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Édouard LALO, Symphonie espagnole, Jacques THIBAUD, OSR, Ernest ANSERMET, 17 novembre 1941

17 novembre 1941
RSR pour l'audio, René Gagnaux resp. sources citées pour texte et photos
RSR pour l'audio, René Gagnaux resp. sources citées pour texte et photos

La Symphonie Espagnole (1873) fut commandée à Lalo par Pablo de Sarasate, qui la donna en première audition aux Concerts du Châtelet (Paris) le 7 février 1875, un très grand triomphe! C'est certainement le style de Sarasate - que Lalo connaissait bien depuis la première audition de son concerto en fa majeur avec Pablo de Sarasate en soliste - qui inspira à Lalo quelques-uns des passages les plus célèbres de sa Symphonie.

Cette oeuvre - en réalité un concerto plutôt qu'une symphonie - met en oeuvre, très librement, des mélodies sortant du fond populaire espagnol - l'Espagne étant lointainement la patrie de Lalo, né à Lille d'une famille espagnole (qui s'installa dans le Nord pendant la conquête des Flandres). La composition n'est en fait espagnole ni par ses thèmes ni par ses sonorités, mais par certaines tournures rythmiques, par l'atmosphère à la fois claire et langoureuse, âpre et tendre, qui la parcourt, donc par un coloris général. On retrouve toutefois par endroits des citations claires, comme par exemple dans l'Intermezzo central: "[...] la mélodie mélancolique de cette habanera se retrouve presque note pour note dans le recueil de Yradier (*) . La structure mélodique et rythmique de l'andante qui suit s'inspire elle aussi nettement du folklore ibérique. [...]" Michael Stegemann, extrait du texte publié au verso de la pochette du disque DGG 2532 011 (Symphonie Espagnole op.21 & Berlioz - Reverie et Caprice op.8 - Itzhak Perlman Violon, Orch. de Paris, Daniel Barenboim

[*] Recueil "Fleurs d'Espagne" de Sebastian de Yradier

L'oeuvre ne manque vraiment pas d'originalités! "[...] La tonalité s’élève par degrés tout au long des trois premiers mouvements pour aboutir au ton principal de ré (mineur puis majeur) dans les deux derniers. [...] l’oeuvre arbore dans chacun de ses mouvements un subtil motif en triolet - s’y ajoute un rondo final particulièrement stimulant, mais aussi, d’emblée, une entrée du soliste de caractère dramatique au terme d’une introduction orchestrale minimale. Ainsi que Hugh Macdonald l’a souligné, «la fraicheur de son langage mélodique et orchestral est impérissable», Lalo s’appuyant sans cesse sur des rythmes et motifs espagnols caractéristiques, surtout dans l’introduction orchestrale, plus développée, de l'Intermezzo médian.

En 1923, Paul Dukas proclamait avec lyrisme Lalo héritier de Berlioz sur le plan de l’orchestre, vantant «sa tendance à l’expression pittoresque et cette loi nouvelle, inconnue aux classiques, qui veut que chaque idée particulière crée autour d’elle une atmosphère sonore qui lui soit propre» (Les Écrits de Paul Dukas sur la musique, Paris, SEFI, 1948 - «Édouard Lalo», mars 1923). On en trouve un bon exemple dans l’introduction du finale, avec ses quintes alternées dans l’aigu des bois et de la harpe par-dessus le volubile basson solo. [...] la virtuosité n’est jamais gratuite, l’oeuvre se parant d’un mouvement lent d’une beauté et d’une concision remarquables qui, débutant en forme de choral sonore, s’épanouit avec une exubérance enflammée destinée à mettre pleinement en valeur la justesse immaculée de Sarasate, sa sonorité opulente et sa technique d’archet parfaitement contròlée.[...]" cité d'un texte de Robert Orledge dans une traduction de Michel Roubinet publié dans le livret du CD EMI 7243 5 57593 2 0.

En 1879, quatre ans après la première audition de sa «Symphonie Espagnole», Lalo écrivait à l'accompagnateur de Sarasate, Otto Goldschmidt: "[...] Artistiquement, un titre ne signifie rien; l'oeuvre seule compte; il s'agit là d'un principe absolu; mais, commercialement, un titre usé, inapproprié produit toujours un effet défavorable. J'ai tenu, envers et contre tous, au titre de «Symphonie Espagnole» tout d'abord parce qu'il me semblait exprimer le plus clairement mes intentions musicales - c'est-à-dire le déploiement d'un violon solo planant au-dessus de la forme rigide de la symphonie traditionnelle - et ensuite parce que ce titre était moins banal que tous ceux qui me furent proposés. Les criailleries de la critique sont oubliées ou en voie de l'être; le titre, lui, survivra et Hans von Bülow m'a écrit, dans une lettre de félicitations, que ce titre heureusement choisi assurait à mon oeuvre une position privilégiée par rapport à toutes les autres [...]" cité d'un texte de Paul Hume publié au verso de la pochette du disque RCA LSC 3073 B (Lalo - Symphonie Espagnole, Ravel - Tzigane, Itzhak Perlman, LSO, Andre Previn)

