originale pour l'époque, toujours aussi originale aujourd'hui (regardez ce mardi soir "L'Inconnu de Shandigor" sur RTS 2 à 21h05). Il avait été un des fondateurs du Groupe 5 qui réunissait Michel Soutter, Claude Goretta, Jean-Jacques Lagrange et Alain Tanner.

Jean-Louis Roy est mort samedi à l'âge de 82 ans et laisse une magnifique trace dans la mémoire des cinéphiles suisses et étrangers. Depuis son plus jeune âge, le réalisateur genevois avait respecté le cinéma. Il y a 70 ans, il avait animé les après-midis de ses camarades de quartier. En effet, à seulement 12 ans, il offrait aux enfants du voisinage des projections de films de Charlie Chaplin, Buster Keaton et de grands cinéastes du cinéma muet. Prix de la séance : 20 centimes. 

Un premier court-métrage présenté à Locarno

Particularité, il commentait les films avec ses arguments d'enfant de 12 ans quand les intrigues amoureuses étaient trop compliquées à dénouer pour ses jeunes amis. Keaton ou Chaplin à côté, c'était beaucoup plus simple, donc pas besoin de commentaires. C'est à cette époque-là que Jean-Louis Roy a commencé à se passionner pour le cinéma, en allant tous les jeudis et dimanches voir des films à Plainpalais. Il y découvrait des westerns de John Ford et de Howard Walsh entre autres. A 16 ans, il entre à la télévision romande et à 23 ans il réalise son premier court-métrage, une virée sans but dans les rues de jeunes ados quasi-adultes, pour lequel il reçut les honneurs de la sélection de Locarno.

Plus tard, en 1967, il a voulu faire un film ambitieux mais avec peu d'argent, à une époque où on faisait des films d'espionnage plutôt joliment financés. Un film à la "James Bond" mais à travers son optique. Malgré les problèmes d'argent, il réussit à financer ce premier long, un film qui aurait pu s'appeler "Atomic-Mac", "Le Bal du Mal" et qui finalement sera intitulé "L'Inconnu de Shandigor" (présenté au Festival de Cannes en 1967). Les avions, les voitures, les poursuites, tout y est. «Je crois que tous les commentateurs avisés étaient étonnés de voir comment avec très peu de moyens, on avait donné l'impression d'en avoir utilisé beaucoup» expliquait l'an dernier au public du Capitole à Lausanne. Il avait soigné le décor de ce film en noir et blanc. "Je fus très exigeant pour la qualité des lieux" a-t-il dit lors de cette même soirée à Frédéric Maire, le directeur de la Cinémathèque suisse. Le Capitole était le lieu de projection de "L'Inconnu de Shandigor" dans le cadre de la FIAF, le congrès de la fédération internationale des archives du film. Shandigor était un pays imaginaire. Il fallait tourner dans un décor qui n'était pas possible à trouver à Genève, "j'avais découvert ce décor qui avait été très peu utilisé au cinéma, l’architecture de Gaudì à Barcelone, c'était ça Shandigor" disait-il aussi. 

Les comédiens aux gueules cassées avaient été justement choisis pour leur physique. Ils ne pouvaient pas apparaître comme des « Monsieur Tout le Monde », des personnages méchants. "L'Inconnu de Shandigor" fait apparaître un Serge Gainsbourg utilisé dans un rôle de musicien étrange avec son interprétation de « Bye-bye Mister Spy » au piano électrique. Jean-Louis Roy a aussi fait les belles heures de Temps Présent sur la RTS avec des reportages comme celui-ci sur un grand tabou de l'époque, la mort. Ce documentaire titré «La Mort Escamotée» est un des plus représentatifs de son travail. 

Comme un clin d’œil à cette mort redoutée en ces temps de pandémie, cachée car on ne veut pas la voir, ce phénomène tabou comparé à une autre thématique tout aussi dissimulée, le sexe, nous vous proposons de découvrir ce document sur notreHistoire.ch. Vous pouvez aussi entendre parler Freddy Buache – disparu en 2019 - du Groupe 5

David Glaser, votre web éditeur

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  • Martine Desarzens

    Merci pour ce bel hommage à Jean-Louis Roy ! Un pionnier de la télévision, un homme que j'ai eu le plaisir de connaitre chez des amis de mes parents, il y a quelques années lors d'une rencontre dans la grande maison de la télévision à Genève, j'avais encore eu le privilège de lui dire encore merci pour son passage à Temps Présent ! Salutations. Martine Desarzens.

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