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Repérage
Moulin à glaise de la Poterie Knecht de 1846

Moulin à glaise de la Poterie Knecht de 1846

27 octobre 2014
Mairie de Bellevue
Mairie Bellevue

Ce moulin, inactif depuis 1982, est à peu de choses près dans l'état de sa construction en 1846. Son bras de force utilisait le nant du Gobé pour mouvoir les moignons utiles au mélange des couleurs et de la terre, matières premières des vases, pots et assiettes qui furent produits pendant 136 ans par la même famille et ses ouvriers.

Dans les années 20, l'électricité a permis de remplacer les lampes à pétrole mais surtout d'installer un moteur qui palliait au manque récurrent de débit d'eau.

Si l'activité de poterie était plus florissante sur Ferney, elle s'est muée en production de briques et de tuiles et s'est éteinte dans les années 1960.

La fine terre belleviste ne permettait de produire que des objets fragiles interdisant la cuisson, ainsi, la poterie Knecht produisait certes des caquelons, mais la terre venait de Bourg.

Pendant les trente premières années d'existence de la poterie Knecht, ce sont environ 40 ouvriers qui y travaillent pour extraire la terre, couper le bois indispensable aux fours, travailler la terre, tourner les pièces, construire et rénover les moules en plâtre, cuire, vernir, peindre, déplacer et entreposer chaque pièce.

Potier Knecht

Les années suivantes, le nombre d'ouvrier a progressivement diminué, passant à une douzaine à la fin de la deuxième guerre mondiale à un seul à la fin des années 70. Ce dernier ouvrier-tourneur a travaillé jusqu'à 76 ans. "Il faisait partie de la famille et mangeait avec nous" souligne Michel et Fernand.

La poterie Knecht avait des clients jusqu'à Berne, parfois de grandes sociétés ou des particuliers. "Les ouvriers préféraient produire des pièces originales, unique, que de faire des séries" précise Fernand.

Michel se souvient de la Commune d'Onex qui avait initié à Genève la coutume des bols du 1er août. Avec les années, la poterie a fini par fournir à une quinzaine de communes des milliers de bols pour la fête nationale. Meyrin par exemple commmandait trois à quatre mille bols.

Avant l'installation de deux fours électriques, il fallait 2 jours et 2 nuits pour amener le four à bois à température, soit environ 850 degrés. "Il ne fallait pas atteindre les 1'000 degrés sinon la terre fondait littéralement" souligne Michel.

"A la cuisson, un taux de 5 à 7% de casse était acceptable" nous a confié Fernand dans le couvert qui permettait l'extraction de la terre, aujourd'hui transformé en confortable salon-carnotzet.

Après la prise de quelques photos dans des locaux où le temps semble s'être arrêté, nous quittons ces deux passionnés et passionnants artisans, aujourd'hui heureux retraités.

"La Rosalie", meule du moulin de la poterie Knecht

Les deux frères, derniers exploitants de la poterie étaient employés-électriciens et passaient donc leur "loisirs" chez eux à la poterie. Michel précise que "c'est comme avoir des vaches, il faut s'en occuper toute l'année, car quand les pièces sont enfournées, il ne faut pas attendre trop longtemps pour les cuire, sinon elles sont foutues".

Enfin, lorsque nous relevons les raisons de la fin de l'activité, la fatalisme est de mise et ce n'est pas tant le manque de clientèle qui a posé problème mais le manque de main-d'œuvre qualifiée. La poterie n'a jamais été un lieu de formation, "les ouvriers venaient de Ferney, du Grand-Saconnex et il y en a un qui venait de Montbrillant" concluent Michel et Fernand.

Informations basées sur un entretien avec les frères Michel et Fernand Knecht, le 27 octobre 2014.

Reportage de 2002 sur la poterie Knecht : https://www.youtube.com/watch?v=CwlFSvj14Vo

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