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Claudio MONTEVERDI, Laetatus sum à 5, pour choeur, solistes et orchestre (P.9, Messa a 4 voci et Salmi, 1650), Ensemble Vocal et Instrumental de Lausanne, Michel CORBOZ, 1967

1967
Erato pour la prise de son, René Gagnaux - resp. sources citées - pour photos, texte et la restauration de l'enregistrement
Erato pour la prise de son, René Gagnaux - resp. sources citées - pour photos, texte et la restauration de l'enregistrement

Monteverdi par Michel CORBOZ, son légendaire coffret „Selva morale e spirituale“ et l'oeuvre religieuse pour Saint-Marc de Venise qu'il enregistra en 1967... 8 disques, j'éspère avoir la patience d'en restaurer la totalité , pour vous les proposer ici, peu à peu, au cours des mois qui vont suivre...

Cité des abondantes et splendides notes de Harry HALBREICH publiées en 1969 dans le livret du coffret ERATO MSM 1, une courte présentation de la „Selva morale e spirituale“ et l'oeuvre religieuse pour Saint-Marc de Venise, telle qu'enregistrée par Michel CORBOZ en 1967 en l'Église Notre-Dame (Valentin) à Lausanne (prise de son: Guy LAPORTE):

"[...] Claudio Monteverdi à Saint-Marc

À la tête de sa maîtrise de trente chanteurs et de ses nombreux instrumentistes, effectifs pouvant d’ailleurs être considérablement accrus lorsque les circonstances le requéraient, Monteverdi eut à faire face à de multiples obligations, qui lui prirent le plus clair de son temps et de ses forces durant les trente dernières années de sa vie. Si le poste était glorieux et bien payé, ses exigences, en revanche, n’étaient pas minces. Tout comme Bach un siècle plus tard à Leipzig, Monteverdi était chargé d’enseigner le solfège, le contrepoint et le chant à une manécanterie de jeunes garçons, qu’il associait du reste à ses grandes manifestations musicales. Celles-ci devaient couvrir toutes les circonstances de la vie «publique» de la Basilique. Aux grandes fêtes de l’année liturgique, dont certaines comportaient même des manifestations extérieures au périmètre de l’église, telles les grandioses processions de la Sainte-Croix faisant le tour de la Place Saint-Marc, venaient s’ajouter les nombreuses occasions solennelles (une quarantaine par an, en moyenne) associant l’Eglise au pouvoir temporel: intronisations de hauts dignitaires, réceptions de personnalités étrangères et, chaque Jeudi de l’Ascension, la fameuse cérémonie du mariage de la Ville et de la Mer, encore commémorée de nos jours. Enfin, des commandes extérieures à la Basilique, provenant d’autres églises vénitiennes ou de l’une ou l’autre des six «Scuole», à la fois hospices et conservatoires, venaient arrondir les revenus du maître de chapelle, tout en lui occasionnant un nouveau surcroît de travail. Ainsi sollicité, Monteverdi en vint à refuser des commandes d’oeuvres scéniques en provenance de Mantoue (où l’on regrettait, mais un peu tard, son départ) et d’autres lieux.

Lorsque l’on tient compte de ces multiples activités, il faut avouer que le volume des compositions écrites pour Saint-Marc, et dont nous présentons ici l’intégralité, semble bien modeste. Mais aussi n’en possédons-nous qu’une partie, peut-être même la moins importante. Nous connaissons l’existence, attestée par des témoignages, d’importantes partitions aujourd’hui perdues (le Requiem de 1621 , le De Profundis). Combien d’autres ont disparu à jamais ?

À la fin de sa vie, le compositeur septuagénaire éprouva le besoin de réunir par l’édition ses meilleures pages non encore publiées jusque-là. Pareil souci de synthèse suprême animera le vieux Bach préparant pour l’édition le recueil des 18 Chorals de Leipzig. Quant à Monteverdi, il réunit d’abord, en 1638, la fleur de sa production madrigalesque dans le Huitième Livre (Madrigali Guerrieri e Amorosi). Deux ans plus tard, ce fut le tour de la musique d’église. Marqué au millésime de 1640 (mais l’épître dédicatoire est datée du 1er mai 1641!), le recueil dit:

SELVA MORALE E SPIRITUALE di Claudio MONTEVERDI, Maestro di Cappella della Serenissima Republica di Venetia,

Dedicata alla sacra cesarea maestà dell’Imperatrice ELEONORA GONZAGA,

réunit un choix représentatif et varié de la production vénitienne de Monteverdi. De même que le fidèle éditeur vénitien de Monteverdi, Alessandro Vincenti, fit paraître un Neuvième Livre de Madrigaux, posthume (1651) , réunissant les pages encore inédites, de même il sauva de l’oubli, grâce à l’impression, quinze pages religieuses, jamais imprimées auparavant, en publiant, en 1650 (lettre dédicatoire du 11 décembre 1649) , le recueil:

MESSA A QUATTRO VOCI ET SALMI a una, due, tre, quattro, cinque, sei, sette & otto voci, concertato, e Parte da Cappella, & con le Letame della Beata Vergine

del Signor Claudio MONTEVERDE, Già maestro di cappella della Serenissima Republica di Venetia, dedicata al Rmo P.D. Odoardo Baranardi...

