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La plateforme notreHistoire.ch étudiée pour un travail de Master

30 novembre 2020

Une assistante HES à la Haute école de gestion de Genève a analysé le succès de notreHistoire.ch dans le cadre d'un travail de Master portant sur les travaux collaboratifs autour de documents d'archives, notamment des tâches de transcription de manuscrits. Florence Burgy m'a accordé une interview, j'ai voulu en savoir plus sur ce qui l'avait amenée à s'intéresser à notreHistoire.ch.

Florence Burgy, vous êtes assistante HES - enseignement et recherche à la Haute école de gestion de Genève. Vous avez effectué un Travail de Master intitulé Pratiques participatives et patrimoine numérisé : le cas des manuscrits. Réflexion en vue d’un projet de transcription collaborative en Ville de Genève, quelle a été la genèse de ce travail de Master ?

Florence Burgy : il y eu d’une part un travail avec ma directrice de mémoire Françoise Dubosson. Elle m’a parlé du projet Mirabilia, un projet de crowdsourcing de la ville de Genève. Il y a eu d’autre part une volonté de permettre ce travail de crowdsourcing dans les institutions culturelles de manière globale, avec des utilisateurs qui sont plus des personnes qui participent.

Quel a été votre parcours d’études avant d’en arriver à ce travail de Master ?

FB : J’ai un master en études médiévales (département des lettres à l’Université de Genève). J’ai d'abord obtenu un Bachelor en histoire générale et en français médiéval puis un master en études médiévales (histoire et littérature), lors duquel j'ai travaillé avec des manuscrits médiévaux, avant d’effectuer une passerelle en Master en sciences de l’information. Ces études m'ont permis d’obtenir des connaissances en gestion de service d'information, gestion et sciences des données, machine learning… Les étudiants apprennent notamment avec ce cursus à gérer des données de la recherche. En Lettres, j'avais l'impression que le monde de la recherche était assez fermé. Avec les sciences de l’information, on est en contact avec l’open science, l’open access. Un de mes collègues étudiants m'a également parlé de IIIF (International Image Interoperability Framework), un ensemble de protocoles de traitement d’images permettant une excellente résolution et une interopérabilité des données, c'est-à-dire qu'une image numérisée par une institution et respectant ses protocoles pourra être accessible par n'importe quelle autre institution aisément. Il m'avait notamment parlé d'un manuscrit médiéval dont les enluminures, qui avaient été découpées, étaient conservées dans une institution différente du manuscrit d'origine. En les numérisant et en respectant les protocoles IIIF, il est possible de reconstituer le manuscrit en ligne et de le consulter comme si les enluminures n'avaient jamais été ôtées. Cela m'a fait réalisé l'étendue de ce que les sciences de l'information peuvent apporter à la recherche en sciences humaines.

Qu’est-ce qui vous a unies Françoise Dubosson et vous ?

FB : Françoise Dubosson est d'abord une amie de mes parents. Je l’ai eue en cours lors de cette année passerelle. Puis, comme j'ai commencé à travailler comme assistante au sein de la HEG en 2019, nous sommes devenues collègues. Alexandre Boder m’a aidé aux côtés de Françoise tout au long du projet. Il est maître d’enseignement HES. C’est aussi un ami de mon père qui a été enseignant à la HEG, avant de devenir archiviste à la ville de Genève, ma mère est bibliothécaire. Benoit Epron, quant à lui, est professeur, spécialisé notamment en économie du web et du document et en édition numérique à la HEG. Il a aussi été un mentor lors de mon Master en sciences de l’information. Il y a eu deux choses, un mandat que Françoise et Alexandre ont reçu de la part de la ville de Genève pour travailler sur la question du crowdsourcing. Mon travail de Master a quant à lui porté sur les manuscrits. Il y a eu un état de l’art de la matière, des exemples de systèmes de crowd sourcing enrichissants pour les institutions. Avec le crowd sourcing, on peut créer une communauté autour du projet. Le site notreHistoire.ch en est un bon exemple, un bon moyen de faire vivre ce patrimoine. Il y a aussi le site E-newspaper archives, e-manuscripta pour la Suisse et des transcriptions collaboratives en Angleterre autour du Bentham Project. Il s’agit de transcrire les écrits du philosophe et politologue anglais Jeremy Bentham. Ce qui donne des éditions complètes de cet auteur à l’arrivée. Et c’est assez libre, on laisse les gens transcrire, une communauté grandir autour du projet. Ce n’est à proprement parlé un sujet sexy. Et les gens qui s’y attachent n’ont pas forcément d’expérience, Pour notre projet, on avait pensé aux mémoires d’Henri Dunant, aux correspondances d'Ella Maillart ou de Nicolas Bouvier. Mais ce qu’il faudrait, c’est un système qui demande aux gens de parler de ce qui les intéresse. Un ou plusieurs projets, une institution qui peut mettre en place un projet global mais des projets plus diversifiés. En ce sens, notreHistoire est plus adapté. Bentham, ça marche bien aussi. La ville de Genève tente de montrer la variété des collections, des projets ou chaque initiative au sein de Mirabilia. Aujourd’hui cela dépend d'abord du Département de la culture et de la transition numérique.

Qu’est-ce qui vous a convaincu de travailler sur l’analyse du projet notreHistoire.ch pour votre travail de Master?

FB : La première chose, c’est d’apprendre que ça marchait bien. Je trouvais fou qu’on ne nous en parle pas plus en cours d’histoire. Ça m’a rassuré sur la Suisse. Ce n’est pas une problématique de mentalité suisse : Si on met les moyens et de la communication sur certains projets, ça va marcher. Dans notreHistoire.ch, on traite beaucoup de photos mais peu de manuscrits, pas assez à mon avis. Il y a un public, une ligne directrice qui marche bien. Il y a aussi une dimension intéressante qui fait qu’il y a eu aussi des erreurs commises. Et je vois qu’un tel projet est rarement un projet qui marche bien d’un coup. J’aime bien cette approche « agile ».

Comment s’est passé la soutenance du mémoire de Master ?

FB : Je suis arrivé avec la méthodologie. Les jurées auraient voulu que je questionne la méthodologie mais le jury a apprécié mes propositions. Raphaëlle Bats, une chercheuse qui travaille à Lyon, a apprécié mes références aux pratiques participatives, elle était intriguée car en France, c’est différent. Il y a eu le projet Correct de Gallica, un gros projet de BNF, un projet aux dimensions nationales. En Suisse, nous réalisons de plus petits projets qui vont émerger de plus petites institutions. Une approche par le bas. Il s’agit encore de la question d’amener les usagers à cette question « qu’est-ce qui vous intéresse vous ? »

Propos recueillis par David Glaser

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