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Frank MARTIN, Chants d'Ariel, Ensemble Vocal de Lausanne, Michel CORBOZ, 2001

10 mars 2001
Église Notre-Dame du Valentin, Lausanne
RTSR pour l'audio, René Gagnaux pour le texte resp sources indiquées
RTSR pour l'audio, René Gagnaux pour le texte resp sources indiquées

Les cinq Chants d’Ariel, pour choeur mixte a cappella, furent composés en 1950 sur une commande de Felix de Nobel, qui les présenta en première audition à Amsterdam en 1953, avec son Nederlands Kamerkoor (il les enregistra pour le disque les 14 et 15 juillet de la même année, 33 tours Philips N00679R). Frank Martin: "[...] Longtemps avant de décider de composer un opéra sur La Tempête de Shakespeare, qui me hantait l'esprit depuis de longues années, je décidai d'adapter pour cette chorale les chansons d'Ariel, incarnation féérique de l'Esprit de l'Air dans cette pièce [...]"

Sur cette oeuvre, traduit d'un texte de Wolfgang Hofer: "[...] La physionomie spécifique de son travail est le résultat d'un effort soutenu pour enrichir de manière constructive les possibilités de la tonalité traditionnelle par un examen réfléchi des éléments de la technique dodécaphonique. Son travail est ainsi guidé par une évocation presque nostalgique d'un équilibre entre les extrêmes, et cela s'accompagne d'une sensibilité particulière pour les sujets artistiques élaborés. La clarté et l'élégance sensuelles, la richesse nuancée des formes - typiques de l'ensemble de l'oeuvre de Martin - assurent son endurance [...]"

Quelques années plus tard, Frank Martin incorpora les cinq chants d'Ariel dans son opéra «La Tempête», qui fut donné en première audition par Ernest Ansermet en 1956 à l'Opéra de Vienne.

Les textes:

I.Come unto these yellow sands (Act 1, sc.2)

Come unto these yellow sands,

[Then] take hands:

Curtsied when you have and kissed,

The wild waves [whist]:

Foot it featly here and there;

And, sweet sprites, the [burthen] bear.

Hark, hark!

Bow-wow.

The watch dogs bark;

Bow-wow.

Hark, hark!

I hear the strain of strutting Chanticleer

Cry, Cock-a-diddle dow.

Venez jusqu'à ces sables d'or

et prenez vous les mains alors

après le baiser et la révérence

et les hautes vagues feront silence

légèrement ci et là danserez

puis doux esprits chanterez

Chut! chut!

le chien de garde aboie

Chut! chut!

j'entends de chantecler

le cri strident. (Traduction de Guy de Pourtalès)

II.Full fathom five (Act 1, sc.2)

Full fathom five thy father lies,

Of his bones are coral made;

Those are pearls that were his eyes:

Nothing of him that doth fade,

But doth suffer a sea-change

Into something rich and strange.

Sea-nymphs hourly ring his knell:

[Ding-dong.]

Hark! now I hear them, - ding-dong bell.

Au fond des eaux ton père repose

ses os seront du corail rose

ses yeux des perles devenus

de lui rien ne sera perdu

car l'eau marine bientôt le change

en une chose riche, étrange

Sonnez songlas nymphes marines

Chut! chut! écoutez-les! (Traduction de Guy de Pourtalès)

III.Before you can say (Act 4, sc.1)

Before you can say, "Come" and "Go",

And breathe twice, and cry, "So, so,"

Each one, tripping on his toe,

Will be here with mop and [mow].

[Do you love me, master? no?]

Avant que vous ayez dit: Va et viens!

et respiré deux fois et crié: Oui, oui!

tous, glissant sur la pointe du pied,

nous serons ici avec une moue et une grimace.

M'aimez-vous, maître? Non? (Traduction de Victor Hugo)

IV.You are three men of sin (Act 3, sc. 3)

You are three men of sin, whom Destiny,

That hath to instrument this lower world

And what is in't, - the never-surfeited sea

Hath caused to belch up you; and on this island

Where man doth not inhabit; you 'mongst men

Being most unfit to live. I have made you mad:

And even with such-like valour men hang and drown

Their proper selves. You fools! I and my fellows

Are ministers of fate: the elements

Of whom your swords are temper'd may as well

Wound the loud winds, or with bemock'd-at stabs

Kill the still-closing waters, as diminish

One dowle that's in my plume; my fellow-ministers

Are like invulnerable. If you could hurt,

Your swords are now too massy for your strengths,

And will not be uplifted. But, remember -

For that's my business to you, - that you three

From Milan did supplant good Prospero;

Expos'd unto the sea, which hath requit it,

Him, and his innocent child: for which foul deed

The powers, delaying, not forgetting, have

Incens'd the seas and shores, yea, all the creatures,

Against your peace. Thee of thy son, Alonso,

They have bereft; and do pronounce, by me

Lingering perdition, - worse than any death

Can be at once, - shall step by step attend

You and your ways; whose wraths to guard you from-

Which here, in this most desolate isle, else falls

Upon your heads, - is nothing but heart-sorrow,

And a clear life ensuing.

