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Un cadeau empoisonné...

Un cadeau empoisonné...

1965
Pierre-Marie Epiney
Pierre-Marie Epiney

Une quantité de couverts en argenterie baignent au fond de la baignoire familiale. Ils ont été extraits d'une armoire obscure où la patine du temps les avait métamorphosés en objets noirs et peu attrayants. Le remède de grand-mère consistant à les tremper dans une solution d'eau additionnée de sel sur un lit d'aluminium est de nature à leur rendre l'éclat de leur première jeunesse.

Mais d'où vient cette argenterie ?

Dans les années 1965 à 1975, chaque année, au pied de l'arbre de Noël, mon épouse trouvait l'inévitable argenterie offerte par son parrain et/ou sa marraine. Ils s'étaient mis en quête de "faire le trousseau" de leur petite filleule. Inutile de dire la déception de la petite - d'où le titre : un cadeau empoisonné - qui savait faire "bonne grimace à mauvais jeu". Du côté du parrain et de la marraine, cette pratique leur donnait bonne conscience (un cadeau pour le futur) et offrait l'avantage de ne pas trop se poser de question.

Et cette tradition était partagée par nombre de familles valaisannes.

Une amie historienne habitant Sierre me signale que son frère né en 1982 rageait de recevoir à chaque Noël un gobelet en étain. Et le pire, c'est qu'au final, il n'a jamais reçu la channe qui devait constituer le "clou" de la collection.

Alors le jour où la marraine/le parrain a eu l'idée de joindre un petit objet autre à ce cadeau, ce fut un deuxième Noël. Et lorsque le parrain/la marraine ont remplacé l'argenterie par d'autres cadeaux, ce fut un troisième Noël...

Mais à quand remonte cette pratique ? Qu'est-ce que l'a motivée ?

J'avance ici une hypothèse : autrefois les familles bourgeoises constituaient la dot de leur fille : à la literie (draps souvent brodés aux initiales de la jeune fille) se joignait aussi la constitution d'un couvert complet en argent. Puis, l'avènement des "trente glorieuses" (1946 jusqu'au choc pétrolier de 1973) apportera plus d'argent dans les ménages, démocratisant par là même des pratiques jusqu'alors réservées aux riches. Chacun, s'il était parrain/marraine d'une petite fille avait les moyens d'offrir ces objets luxueux, signes d'une certaine aisance matérielle.

Avez-vous un avis différent ?

Puis, peu à peu, cette "coutume" est tombée en désuétude et aujourd'hui, je pense qu'elle n'a plus cours du tout.

Autres questions:

Quel(s) souvenir(s) avez-vous de ces Noëls d'antan où les neiges semblaient éternelles et le mystère de Noël bien présent ?

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