Ce titre indique la présence, à côté de pages dans le style concertant, d’autres purement a cappella. Or, les deux genres coexistent également dans la Selva Morale, bien que la page titulaire ne le spécifie pas. Enfin, notre connaissance de l’oeuvre religieuse vénitienne de l’auteur de ,l'Orfeo est complétée par les 19 pièces diverses publiées dans des recueils collectifs s’échelonnant de 1615 à 1651.

Ainsi que nous l’avons indiqué dans notre présentation liminaire[...], toute cette production se répartit de manière inégale entre le style «osservato» (moins du tiers) et le style concertant, à grands ou petits effectifs. Il est certain que ce dernier, le style «moderne» de l’époque, correspondait mieux à l’inspiration personnelle du musicien, qui a su pourtant renouveler profondément l’intérêt et le contenu expressif de la vieille polyphonie vocale. S’il a recouru à cette dernière, c’est principalement pour des raisons d’ordre pratique ou liturgique.

Les raisons pratiques sont aisées à comprendre. Même dans une cité aussi fastueuse que Venise, il ne pouvait être question de réunir tous les jours les effectifs grandioses, avec solistes vocaux et nombreux instruments, requis par les pièces de style concertant, et qui étaient réservés aux cérémonies solennelles. Pour les services ordinaires, la maîtrise vocale soutenue par l’orgue devait suffire.

Les raisons liturgiques concernaient les directives de l’Eglise romaine, encline à l’austérité depuis le Concile de Trente et le triomphe officiel de la stricte polyphonie palestrinienne. Or, ces exigences étaient plus strictes pour la Messe que pour l’Office des Vêpres, pour lequel les compositions préservées de Monteverdi sont d’ailleurs beaucoup plus nombreuses. [...]"

Ouvrant le premier disque, le Laetatus sum à 5, pour choeur, solistes et orchestre (P.9, Messa a 4 voci et Salmi, 1650):

"[...] 1. LAETATUS SUM a 5 strumenti et 6 voci (P. 9) , à ne pas confondre avec P. 10, pièce écrite dans le style «osservato» sur le même texte.

L’oeuvre que voici mobilise des effectifs imposants: six voix (2 Sopranos, 2 Ténors, 2 Basses, mais pas de Contraltos!), tantôt solistes, tantôt chorales, et un ensemble instrumental comportant deux parties de violons, deux trombones, un basson et la basse continue. Les instruments à vent sont spécifiés et leur partie est entièrement notée, ce qui, en dehors du «Vespro» de 1610, est sans autre exemple connu dans la production sacrée de Monteverdi. Cette formation est utilisée avec un éclat et une variété dans les contrastes qui en font une des plus remarquables manifestations du style concertant que l’on puisse trouver chez l’auteur d’«Orfeo». Mais la structure musicale est plus étonnante encore: il s’agit en effet d’une gigantesque chaconne sur une basse obstinée d’une seule mesure (quatre notes: sol-sol (octave supérieure)-do-ré), dont la démarche inébranlable s’accélère soudain, au bout de 108 mesures, au verset «propter fratres meos», où l’on passe à la mesure 3/4 (les quatre notes se répartissent alors sur deux mesures, selon le rythme blanchenoire). C'est ici que, remplaçant les solistes, les choeurs interviennent pour la première fois. L'effet de contraste est saisissant. Nulle monotonie dans tout cela, mais un extraordinaire sentiment de puissance et de joie. Soudain, la prodigieuse ronde planétaire s’arrête. À toute volée, sans préparation, les choeurs attaquent le «Gloria» doxologique en mi majeur (dominante de la majeur), alors que nous n’avions jamais quitté sol. Ce soudain changement d’éclairage est d'un effet aussi fort (et aussi génialement simple) que la modulation à la fin du «Boléro» de Ravel. Au bout de 18 mesures en blocs massifs d’accords homophones, l'«ostinato» reprend dans sa forme première pour la radieuse conclusion, qui fait alterner les vocalises extasiées du soprano solo avec l’ensemble des choeurs. L’oeuvre entière fait penser à un gigantesque carillon de fête. [...]" cité des abondantes et splendides notes de Harry HALBREICH publiées en 1969 dans le livret du coffret ERATO MSM 1.

Le texte chanté:

Les interprètes des 6 oeuvres publiées sur ce premier disque: Wally STAEMPFLI, soprano, Magali SCHWARTZ, alto, Philippe HUTTENLOCHER, baryton, François LOUP, basse, Ensemble Vocal et Instrumental de Lausanne, Michel CORBOZ.

Claudio Monteverdi, Laetatus sum à 5, pour choeur, solistes et orchestre (P.9, Messa a 4 voci et Salmi, 1650), Ensemble Vocal et Instrumental de Lausanne, Michel CORBOZ, 1967, Église Notre-Dame (Valentin), Lausanne 07:53

Provenance: ERATO STU 70386, restauré par mes soins

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René Gagnaux
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14 avril 2022
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