Vous êtes trois malfaiteurs. La destinée,

qui a pour instrument ce bas-monde

et ce qu'il contient, vous a fait vomir

par la mer insatiable sur cette île

où l'homme n'habite pas, parce que parmi les hommes

vous n'étiez plus dignes de vivre... Je vous rends furieux!

C'est avec ce courage-là que les hommes se pendent

et se noient! Insensés! moi et mes camarades,

nous sommes les ministres du destin. Les éléments,

dont ces épées sont forgées, pourraient aussi bien

blesser les vents aigus, ou, par des coups dérisoires,

pourfendre les eaux incessamment reformées, que faire tomber

une seule plume de mon aile. Mes compagnons-ministres

sont aussi invulnérables. Si vous pouviez nous blesser,

vos épées seraient trop massives pour vos forces

et ne se laisseraient plus soulever. Mais, souvenez-vous,

c'est ce que j'ai à vous dire, que, vous trois,

vous avez arraché de Milan le bon Prospero!

vous l'avez exposé à la mer, qui vous en a punis,

lui et son innocente enfant! Pour cette action noire,

les puissances, qui ajournent, mais n'oublient pas, ont

exaspéré les mers et les plages, oui, toutes les créatures,

contre votre repos... Toi, Alonso,

elles t'ont privé de ton fils... Elles vous préviennent tous par ma voix

qu'une perdition lente, bien pire qu'une mort

immédiate, vous suivra pas à pas

dans vos chemins. Pour vous garder de leur fureur,

qui autrement, dans cette île désolée, tomberait

sur vos têtes, il ne vous reste rien que le repentir

et une vie désormais pure. (Traduction de Victor Hugo)

V.Where the bee sucks (Act 5, sc.1)

Where the bee sucks there [suck] I:

In a cow-slip's [bell] I lie;

There I couch when owls do cry.

On a bat's back [I do] fly

After [summer] merrily,

Merrily, merrily shall I live now

Under the blossom that hangs on the bough.

Où suce l'abeille, je suce, moi!

J'ai pour lit la clochette d'une primevère:

Je m'y couche quand les hiboux crient.

Je m'envole sur le dos d'une chauve-souris,

À la suite de l'été, gaiement.

Gaiement, gaiement, je veux vivre désormais

Sous la fleur qui pend à la branche. (Traduction de Victor Hugo)

Pour diverses autres traductions, voir à partir de cette page du site lieder.net.

Michel CORBOZ interpréta ces chants d'Ariel en mars 2001 avec son Ensemble Vocal de Lausanne (à ma connaissance il ne les a jamais enregistrés pour le disque), dans le cadre d'un concert partagé avec son assistante de direction, Natacha CASAGRANDE. La présentation de ce concert par Daniel ROBELLAZ, publiée dans le quotidien «24Heures» du 7 mars 2001 en page 35:

"[...] À choeur ouvert... Programme riche et contrasté de l'Ensemble Vocal de Lausanne.

Que ce soit a capella ou avec orgue, jeudi l'Ensemble Vocal de Lausanne sera placé tour à tour sous la baguette de Michel Corboz et de Natacha Casagrande. Si l'on ne présente plus le fondateur de l'EVL, il faut au moins signaler que sa jeune et talentueuse assistante a fait ses classes au Conservatoire de Genève. C'est là qu'elle dirige depuis 1995 le Cantus Laetus, et depuis deux ans le Cercle Jean-Sébastien Bach.

À l'affiche, un très beau programme qui débute avec la rare Messe de sainte Anne de Guy Ropartz. Une messe basse, c'est-à- dire sans Credo, d'un compositeur français qui est mort en 1955 à l'âge très respectable de 91 ans. Il avait quitté Massenet pour travailler avec César Franck, quitté autrement dit la légèreté mélodique pour embrasser la grâce sévère du contrepoint mystique.

Les Litanies à la Vierge noire et les Quatre petites prières de saint François d'Assise de Francis Poulenc tendent, elles, le portrait d'un musicien tel que défini par le critique et musicologue français Claude Rostand: moine et voyou. L'auditeur sera ainsi toujours redevable à Poulenc de si bien conjuguer sensualité et prie-Dieu.