L'Intermezzo médian - volet le plus „espagnol“ de tous, fondé sur un rythme lent de Habanera - était dans le milieu du siècle passé très fréquemment omis, tant au concert qu'au disque. Omis au concert car ne permettant pas au soliste de briller... et omis au disque parce que celà permettait de mettre la Symphonie Espagnole ainsi raccourcie soit sur un seul disque de 25cm, soit sur une seule face de disque 30cm. Dans l'extrait de concert présenté ici, le soliste est Jacques THIBAUD, accompagné par l'Orchestre de la Suisse Romande sous la direction de son chef titulaire, Ernest ANSERMET.

Ce 4e concert d'abonnement de la saison 1941-1942 fut donné au Théâtre Municipal de Lausanne ...

... le lundi 17 novembre et à Genève au Victoria Hall le mercredi suivant; la première partie - enregistrée par Radio-Genève - fut diffusée en direct sur Sottens, la deuxième partie - enregistrée par Radio-Lausanne - fut diffusée en différé sur Sottens le dimanche suivant.

L'interprétation de Jacques Thibaud fut très bien reçue par la critique, par exemple...

"[...] On pouvait s'attendre à un succès de Jacques Thibaud. Le résultat a dépassé les espérances: cinq rappels n'épuisèrent l'enthousiasme du public! L'archet du grand violoniste français est, en son genre, unique. Pour la longueur, pour la souplesse, pour le charme, il est hors de pair. Il tire de la corde les sonorités les plus délicates, les plus troublantes; il rend le fin détail de l'ornementation mélodique, et lorsqu'il s'anime dans l'élan d'un trait, véritablement il étincelle. La Symphonie espagnole de Lalo peut plaire plus ou moins. Rendue avec un tel art,elle enchante. M. Ernest Ansermet a accompagné Thibaud amoroso! [...]" Albert PAYCHÈRE dans le Journal de Genève du 21 novembre 1941, page 5.

"[...] Jacques Thibaud qui nous est revenu, mieux en forme que jamais, en possession toujours de cette sonorité unique, de cette pureté de son qui ont fait sa gloire et sa célébrité. En possession d’un mécanisme éblouissant, Jacques Thibaud a, en plus de ses collègues de l’archet, ce charme qui tient du sortilège et dont on ne sait s’il nous est communiqué par l’homme ou par l’artiste. Pour la mise en valeur de qualités pareilles, aucune oeuvre au monde ne pouvait se révéler meilleure que la Symphonie espagnole de Lalo, dont le romantisme nettement déclaré échappe à la loi des ans et brave ses cinquante ans d’âge.

Écrite pour le violon, l’oeuvre est bien faite pour extérioriser toutes les ressources propres à l’instrument, préoccupation qui n’a plus guère d’importance au sein de la noble corporation des compositeurs modernes. Mais la Symphonie espagnole nous apporte plus encore que ce souci d’une judicieuse écriture instrumentale; elle nous communique cette sensibilité nostalgique qu’Edouard Lalo affectionne outre mesure et qui se perçoit encore dans le Concerto russe ou le Concerto en fa.

Jacques Thibaud a fait de la Symphonie espagnole son cheval de bataille: on comprend aisément ce goût du virtuose pour cette oeuvre qui lui convient à merveille et où la pensée du compositeur et la mentalité de l’interprète se rejoignent intimement. Accueilli avec grande sympathie, Jacques Thibaud connut un triomphe et des rappels sans fin. Il partagea son succès avec Ernest Ansermet qui avait accompagné la Symphonie avec beaucoup de soin et d’exactitude.[...]" Henri JATON dans la Tribune de Lausanne du 20 novembre 1941 en page 3.

L' enregistrement que vous écoutez...

Édouard Lalo, Symphonie espagnole, Op. 21, Jacques Thibaud, Orchestre de la Suisse Romande, Ernest Ansermet, 17 novembre 1941, Théâtre Municipal de Lausanne

  1. Allegro non troppo 07:46 (-> 07:46)
  2. Scherzando 04:31 (-> 12:17)
  3. Andante 07:21 (-> 19:38)
  4. Rondo: allegro 08:21 (-> 27:59)

Provenance: Radiodiffusion, archives de la RSR resp. RTSR

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René Gagnaux
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19 octobre 2020
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