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Richard STRAUSS, Sonate pour violoncelle et piano Op. 6, TrV 115, Giorgi KHARADZE, Julien GERNAY, 2009

7 juin 2009
Genève
R.Gagnaux resp. sources citées
R.Gagnaux resp. sources citées

Un avertissement de Franz Strauss à son fils Richard au début des années 1880 alors qu'il travaillait à sa sonate pour violoncelle et piano... "[...] Er möge „nicht zu schnell und nicht zu viel“ an dem Stück arbeiten, auch „etwas kritischer zu Werke gehen, denn nicht alles, was einem gerade einfällt, ist auch wert, niedergeschrieben zu werden“ [...]" (Walter Werbeck / Willi Schuh, Richard Strauss. Jugend und frühe Meisterjahre. Lebenschronik 1864-1898, Zürich 1976, page 70)

René Gagnaux
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Richard Strauss et son père Franz vers 1901, photographe inconnu

Sa première version fut terminée le 5 mai 1881 (1er mouvement: 4 mars, 2e mouvement 12 mars, 3e mouvement 5 mai 1881, d'après Walter Werbeck), mais ensuite entièrement revisée: "[...] Anstelle des ursprünglichen Larghetto steht nunmehr ein von nachdenklichen Zügen bestimmtes Andante in d-Moll. Das im 6/8-Takt stehende, mit Allegro vivo übertitelte effektvolle Finale weist Elemente eines Scherzos auf, zeugt zudem von Strauss’ eminenter Kenntnis der Klangwelten Mendelssohns und Schu­manns. Der Stirnsatz ist durch klar charakterisierte Themen bestimmt und überrascht mit einem Fugato. [...]" Walter Dobner dans le livret du CD Oehms Classics OC 1701 (2018).

Terminée en mars 1883, la sonate fut donnée en première audition le 8 décembre suivant par son dédicataire Hanuš (Hans) Wihan au violoncelle et Hildegard von Königsthal au piano: dans les années 1880-1890, Hanuš Wihan enseignait au Mozarteum de Salzburg et était violoncelle solo de la «Königlich Bayerischen Hofkapelle», dans lequel Franz Strauss, le père de Richard, était corniste solo - d'où d'étroits contacts entre eux.

René Gagnaux
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Richard Strauss lui a aussi dédié une deuxième de ses oeuvres de jeunesse, la Romance en Fa majeur pour violoncelle et orchestre, op. 13, TrV 118. Les deux oeuvres eurent un succès immédiat. La popularité des deux pièces incita Richard Strauss à donner de la romance "[...] une version pour piano à usage domestique, le séduisant Andante cantabile. Et quand la sonate fut jouée à Dresde, onze jours après sa création, par le violoncelliste Ferdinand Böckman avec Strauss lui-même au piano, le père Strauss reçut d’un spectateur une lettre qui ne tarissait pas d’éloges sur le concert: “L’excellente sonate de Monsieur votre Fils a été vigoureusement applaudie au sein de la Société des Compositeurs. Il faut dire que c’est un morceau superbe, débordant de fraîcheur, d’énergie et de santé; votre fils est une force de la nature.” L’enthousiasme suscité par cette sonate longue d’une demi-heure à peine est dû à l’équilibre subtil entre un respect spontané de la tradition et des accents qui annoncent déjà le musicien visionnaire.

Cependant, le jeune compositeur était assez avisé pour ne pas vouloir se hausser tout de suite au niveau de Brahms: le XIXe siècle auquel il se réfère est plutôt celui de Schumann et surtout de Mendelssohn-Bartholdy. Cela est évident dans le finale, cet Allegro vivo qui remplace le mouvement initialement projeté. De Mendelssohn, on y retrouve aussi bien le Trio avec piano op.66 que des idées tirées de la Symphonie Écossaise. [...]" Guido Fischer, traduction de Brigitte Hébert, dans le livret du CD Harmonia Mundi HMA 1951836.

Cette sonate est restée la seule que Richard Strauss composa pour violoncelle et piano. Une courte description:

"[...] dès le premier mouvement, Allegro con brio, Strauss se montre féru d’expérimentation. Après une introduction aux allures de fanfare – qui valut d’ailleurs à Strauss les félicitations de Joseph Joachim en personne – le thème principal est exposé au violoncelle. Mais c’est pour opposer aussitôt, ainsi que le thème secondaire, deux caractères nettement contrastés – vigueur héroïque et lyrisme alangui. Et après le développement, le mouvement se termine sur un fugato à quatre voix avant de récapituler le matériau initial.