Des qualités pas forcément contradictoires, et qui sont également l'apanage de O sacrum convivium, motet du jeune Olivier Messiaen suivi ici des cinq Chants d'Ariel de Frank Martin, écrits à l'inspiration de La tempête de Shakespeare. C'est l'Agnus Dei de Krzysztof Penderecki qui met un terme à ce concert aussi riche que contrasté. Une page à première vue foncièrement tonale d'un musicien qui avait autrefois participé à la prodigieuse avant-garde polonaise, mais qui garde néanmoins des restes d'audace. Aux claviers de l'orgue néo-classico-romantique de Notre-Dame, Marcello Giarinini interprète pour sa part le Troisième choral de César Franck et deux pages de Jehan Alain, l'adorable Berceuse sur deux notes qui cornent et le sombre Lamento.[...]"

Frank Martin, Chants d'Ariel, Cinq pièces tirées de «La Tempête» de Shakespeare, pour choeur a cappella, Ensemble Vocal de Lausanne, Michel Corboz, 10 mars 2001, Église Notre-Dame du Valentin, Lausanne

  1. Come unto this yellow sands 1:27:03
  2. Full fathom five thy father lies 1:30:20
  3. Before you can say come and go 1:31:20
  4. You are three men of sin 1:35:15
  5. Where the bee sucks 1:36:24

(Les minutages indiqués ci-dessus sont les temps cumulés en fin de chaque pièce (heure:minutes:secondes)

Vous pouvez écouter cet enregistrement grâce à la générosité de la ...

René Gagnaux
31 août 2019
logo RTSR

... tel que diffusé le 4 septembre 2019 sur «RTS ESPACE 2» dans l'un des volets de la série d'émissions «INÉDIT» d'Antonin Scherrer et Luc Terrapon, en CLIQUANT ICI pour ouvrir une fenêtre sur la page correspondante des archives de la RTSR, avec l'audio démarrant au début de l'annonce d'Antonin Scherrer.

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Le programme de cette émission «Inédit du 4 septembre 2019» d'Antonin SCHERRER et Luc TERRAPON, diffusée sur «Espace 2», Radio Télévision Suisse Romande:

➣ 02:21 Maurice Ravel, Rhapsodie espagnole, Orchestre de Chambre de Lausanne, Hannu Lintu, 19 février 2019, Salle Métropole, Lausanne

1. Prélude à la nuit - 2. Malaguena - 3. Habanera - 4. Feria

➣ 18:37 Michel-Richard de Lalande, Troisième leçon de ténèbres du vendredi Saint, Ensemble Il Caravaggio (Amel-Brahim Djelloul, Ronald Martin Alonso, Benjamin Narvey, Camille Delaforge), 1er juin 2019, Église Sainte-Croix de Carouge

➣ 32:45 Joseph Haydn, Symphonie no 83 en sol mineur, La Poule, Orchestre de la Suisse Romande, Marek Janowski, 14 décembre 2007, Victoria Hall, Genève

1. Allegro - 2. Andante - 3. Menuet - 4. Vivace

➣ 54:10 Frédéric Chopin, Polonaise-Fantaisie pour piano en la bémol majeur, Op. 61, Grigory Sokolov, 26 août 2005, Auditorium Strawinski, Montreux

➣ 1:09:29 Bedrich Smetana, Blanik, 6e pièce de Ma patrie, Orchestre de la Suisse Romande, Pinchas Steinberg, 20 février 2019, Victoria Hall, Genève

➣ 1:25:11 Frank Martin, Chants d'Ariel, Cinq pièces tirées de «La Tempête» de Shakespeare, pour choeur a cappella, Ensemble Vocal de Lausanne, Michel Corboz, 10 mars 2001, Église Notre-Dame du Valentin

1. Come unto this yellow sands - 2. Full fathom five thy father lies - 3. Before you can say come and go - 4. You are three men of sin - 5. Where the bee sucks

➣ 1:36:38 Johann Hieronymus Kapsberger, Toccata II et Toccata IV, Thomas Dunford, 4 août 2018, Chapelle des Auvers, Val d'Hérin

➣ 1:44:18 Ludwig van Beethoven, Concerto pour piano et orchestre no 4 en sol majeur, Op. 58, Nelson Goerner, Orchestre de la Suisse Romande, Rafael Frühbeck de Burgos, 23 novembre 2005, Victoria Hall, Genève

1. Allegro moderato - 2. Andante con moto - 3. Rondo (Vivace)

➣ 2:18:26 Diego Pisador, Libro de Música de Vihuela: La mañana de Sant Juan = Le matin de la Saint-Jean, Jean Gaillard, Suonare e Cantare, Francisco Orozco, Francisco Orozco, Michèle Claude, Jean Gaillard, Eva Godard, Françoise Enock

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  • Renata Roveretto

    Merci cher René, c'est un véritable plaisir de se promener dans vos documents remplis de musique, rassemblant des gens aimants comme madame Martine Desarzens, grâce à qui je me suis arrêter ici aujourd'hui !

René Gagnaux
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6 septembre 2020
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