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Niccolo PAGANINI, Concerto pour violon No 1 op. 6, Ruggiero RICCI, OSR, Ernest ANSERMET, 1966

2 mars 1966
RSR resp. RTSR
RSR resp. RTSR, René Gagnaux, auteurs cités dans le récit

Niccolo Paganini compose son premier concerto pour violon en Italie, probablement entre 1817 et 1818. Ce premier concerto révèle tout le génie technique et la virtuosité de Paganini. On pense, en particulier, que le public contemporain doit avoir été surpris par les passages relativement longs de tierces "double corde", à la fois chromatiques et harmoniques. Le concerto montre aussi la grande influence de l'opéra italien - le bel canto - sur le style mélodique de Paganini, en particulier les oeuvres de son jeune contemporain, Gioachino Rossini.

René Gagnaux
1,290 contributions
Niccolo Paganini

Niccolo Paganini, dessin d'Ingres, 1819, No d'inv. RF4381, Paris, Musée du Louvre

Le premier mouvement est de vastes proportions, durant généralement 16 à 18 minutes, soit près des 2/3 de l'oeuvre; il est construit selon la forme sonate sur deux thèmes, l'un rythmique, l'autre mélodique: "[...] Dans le premier mouvement un harmonieux thème chantant répond au premier thème solennel, et, dans le développement plein de fantaisie, Paganini introduit même - chose hardie et insolite pour l'époque - un troisième thème en mineur. [...]"

L'Adagio espressivo qui suit "[...] commence par une dramatique et pathétique introduction d'orchestre écrite en style d'opéra; selon la tradition ce morceau expressif serait la prière d'un prisonnier demandant la liberté.[...]". Il en résulte "[...] une tension dramatique des plus théâtrales. La mélodie se déploie en un cantabile très expressif, et l'accompagnement sait se faire plus discret pour laisser le chant s'épanouir en toute liberté, – jusqu'à une modulation vers un majeur apollinien. On pense beaucoup à la voix et au chant dans ce dialogue des plus séduisants entre la quatrième corde et ses trois soeurs. [...]"

Dans le Rondo, Allegro spiritoso qui constitue le troisième mouvement "[...] , qui est de nouveau placé sous le signe de la virtuosité pure, l'exécutant doit faire face à des exigences plus hardies encore que dans le premier mouvement. Son thème guilleret, qui démarre sur un coup d'archet staccato, est exposé d'emblée par le soliste, et l'orchestre conclut avec énergie. Le premier couplet s'achève par un babillage particulièrement délirant. Le second présente une mélodie gracieuse (écho du duo Don Juan-Zerline «La, ci darem la mano»), exposée d'abord dans le grave puis dans l'aigu; et le retour du thème s'impose avec brio avant la dernière cadence.[...]"

Les citations ci-dessus proviennent de la pochette du disque MMS-2205 avec l'enregistrement de Riccardo Odnoposoff et l'Orchestre Symphonique de Radio-Genève sous la direction de Gianfranco Rivoli, ainsi que du Guide de la musique symphonique publié chez Fayard sous la direction de François-René Tranchefort.

René Gagnaux
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Ernest Ansermet et Ruggiero Ricci

Ernest Ansermet et Ruggiero Ricci, Portraits publiés dans la revue Radio TV Je vois tout du 4 mars 1965, No 9, page 51

Nous retrouvons ici Ernest ANSERMET et le violoniste Ruggiero RICCI dans un enregistrement datant du 2 mars 1966. Au programme du concert dont provient cet enregistrement:

René Gagnaux
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Programme concert 2 mars 1966, Victoria Hall, Genève

cité de la revue Radio TV Je vois tout du 24 février 1966, No 8, page 50

La présentation qu'en donna...

René Gagnaux
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William Rime

... William Rime dans la même revue en page 51:

"[...] Nul n’aura oublié le prestigieux et éblouissant violoniste qu’est Ruggiero Ricci, un spécialiste des oeuvres de Paganini. Pour ne pas manquer à la tradition, c’est le premier «Concerto en ré majeur» que notre hôte a choisi d’interpréter ce soir, un «Concerto» dont on discuta ferme la tonalité. En effet, on attribue à Paganini l’intention d’avoir compliqué la tâche des interprètes en écrivant ce concerto en mi bémol majeur et non en ré majeur tel qu’on le joue aujourd’hui; non sans raison, Paganini estimait que la tonalité de mi bémol sonnait mieux, était plus brillante que celle de ré majeur. Que se passa-t-il dès lors pour rendre au soliste l’exécution de cette partition plus aisée ? Tout simplement fut-il convenu que l’orchestre conserverait la tonalité originale et que le soliste jouant en ré majeur hausserait d’un demi-ton l’accord de son instrument. Il fallut néanmoins se rendre à l'évidence des aléas d'une telle solution. Les cordes du violon, surtendues, sautaient ou ne tenaient pas l’accord; c’est ainsi que finalement les éditeurs publièrent un matériel établi en ré majeur aussi bien pour l’orchestre que pour le soliste. On ne sera donc pas surpris, en parcourant la biographie de Paganini, de constater que ce premier «Concerto» est indiqué dans une tonalité qui n’est pas celle en usage aujourd'hui.

