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Bela Bartok, Concerto pour orchestre Sz 116 Repérage

René Gagnaux, diverses sources mentionnées dans le texte
René Gagnaux

À lire en relation avec cet enregistrement de la Radio Télévision Suisse mis dans le groupe Paul Kletzki.

En 1940, Béla Bartok - fuyant le nazisme - émigre aux États-Unis. Vers la fin 1942, une leucémie est diagnostiquée, l'obligeant de renoncer à donner des concerts, ce qui agrave ses problèmes financiers. La Société des auteurs américains, à l'initiative du chef d'orchestre Serge Koussevitzky, voulant l'aider sans lui donner l'impression de recevoir une aumône, lui commande une nouvelle oeuvre, qui va être son Concerto pour orchestre, sa dernière partition achevée.

Il y travaille d'août à octobre 1943. La première audition, triomphale, est donnée le 1er décembre 1944 par l'orchestre symphonique de Boston dirigé par Serge Koussevitzky.

Malgré le succès immédiat que reçoit son oeuvre, Bartok la révise toutefois, plus particulièrement le final très court, qui déséquilibre la forme générale de l'oeuvre. Il compose alors un final d'une durée semblable au premier mouvement. Ernest Ansermet a dit du Final qu'"[...] il court à la coda, une coda vertigineuse: comme un grand coup de vent, des vagues de cordes aux couleurs phosphorescentes semblent emporter des bribes de la fugue jusqu'à ce que le thème de celle-ci éclate dans toute sa grandeur aux cuivres [...]" cité de l'ouvrage d'Ernest Ansermet, Les Fondements de la musique dans la conscience humaine, et autres écrits, Robert Laffont, 1989.

L'oeuvre est dédicacée à Natalia, la fille de Serge Koussevitzky.

Dans son Concerto pour orchestre Bartok fait un retour à la forme ancienne, en apportant d'importantes innovations personnelles. L'oeuvre n'a pas de soliste en particulier: Bartok confie ce rôle tour à tour à chaque groupe d'instruments ou pupitres de l'orchestre, renouant ainsi avec la tradition du concerto grosso, et donnant d'ailleurs à chacun des mouvements un titre italien. Il s'attache à mettre en valeur les timbres instrumentaux et à séparer les différentes familles d'instruments au sein d'une orchestration riche, dense, qui multiplie les dialogues.

Une courte description, citée de ce ficher pdf du site opera-orchestre-montpellier.fr (se basant sur le Guide de la musique symphonique, publié sous la direction de François-René Tranchefort, éd. Fayard, Les indispensables de la musique):

"[...] L'architecture générale est celle de l'«arche» qu'affectionna particulièrement le compositeur: l'Elegia centrale - mouvement lent - est précédée et suivie de deux mouvements assez courts faisant fonction de scherzos, eux-mêmes encadrés par les mouvements extrêmes, plus vastes et de tempo rapide. Il y a donc cinq parties qui réalisent l'ordre vif - modéré - lent - modéré - vif; avec, selon le compositeur, «une transition graduelle de l'austérité du premier mouvement… vers l'affirmation vitale du dernier.

Nomenclature orchestrale: 3 flûtes (dont la petite), 3 hautbois (dont un cor anglais), 3 clarinettes, 3 bassons; 4 cors, 3 trompettes, 3 trombones, 1 tuba, timbales et batterie (caisse claire, grosse caisse, tamtam, cymbales, triangle); 2 harpes; les cordes. Durée moyenne d'exécution: 37-39 minutes.

1. INTRODUZIONE: ce premier mouvement débute par une lente mélodie - Andante non troppo - bâtie sur une progression par quartes (influence du folklore hongrois), à laquelle succède l'Allegro vivace de forme sonate: deux thèmes simples, tendus, voire sévères, avec, dans le cours du développement, une double exposition de fugue (le premier thème et son renversement); la réexposition commence par le second thème.

2. GIUCO DELLE COPPIE («Jeu de couples»): les instruments à vent sont associés deux à deux en cinq «couples» (deux bassons, puis deux hautbois, puis deux clarinettes, etc…); ils interviennent chaque fois à un intervalle différent. Ce sont deux harpes en glissandos qui mettent un terme à ce «jeu». La forme de cet Allegretto scherzando - que Bartok qualifia de «badinage» - est celle du lied ABA, - avec des airs de danse d'un charme subtil (sur rythme de tambourin), au milieu desquels s'insère brièvement, et assez curieusement, un thème solennel de choral religieux (trompettes, trombones et tubas ponctués de caisse claire).

3. ELEGIA: cet important Andante non troppo central est de coupe ternaire, - précédé d'une courte introduction et suivi d'une coda; en son milieu, un tempo plus vif, Poco agitato, - avec reprise d'un motif entendu dans l'introduction du mouvement initial. Un thème grave et funèbre domine le mouvement, ainsi que les mille frissons sonores d'une «musique de nuit» recréée avec une remarquable économie de moyens.

4. INTERMEZZO INTERROTTO («Intermezzo interrompu»): Allegretto dont les parties extrêmes, sur un thème chantant et pseudo-folklorique (notamment à l'alto, d'après un motif pentatonique emprunté à un musicien hongrois du XIIème siècle), encadrent un épisode central à intentions parodiques, - très caractéristique de l'humour froid, volontiers sarcastique, du compositeur. Cet épisode - justifiant le qualificatif «interrompu» du titre - est constitué par une sorte de foxtrot (ou le 2/2 d'un paso doble) dont le thème, confié à la clarinette, fut emprunté à une phrase en tutti qui paraît dans le premier mouvement de la Septième symphonie de Chostakovitch.
Pour en railler la platitude, Bartok la rapproche d'un air célèbre de La Veuve joyeuse de Lehar, - qu'il désarticule et traite en accelerando. Le burlesque naît d'une double irruption des trombones en glissandos, - tels de grandes grimaces narquoises, tandis qu'éclatent aux cordes des rires aigus et stridents. Retour, aux cordes, du thème «interrompu» désenchanté, et qui s'éteint.

5. FINALE: Presto en forme de mouvement perpétuel, annoncé par un appel de trompettes (introduction marquée Pesante). Les thèmes - forme sonate plus ou moins régulière - sont traités en fugatos sur des airs de danses populaires vivement rythmés, - qui conduisent à une fugue double. L'ensemble, tourbillonnant jusqu'à la folie, prend fin sur une très brillante coda.

D'une orchestration éclatante, parfois un peu épaisse (notamment aux cuivres), avec ses thèmes robustes, ses réminiscences ou ses imitations du folklore national (et même du folklore noir), cette partition n'est sans doute pas la plus subtile ni la plus neuve de Bartok: dès les premières auditions, et en dépit de leur succès, le compositeur fut accusé de conservatisme, et de s'être adonné à la «manière américaine». Mais l'oeuvre frappe par l'énergie qu'elle dégage, par une vitalité d'autant mieux affirmée qu'elle est celle d'un musicien déjà sous l'emprise de la maladie, - et qui mourra deux ans plus tard. [...]" citations extraites du texte publié dans ce ficher pdf du site opera-orchestre-montpellier.fr (se basant sur le Guide de la musique symphonique, publié sous la direction de François-René Tranchefort, éd. Fayard, Les indispensables de la musique).

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René Gagnaux
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9 mai 2016
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