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Darbystes en Suisse romande Repérage

1845
David Glaser, le web éditeur

La fin des années 90 sonne comme un concert cacophonique pour l'Assemblée des Frères darbystes en Suisse. La communauté religieuse évangélique ayant suivi les préceptes de l'Irlandais Darby dans les années 1840, connaît des difficultés au sein de ses assemblées romandes. Des divergences menant à une séparation d'une quinzaine d'assemblées sur un total d'une quarantaine. Par ailleurs, les Darbystes, très productifs et heureux en affaires accumulent les difficultés, leurs entreprises, André & Cie ou Friderici connaissant des soubresauts particulièrement douloureux, voire des pertes importantes menant pour l'entreprise de trading de grains à la faillite début des années 2000.

Avant le passage à l'an 2000, l'état d’esprit et les méthodes de plusieurs assemblées de Frères aux penchants libéraux, moins stricts dans leur façon de porter et de vivre le message du Christ, posent problème. Les communautés de Vevey, Morges, Aubonne, Rolle, Nyon dans le canton de Vaud, celle de Genève ou encore celle de Bienne maintiennent pourtant le cap traditionaliste.

Une pratique plus moderne contestée

Les autres ont recours à l’utilisation de diapositives, à des instruments de musique pour accompagner le chant et d'autres pratiques s'écartant d'une ligne de conduite rigoriste et cela entraîne un schisme au sein des Assemblées. Celles de Lausanne et de Chexbres dans le canton de Vaud et celle de Sonceboz dans le Jura bernois montrent une ouverture d'esprit qui va mener au schisme.

Si dans le monde francophone, le débat est vif, dans le monde germanophone et en Hollande aussi, il entraîne une réflexion sur la pertinence de vivre « coupés du monde ». Le mouvement darbyste existe en Suisse romande depuis 1845. C'est au cœur des années 1820 que des assemblées dissidentes de l’anglicanisme s’étaient formées en Angleterre. Sous l’influence d’un ancien prêtre anglican nommé John Nelson Darby (1800-1882), une scission se produisit en 1845 entre les «Frères étroits» – qui suivirent Darby – et les «Frères larges» qui se réclamaient de George Müller (1805-1898).

Aussitôt décriées par les autorités vaudoises

En 1855, les Assemblées étaient au nombre de cinquante en Suisse, certaines comptant jusqu'à 200 membres. Elles furent décriées par les autorités civiles et ecclésiastiques, surtout dans le canton de Vaud où elles étaient les plus nombreuses.

A la fin du XXe siècle, il y a soixante assemblées pour près de 3000 membres, dont les deux tiers en Suisse romande. Les assemblées ne reconnaissent pas de ministère pastoral institué. L'autorité est répartie entre "Frères". Les prières spontanées, cantiques et célébration de la cène réservée aux membres constituent le culte.

La politique non, l'entreprise oui

Le darbysme se base sur une lecture littérale de la Bible, le rigorisme moral, le refus du contact avec d'autres Eglises et l'abstention d'engagement politique. Il a toutefois produit des personnalités entreprenantes sur le plan économique comme Georges André. Les Darbystes ont eu un rôle important dans l'économie romande. Plusieurs entreprises au rayonnement national et international ont été fondées par des Darbystes, c'est le cas de la société Friderici à Morges ou de la compagne de la famille André, célèbre pour avoir développer une activité autour du trading des grains.

Une faillite qui fait tâche

L'entrée dans le XXIe siècle a été difficile. La chute de la maison André a eu un énorme impact sur la communauté darbyste. L'assemblée des frères était liée depuis des générations à la multinationale du grain. La faillite d'André a été vécue comme un traumatisme car la banqueroute était vue comme une humiliation, une des causes pouvant mener à l'exclusion de la communauté. Les valeurs du travail bien fait, dans la rigueur et la discrétion, n'ont pas permis de sauver une entreprise lourdement endettée qui perdait plusieurs années de suite des dizaines de millions de francs. André a dû se séparer de ses activités argentines. C'est le groupe Noble qui les a acquises. Les effectifs du groupe ont fondu comme neige au soleil au début du XXIe siècle pour mener à la fermeture définitive d'André.

Photo de l'entreprise Friderici, en 1929 le 10 juin (collection Michel Bezençon)

Crédits des sources: Le Temps, DHS, Cath-Info

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10 novembre 2020
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