En première partie de son concert, Ernest Ansermet dirigera une oeuvre qui lui est particulièrement chère: il s'agit des «Quatre Eléments», de Frank Martin, une oeuvre récente que le compositeur écrivit à l’occasion du 80e anniversaire d’Ernest Ansermet. Elle fut créée le 7 octobre 1964. Ces «Quatre Eléments»: La Terre, l’Eau, l’Air et le Feu, se présentent sous la forme d'études symphoniques qui sont directement inspirées de la nature mais plus précisément de la nature sauvage du Nord, sans pour autant qu’il faille y chercher une intention descriptive de la part du compositeur.

En fin de concert, nous entendrons la «Cinquième Symphonie» de Prokofiev. Au sujet de cette oeuvre qui semble marquer un tournant dans la «manière» du compositeur, celui-ci écrivit: «Elle couronne en quelque sorte toute une grande période de mon travail; je l’ai pensée comme une oeuvre glorifiant l’âme humaine. Dans cette «Cinquième Symphonie», j’ai voulu chanter l’homme libre et heureux, sa force, sa générosité et la pureté de son âme. Je ne peux pas dire que j’aie choisi ce thème: il est né en moi et devait s’exprimer.» [...]"

René Gagnaux
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Ernest Ansermet et Frank Martin, cité de la revue Radio TV Je vois tout du 24 février 1966, No 8, page 50

Le lendemain du concert, Franz WALTER écrivait dans le Journal de Genève en page 11:

"[...] Au dixième concert de l'abonnement - Un éblouissant virtuose

Sans doute l'élément le plus en vedette de ce dixième concert de l'abonnement fut-il l'étourdissante démonstration violonistique que nous offrit Ruggero Ricci en interprétant le concerto de Paganini. Non que je prétende donner une part essentielle à la virtuosité, au centre d'un programme qui avait du poids; mais on peut bien mettre en relief — après l'interprétation assez sommaire par cet artiste, l'an dernier, du concerto de Jaques-Dalcroze — ce qu'il y a de véritablement exceptionel dans sa performance actuelle. Nombre de virtuoses nous ont déjà «épatés» dans ce concerto, mais je n'ai pas le souvenir d'avoir vut reculer ainsi les limites du possible en matière de technique du violon. Car Ruggero Ricci n'a pas seulement sorti tout l'arsenal de la plus haute virtuosité, et avec la plus époustouflante aisance, mais dans chaque cas particulier — staccato tiré ou poussé, spiccato, doubles ou triples cordes, octaves, dixièmes, arpèges, harmoniques simples ou doubles — il a trouvé encore à y découvrir des variantes inédites. Un tel exploit justifie la virtuosité en soi. Mais il faut dire encore qu'Ernest Ansermet se fit un plaisir d'en détailler l'accompagnement avec esprit.

Le concert débutait par les «Quatre Eléments» de Frank Martin, l'oeuvre dédiée à Ernest Ansermet à l'occasion de son 80e anniversaire, et dont nous avons parlé ici-même au début de la saison dernière. C'est une oeuvre dont la densité de pensée appelle de nouvelles confrontations et j'ai été, pour ma part, heureux de la réentendre. Sous son enveloppe descriptive, c'est une oeuvre où je découvre un dialogue. Non pas dans le sens du dialogue du vent et de la mer debussyste, mais dans le sens d'un échange entre l'âme de l'auteur et l'âme des éléments. D'où ce ton de gravité tourmentée dont est chargée chacune des quatre parties de cette suite. Cette sorte d'animisme se dégage aussi de l'interprétation d'Ansermet qui, plutôt que d'accentuer les aspects extérieurs cherche — et réussit — à en pénétrer l'essence profonde.

La seconde partie du concert était consacrée à la cinquième symphonie de Prokofieff pour laquelle je me sens très peu d'enthousiasme. Certes c'est là une oeuvre généreuse et qui fourmille de détails dont l'originalité n'est pas la première vertu, mais qui ont souvent une certaine saveur par une couleur modulante très personnelle à Prokofieff. Cette saveur on la trouve dans le deuxième mouvement en particulier et, d'une manère générale, dans les épisodes dansants et rythmés. Étirée sur sa considérable longueur, cette «cinquième» m'a laissé une impression où dominait l'ennui, et il ne m'a pas semblé que l'interprétation en était assez stimulante pour effacer ce sentiment.

Franz Walter [...]"

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L' enregistrement que vous écoutez...

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Niccolo Paganini, Concerto pour violon et orchestre No 1 op. 6 en mi bémol majeur, transposé en ré majeur, Ruggiero Ricci, Orchestre de la Suisse Romande, Ernest Ansermet, 2 mars 1966, Victoria Hall, Genève

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1. Allegro maestoso....................17:35 (-> 17:35)
2. Adagio....................................04:30 (-> 22:05)
3. Rondo (Allegro spiritoso)........06:31 (-> 28:36)
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Provenance: Radiodiffusion, archives de la RSR resp. RTSR

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