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Introduction aux techniques de reproduction de documents

24 mars 2018
Matthias Thomann
Bibliothèque de Genève

Préservation du document original

La reproduction d'un document ne doit en aucun cas l'altérer. Avant de commencer, il faut se poser la question « Jusqu'où puis-je aller sans faire de dégâts ». Les risques sont multiples. Pour des documents reliés, le principal danger est d'endommager la reliure. Certaines reliures ne permettent pas d'ouvrir suffisamment le livre pour pouvoir le reproduire correctement. Les reliures à dos collé sont souvent aussi fragiles.

L'utilisation d'un scanner à plat n'est pas idéale pour numériser un livre. Des pages peuvent facilement se plier lorsque le livre est retourné. Par ailleurs, la manipulation des documents laisse souvent des traces. Il est impératif de bien se laver les mains avant de commencer le travail.

Lors de la manipulation de films (négatifs ou diapositives), le port de gants évite de laisser des empreintes sur l'image.

Scanner à livres Qidenus pour des ouvrages à angle d'ouverture limité.

Éclairage

Le but est d'éclairer uniformément le document en évitant les reflets et les ombres. En principe au minimum deux sources lumineuses sont placées de manière à former un angle de 45 degrés par rapport au document. Il est possible de varier cet angle pour répondre aux différentes caractéristiques d'un document. Par exemple, si le document est brillant, il peut s'avérer utile de diminuer l'angle d'éclairage ; pour faire briller une dorure, il faut parfois l'augmenter. L'utilisation d'un flash monté sur l'appareil photo ne donne pas de bons résultats.

Il est aussi possible de travailler avec la lumière du jour venant par exemple d'une fenêtre.

La température de la lumière est exprimée en degrés Kelvin et il convient de régler l'appareil photographique en conséquence (balance des blancs). La lumière du jour est de 5500 degrés Kelvin.

Banc de reproduction

L'appareil photo ou le scanner est placé verticalement au-dessus du document. Un des avantages du banc de reproduction est que l'appareil est toujours perpendiculaire au document. Lorsqu'un document est affiché contre un mur, notamment dans le cas des grands formats, le photographe doit visuellement trouver l'axe vertical par rapport au document pour éviter d'introduire des déformations.

En travaillant sur le banc de reproduction, il peut s'avérer nécessaire de placer une vitre ou une plaque en plexiglas sur un document qui se gondole. Il y a alors le risque que des reflets apparaissent. C'est souvent l'appareil photo qui se reflète dans la vitre; il suffit alors de le masquer avec une feuille noire.

Exposition

Pour trouver la "bonne" exposition, il est utile de se servir d'une charte telle que le ColorChecker ou d'une QPcard. Le blanc devrait arriver à des valeurs rouge/vert/bleu (RVB) d'environ 240/240/240. De cette façon le document est reproduit avec la même luminosité que l'original. Parfois nous devons reproduire des documents qui se sont assombris avec les années (peintures, papier journal, etc.). Pour obtenir une reproduction exploitable, il est souhaitable d'augmenter l'exposition pour que la partie la plus claire du document s'approche des valeurs RGB 240/240/240.

D'un point de vue technique, il est préférable d'éviter la sous-exposition lors de la prise de vue car la majorité des nuances est contenue dans les parties claires de l'image. Si une image sombre est souhaitée il est préférable de la créer après coup, à l'aide d'un logiciel de traitement d'image, à partir d'un fichier exposé normalement. Les anglophones appellent cela « expose to the right » (ETTR).

Pour la reproduction, les professionnels de l'image vont utiliser un gamma linéaire afin de maintenir la répartition des valeurs de l'original. Cette possibilité n'existe cependant pas sur de nombreux appareils photographiques courants.

Résolution

La vision humaine permet de distinguer des détails similaires à ce que contient un fichier numérique de 300 pixels par pouce (ppp). Pour une impression identique à l'originale, il convient de reproduire le document à l'échelle 1:1 avec une résolution d'au minimum 300 ppp.

Le niveau de résolution dépend de l'usage que l'on veut faire de l'image. L'intention de publier des détails fortement agrandis exigeront des résolutions très hautes; pour l'affichage sur l'écran la résolution 72 ppp ou 96 ppp suffira. Aujourd'hui la plupart des écrans n'affichent pas des résolutions supérieures. L'évolution va toutefois vers des résolutions d'écrans supérieures.

S'il est toujours possible de dégrader la qualité d'une image (passer de 300 à 72 ppp par exemple), l'inverse n'est pas vrai. On prendra cependant garde à ne pas produire inutilement des images à très hautes résolutions, ces fichiers demandant d'importants espaces de stockage numériques et étant parfois difficiles à manipuler si l'on ne dispose pas de matériel très performant (voir plus bas). Le Centre d'iconographie de la Bibliothèque de Genève scanne ainsi ses images avec une résolution à 300 ppp pour une image 40 cm de large ou de haut.

Gestion des couleurs

Pour reproduire les couleurs les fichiers numériques sont composés d'au minimum 3 couches, une pour le rouge, une pour le vert et une pour le bleu (RVB). Les valeurs RVB d'un pixel ne permettent pas de connaître précisément la couleur du pixel, il faut aussi savoir dans quel espace colorimétrique le fichier est enregistré. L'espace colorimétrique le plus répandu pour une publication sur internet est le sRGB.

Les couleurs affichées à l'écran ou imprimées ne correspondent souvent pas à la réalité. En caractérisant scanners, appareils photos, écrans et imprimantes avec un profil ICC (International Color Consortium), il est possible d'obtenir une reproduction des couleurs très proche de celles de l'original.

Formats des fichiers

Nous pouvons distinguer des formats de fichiers d'acquisition et des formats de fichiers de diffusion. Un format d'acquisition n'est idéalement pas compressé et est très fidèle à l'original (couleurs, contraste). Ce fichier peut être vu comme le fichier maître et est destiné à l'archivage. Le format de fichier TIF est utilisé comme format d'acquisition par des institutions comme la Library of Congress à Washington ou la Bibliothèque de Genève. Le fichier TIF réunit tous les avantages: les images peuvent être enregistrées sans compression et il peut être lu par de très nombreuses applications. Le fait qu'il est reconnu comme format de référence par de nombreuses institutions lui garantit une certaine pérennité. Le seul inconvénient est sa taille importante. A partir de ce fichier, nous pouvons créer les fichiers de diffusion qui eux seront compressés pour réduire la taille et ainsi permettre un affichage rapide. Aujourd'hui encore le format de diffusion principal sur internet est le JPG.

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Bibliothèque de Genève
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22 mars 2018
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