L’Andante ma non troppo, en revanche, est d’une grande simplicité, une “romance sans paroles” de la meilleure veine mendelssohnienne, à laquelle Strauss confère une teinte mélancolique et une émotion semblable à celle qui émane d’un choral. Quant au mouvement final, il ne sidère pas seulement par ses pauses théâtrales et ses effets contrapuntiques. Sous la désinvolture et la virtuosité provocantes, des harmonies d’une impertinence ludique préfigurent les aspects burlesques du langage orchestral de Strauss, annonçant de loin Till l’espiègle et Elektra.

Le compositeur aurait dû éprouver une certaine fierté rétrospective pour avoir possédé dès son jeune âge une technique aussi évoluée. On est d’autant plus surpris par le jugement qu’il porte sur sa sonate sept ans après le concert de Dresde, avouant à son ami Alexander Ritter : “Cela m’a paru vraiment trop drôle de jouer bien sérieusement aux gens un morceau auquel on ne croit plus soi-même.” [...]" Guido Fischer, traduction de Brigitte Hébert, dans le livret du CD Harmonia Mundi HMA 1951836.

Grâce à la générosité de la Radio Télévision Suisse et de ses archives librement disponibles en ligne, nous pouvons en écouter une interprétation diffusée dans l'un des volets de la série d'émissions «INÉDIT» d'Antonin Scherrer et Luc Terrapon, diffusé le 14 février 2020 sur «RTS ESPACE 2».

Dans une prise de son du 7 juin 2009 faite dans le Studio Ansermet de la Radio Suisse Romande à Genève, dans le cadre de la Saison 2008-2009 de „La Tribune des jeunes musiciens“, nous pouvons écouter Giorgi KHARADZE au violoncelle et Julien GERNAY au piano dans une partie d'un récital violoncelle - piano avec des pages de Beethoven, Strauss, Ligeti et Rachmaninov:

René Gagnaux
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CLIQUER ICI pour ouvrir une nouvelle fenêtre sur la page correspondante des archives de la RTSR, avec l'audio démarrant au début de la présentation d'Antonin Scherrer.

Le sommaire de ce volet diffusé le 14 février 2020 dans la série d'émissions «INÉDIT» d'Antonin Scherrer et Luc Terrapon:

➣ (0:00:13 / 0013) Johann Sebastian Bach, Ich habe genug, Cantate pour la Purification de la Vierge, BWV 82, Gli Angeli, Stephan MacLeod, 5 février 2007, Église de la Madelaine, Genève

➣ (0:21:00 / 1260) Frank Martin, Petite symphonie concertante pour harpe, clavecin, piano et 2 orchestres à cordes, Xavier de Maistre, Dénes Várjon, Jory Vinikour, Orchestre de Chambre de Lausanne, Armin Jordan, 6 septembre 2002, Salle Métropole, Lausanne

➣ (0:44:01 / 2641) Richard Strauss, Sonate pour violoncelle et piano en fa majeur, Op. 6, TrV 115, Giorgi Kharadze, Julien Gernay, 7 juin 2009, Studio Ansermet de la radio, Genève

➣ (1:09:18 / 4158) Wolfgang Amadeus Mozart, Concerto pour violon et orchestre no 2 en ré majeur, KV 211, Renaud Capuçon, Salzburg Camerata, Renaud Capuçon, 28 janvier 2018, Salle de musique de La Chaux-de-Fonds

➣ (1:29:32 / 5372) Johannes Brahms, Trio pour piano, violon et violoncelle no 1 en si majeur, Op. 8, Trio Johannes (Claudio Voghera, Francesco Manara, Massimo Polidari), 21 janvier 2001, salle de l'Hôtel de Ville de Sierre

➣ (2:05:01 / 7501) Igor Strawinski, L'histoire du soldat, Petite suite pour violon, clarinette et piano, Angela Yoffe, Chen Halevi, Vadim Gluzman, 26 janvier 2009, Conservatoire de Genève

Entre () ci-dessus: minutage - en heure:minutes:secondes / secondes - sur le début de la présentation d'Antonin Scherrer. Cliquer sur le minutage en secondes pour ouvrir une nouvelle fenêtre sur la page correspondante des archives de la RTSR, avec l'audio démarrant à l'endroit désiré.

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René Gagnaux
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18 février 2020
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