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La saga d’un journal valaisan pas comme les autres: Dimanche (1993-1996)

janvier, 1993
Valais
Jean-Yves Gabbud

Quelques années avant de l’arrivée du quotidien 20 Minutes, le Valais a vécu l’expérience d’un journal gratuit, sous la forme d’un hebdomadaire dominical «Dimanche», qui paraît pour la première fois au début 1993 (à ne pas confondre avec Dimanche.ch qui paraîtra en 1999, sans aucun lien).

JR: le fondateur

L’idée est celle d’un homme d’affaires inventifs, Jacques Roux de Grimisuat. L’homme, proche idéologiquement du Parti libéral, est connu pour avoir créé une usine de fabrication de bouchons. C’est lui aussi qui crée Sion Expo, le pendant sédunois du Comptoir de Martigny (devenu Foire du Valais), une foire exposition qui a comme particularité de se dérouler sous des bulles gonflables.

Jaques Roux, appelé JR (en référence au personnage de la série Dallas) lance aussi une agence de voyage. En plus des excursions en cars, il propose des vols depuis l’aéroport de Sion vers plusieurs destinations touristiques.

C’est de l’agence de voyage qu’est partie l’idée d’un journal. JR consacre énormément d’argent pour faire la publicité pour ses voyages. Il se dit que s’il avait son propre journal, autofinancé, il pourrait avoir de la publicité gratuite.

Comme le Nouvelliste ne paraît pas le dimanche en Valais, il choisit ce jour-là pour toucher les lecteurs valaisans.

Des cafés valaisans à la Suisse romande

Les premiers exemplaires, qui sortent de l’imprimerie Schoechli à Sierre (l’éditeur du Journal de Sierre) sont distribués gratuitement dans les cafés ouverts le dimanche. L’éditeur est JR Edition touristique.

Cette solution n’est pas satisfaisante. JR a alors l’idée de mettre en place des caissettes à journaux aux quatre coins du Valais romand.

L’idée fonctionne bien et a rapidement un impacte positif sur le développement des affaires de l’agence de voyage.

Comme les clients de l’agence proviennent d’une grande partie de la Suisse romande, le réseau de caissettes à journaux est étendu sur les cantons de Vaud et de Fribourg et le tirage du journal est fortement augmenté.

La rédaction

L’idée de départ de JR était d’utiliser essentiellement des dépêches d’agences pour réaliser son journal, avec quelques contributions (dont la sienne pour le premier numéro). Une employée de l’agence, Michèle Nicolas, est chargée de rédiger de grandes interviews.

Deux journalistes sont finalement engagés. Jean-Yves Gabbud (auteur de cet article), qui est nommé rédacteur en chef, et Hervé Lochmatter, qui s’occupe de la partie sportive du journal.

Lors de la brève aventure en Suisse romande, des correspondants sont engagés pour les cantons de Vaud et de Fribourg.

Déficit d’organisation

Les affaires de l’agence de voyage et du journal prennent une dimension importante. De plus en plus d’avions décollent depuis Sion.

Mais Jacques Roux est un manager à l’ancienne. Il fonce sans tenir compte de toutes les conséquences de ses décisions. Par exemple, pour l’implantation des caissettes à journaux, il n’attend pas d’avoir obtenu d’autorisations des communes ; lorsqu’un article critique sur Martigny sera publié, le président Pascal Couchepin fera retirer les caissettes, celles-ci n’ayant pas été autorisées.

Certaines options prises s’avèrent coûteuses. Par exemple, la rédaction est basée à Sion ; elle reçoit sur un téléscripteur les dépêches d’agence ; celles-ci sont découpées et faxées chez l’imprimeur à Sierre où des opératrices de saisie les tapent.

La comptabilité de l’entreprise se résume à un carnet du lait, avec entrées et dépenses. Le patron ne mesure pas qu’une partie de ses activités sont déficitaires. Son affaire fait rapidement faillite.

Le Nouveau Dimanche

L’imprimeur, Benoît Schoechli, et la rédaction décident de poursuivre l’aventure. Le nom du journal devient Le Nouveau dimanche. Il se recentre sur le Valais, son rythme de parution varie, mais est essentiellement un bimensuel.

Une société anonyme, Le Nouveau Dimanche SA, est créée. Plusieurs actionnaires apportent leur contribution au capital. Aucun d’eux ne sera majoritaire. Propriétaire d’un garage, Denis Steiner, est nommé président. Il se retirera quelque temps plus tard au profit de Jean-Yves Gabbud.

Le journal attaqué

Le Nouveau Dimanche devra faire face à une situation inattendue. Des individus vident les caissettes à journaux et détruisent les exemplaires qui s’y trouvent. Le journal mandate une entreprise de surveillance qui intercepte ces personnes.

Il s’avère que les videurs de caissettes sont des fidèles de la Fraternité saint-Pie X d’Ecône qui n’acceptent pas le contenu de certains articles et, surtout, la présence dans les pages du Nouveau Dimanche d’annonces érotiques (c’est l’époque des téléphones roses) et celles de voyants.

L’affaire est portée en justice, mais un juge décrète qu’on ne peut pas accuser de vol une personne qui subtilise un journal gratuit. La société éditrice fait alors faillite.

Le Nouveau Dimanche paraît 95 fois entre 1994 et fin 1996.

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Jean-Yves Gabbud
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10 janvier 2021
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