Nous analysons de façon anonyme les informations de nos visiteurs et membres, afin de leur fournir le meilleur service et satisfaire leurs attentes. Ce site utilise également des cookies, notamment pour analyser le trafic. Vous pouvez spécifier dans votre navigateur les conditions de stockages et d'accès aux cookies. Voir plus.
00:00:00
00:15:18

J. Haydn, Hob VIIe:1, Paolo Longinotti, OSR, Ernest Ansermet

9 novembre 1953
Disques DECCA
René Gagnaux

**Joseph HAYDN, Concerto pour trompette et orchestre en mi bémol majeur, Hob VIIe:1, Paolo LONGINOTTI, trompette, Orchestre de la Suisse Romande, Ernest ANSERMET, 05./09.11.1957, Genève, Victoria-Hall, Decca LW 50185

C'est lors de son premier séjour à Londres - 1791-1792 - que Joseph Haydn fait la connaissance des derniers développements techniques de la trompette:

"[...] certains trompettistes anglais utilisaient un dispositif mécanique sur leur instrument, qui par le jeu d'un coulisseau rétractable était capable de corriger les intonations imparfaites ou de doubler le nombre de notes de la gamme limitée de la trompette «naturelle». Haydn témoigne également d'une seconde invention (conservée au Museum de Londres), une trompette d'argent faite pour l'orchestre privé du roi George III, qui comportait des ouvertures de «ventilation»: ces petits trous permettaient d'accorder l'instrument plus précisément et d'obtenir des notes plus nombreuses. Les instruments expérimentaux de ce type n'étaient pas inconnus à Weimar et Dresde, mais ce sont les inventions anglaises qui pousseront Anton Weidinger à fabriquer, entre 1793 et 1796, la première trompette entièrement chromatique, pour laquelle Haydn écrira son fameux concerto. [...]"

De retour à Vienne Joseph Haydn décrit ces progrès à son ami trompettiste Anton Weidinger. Joseph Haydn compose ce concerto en 1796 (son seul concerto pour trompette), mais ce n'est que quatre ans plus tard qu'Anton Weidinger décide de le jouer en public, le 28 mars 1800 au Burgtheater de Wien. Le Wiener Zeitung du 22 mars 1800 annonçait le concert en ces termes:

"[...] *«Académie de Musique: le soussigné a reçu l'autorisation de donner un concert magistral au Théâtre National de la Cour Royale Impériale ce 28 mars. Son intention, en cette occasion qui lui est donnée, est de présenter au monde, pour la première fois, une trompette de son invention et de sa facture, après sept années de dur et coûteux labeur. L'instrument, selon lui, peut être décrit comme étant parfait: il contient plusieurs touches (Klappen) et sera à l'honneur d'un concerto spécialement écrit pour cet instrument par Monsieur Joseph Haydn, Docteur ès Musique, puis dans un Aria de Monsieur Franz Xav. Süssmayer, Kappellmeister du Théâtre de la Cour Royale Impériale. Anton Weidinger, trompettiste du Théâtre et de la Cour Royale Impériale, a l'honneur d'annoncer ledit concert par les présentes»

La trompette d'Anton Weidinger était conçue dans le ton militaire de mi bémol; trois touches couvraient des ouvertures placées de manière stratégiques pour augmenter les harmoniques par demi-ton (une quatrième touche aurait produit un si naturel bas, note qui, comme par hasard, est absente du concerto de Haydn). Ce concerto est la dernière oeuvre purement orchestrale de Haydn et sa composition est typique des oeuvres de la fin de sa vie: deux flûtes, deux hautbois, deux bassons, deux cors, deux trompettes d'orchestre, des tympans, des cordes et, pour la basse continue, un pianoforte, accompagnent le soliste. On imagine aisément la surprise de l'audience (tristement peu nombreuse) lorsqu'elle découvre, pour la première fois en ce 28 mars 1800, les mélodies graves du nouvel instrument.

