Nous analysons de façon anonyme les informations de nos visiteurs et membres, afin de leur fournir le meilleur service et satisfaire leurs attentes. Ce site utilise également des cookies, notamment pour analyser le trafic. Vous pouvez spécifier dans votre navigateur les conditions de stockages et d'accès aux cookies. Voir plus.

Manifester n'est pas un droit

21 octobre 1982
Place de la Riponne Lausanne
Martine Desarzens
Martine Desarzens

Ce 21 octobre 1982, nous avions été évacué de la salle du Tribunal d'arrondissement de Lausanne et n'avions pas pu entendre le verdict du Juge Grivel.

J'habitais avec mes deux fils âgées de 14 et 16 ans au centre ville dans l'immeuble du célèbre Café de la Glisse à la Louve no 1.

Mon appartement était un rendez-vous de certains manifestants, en 1982 la porte de mon appartement n'était jamais fermée à clé !

Mes fils m'ont dit vouloir aller voir ce qu'il se passerait dans les rues de Lausanne, plus particulièrement à la Place de la Riponne.

Lorsque j'ai rejoint mes fils, la foule était pleine de manifestants, soudain des cars de polices sont arrivés en trombe sur la place de la Riponne, des dizaines des policiers sont sortis en tenues de combat...... je n'avais pas retrouvé mes fils et mon inquiétude était grande.

L'affrontement entre manifestants et policiers était d'une grande violence, des balles en caoutchouc furent envoyé dans la foule, j'en ai reçu une dans le flanc gauche et ressenti une très grande douleur, mais l'inquiétude de retrouver mes fils était plus forte....puis nous avons été repoussés par des jets d'eau très puissants et des gaz lacrymogènes...il y a eu beaucoup de blessés, une jeune femme était à terre......

Très vite, un groupe d'adultes, formé de personnes issues de l'extrême gauche et proches par leurs métiers de la mouvance, se réunit en un «Collectif de défense» pour venir en aide aux manifestants.

Parmi eux, l'ancienne députée Anne-Catherine Menétrey, qui rédigera, un an après les événements, une chronique intitulée La vie… vite (Editions d'En Bas). L'ouvrage tente de définir l'esprit de Lôzane bouge, fêtard et bon enfant, mais aussi empli d'amertume au sein d'une ville jugée hermétique à la jeunesse.

Mon inquiétude a été à son comble lorsque j'ai vu la police taper et trainer des jeunes dans des fourgons......

Puis j'ai retrouvé mes fils qui s'étaient réfugiés chez des amis.

Je n'avais jamais cru que la police pouvait être aussi violente avec une foule de jeunes gens !

Le lendemain on pouvait lire ce courrier des lecteurs dans 24heures:

  • « J'ai vu des policiers attaquer avec ce que je qualifie de « violence » et « brutalité » un jeune homme et une jeune fille. Le jeune homme avait un casque rouge. (…) J'ai vu un agent lui retirer son casque malgré sa défense, et lui assener des coups de matraque sur la nuque et d'autres parties du corps avant d'être aidé par un autre agent à l'emmener. La jeune fille (blonde, foulard mauve-violet) était couchée par terre, se débattant et se défendant comme elle pouvait. J'ai vu un agent lui donner des coups de pied violents au côté (ventre, côtes et poitrine) ainsi que des coups de matraque répétés. Spectacle intolérable et révoltant. » Courrier des lecteurs 24heures. Je vous propose d'écouter ce document sonore ci-dessous:

Ce document audio réunit trois bulletins d'information de la Radio romande, ce qui permet d'entendre plusieurs points de vue sur le verdict qui vient de tomber. ;http://www.rts.ch/archives/radio/information/le-journal-du-matin/3502062-verdict-21-10-1982.html

Vous devez être connecté/-e pour ajouter un commentaire
Pas de commentaire pour l'instant!
Le réseau notreHistoire
Sponsors et partenaires
93,775
4,722
© 2019 FONSART. Tous droits réservés. Conçu par High on Pixels.