Le premier mouvement est composé selon le schéma traditionnel de la sonate; typique de Haydn, le second sujet reprend le thème d'ouverture dans la relative mineure, technique jadis impossible pour la trompette. Par moments, les fioritures évoquent l'ancien clarino dans les notes plus aiguës: Haydn écrit même le mot clarino sous la ligne de trompette soliste, suggérant ainsi qu'il attend le style plus vocal de l'ère Baroque. Le deuxième mouvement cantabile, très connu de nos jours, donne à la trompette, pour la première fois, une ligne mélodique lyrique dans son octave du milieu. Le Rondo final démontre le potentiel technique de la nouvelle invention de Weidinger et prouve qu'elle peut être tout aussi agile qu'un autre instrument à vent*.[...]"

Ces citations sont extraites des notes rédigées en 2001 par H.C. Robbins Landon & Crispian Steele-Perkins pour Hyperion, dans une traduction de Marie Luccheta.

La partition peut être téléchargée sur la page correspondante de l'IMSLP.

Dans l'enregistrement que je vous propose ici, le soliste est Paolo LONGINOTTI, Ernest ANSERMET dirige son Orchestre de la Suisse Romande. Selon la discographie Decca de Philip Stuart, les séances d'enregistrement ont eu lieu les 5 et 9 novembre 1957, comme d'habitude au Victoria Hall de Genève.
L'enregistrement paraît pour la première fois en juillet 1958 sur les disques LXT 5427 et LL 3030 - en mono - puis une année plus tard - en juillet 1959 - sur le disque CS 6091 - en stéréo. Sur ces disques se trouvent également le concerto pour flûte KV 314 de Mozart - avec André Pépin en soliste - et l'Adagio et Allegro pour cor et orchestre Op. 70 de Schumann, dans une orchestration d'Ernest Ansermet, avec Edmond Leloir en soliste.
Les deux concertos paraissent l'année suivante - en avril 1960 - sur le 10" / 25 cm BR 3037 - en mono - et en avril 1962 sur le SWL 8017 - en stéréo, ainsi que sur ce Decca LW 50185, en mono. C'est un exemplaire de ce dernier que j'ai utilisé pour cette restauration.
L'enregistrement est paru très tard sur CD, en mai 2009 chez Decca Australie dans leur admirable série Éloquence, CD 480 0378, avec les symphonies No. 22 et 90 de Joseph Haydn, ainsi que le concerto pour trompette et orchestre de Johann Nepomuk Hummel, tous en stéréo et actuellement disponible sur catalogue, voir par exemple sous ce lien de Buywell pour plus de détails.

À noter que dans les 1er et 3e mouvements Paolo Longinotti joue ses propres cadences.

L'enregistrement que vous écoutez:

Joseph Haydn, Trompetenkonzert in Es-Dur, Hob VIIe:1, Paolo Longinotti, trompette, Orchestre de la Suisse Romande, Ernest Ansermet, 05./09.11.1957, Genève, Victoria-Hall, Decca LW 50185

1. Allegro (Cadence: Paolo Longinotti)** 06:01***/06:01*
2. Andante** 03:44***/09:45*
3. Allegro (Cadence: Paolo Longinotti)** 05:32***/15:17*

Decca LW 50185, TRL-904-1B -> WAV -> léger à moyen DeClick avec ClickRepair, des réparations manuelles -> MP3 320 kbps, le tout effectué par moi-même: l'enregistrement est donc de ce fait libre de droits d'autres personnes ou sociétés, le disque étant paru pour la première fois il y a plus de 50 ans, et le compositeur et autres ayants droits décédés il y a plus de 70 ans.
L'enregistrement peut être aussi téléchargé sur la page suivante de mon site, en format FLAC (donc comprimé sans pertes):

http://www.renegagnaux.ch/14601/37601.html**

Vous devez être connecté/-e pour ajouter un commentaire
Pas de commentaire pour l'instant!
René Gagnaux
1,477 contributions
14 juillet 2013
933 vues
0 like
0 favori
0 commentaire
3 galeries
00:15:18
Le Lab
notreHistoire.ch vu à travers des jeux et des expériences singulières !
Le réseau notreHistoire
Sponsors et partenaires
101,377
5,905
© 2020 FONSART. Tous droits réservés. Conçu par High on Pixels.