Nous analysons de façon anonyme les informations de nos visiteurs et membres, afin de leur fournir le meilleur service et satisfaire leurs attentes. Ce site utilise également des cookies, notamment pour analyser le trafic. Vous pouvez spécifier dans votre navigateur les conditions de stockages et d'accès aux cookies. Voir plus.
Le Crêt-Vaillant et Andersen_674

Le Crêt-Vaillant et Andersen_674

28 décembre 2015
Claire Bärtschi-Flohr
Claire Bärtschi-Flohr

Le Crêt-vaillant

Autrefois axe principal Le Locle La Chaux-de-Fonds, Il est en forme de dos d'âne.

Une figure de légende y réside : Marianne Besancenet, dite Marianne du Crêt Vaillant, qui épouvanta les envahisseurs (Il s'agit de ceux de la guerre de Trente ans) en lançant à leur poursuite un taureau furieux. Ce haut fait d'armes donna naissance au récit de la saboulée des bourguignons. En réalité le Crêt-Vaillant doit son nom, au XIVème siècle, au propriétaire des terres du Crêt.

Nous voici au bas de la rue du Crêt-Vaillant, à l'endroit où la rue change de nom et devient la Grand-Rue.

gravure_source inconnue_vue dans le rapport du Conseil communal concernant la rénovation de l'immeuble.

Au numéro 1 de la Grand-Rue, sur la droite, signalons d'abord un bâtiment très important, actuellement en complète rénovation, l'ancienne auberge de la Fleur-de-Lys. C'est un comble mais c'est dans cette auberge au nom royaliste que se tenaient les réunions des révolutionnaires neuchâtelois en 1848 et c'est là que le 29 février, on exhiba le drapeau suisse et qu'on entreprit la marche sur le Château de Neuchâtel.

Sur la gauche, au numéro 28, se trouve la Maison des Houriet-Jürgensen.

Admirez le perron, l'escalier double et la rampe.

A 13 ans déjà, Jacques Frédéric Houriet (1743-1830) fait son apprentissage au Locle, puis va à Paris avec son frère, chez Julien Le Roy, grand horloger. A son retour, il fonde avec David Courvoisier, un établissement horloger « Courvoisier et Houriet » consacré uniquement à l'horlogerie soignée. Houriet, surnommé père de la chronométrie suisse est l'un des premiers à réaliser des tourbillons (dispositif mécanique destiné à améliorer la précision des montres mécaniques en contrebalançant les perturbations de l'isochronisme du balancier dues à la gravité terrestre).

Les Houriet commerçaient avec le Danemark. C'est là qu'ils ont fait la connaissance de la famille Jürgensen qui leur a confié leur fils pour le former dans le domaine de l'horlogerie. La fille de Houriet, Sophie-Henriette, épouse en 1801, Urban Jürgensen (1777-1830). Dès lors, les Jürgensen vivent au Locle.

La famille accueille à trois reprises Hans Christian Andersen, le célèbre conteur danois, qui y lit ses contes lors des veillées. Jules II Jürgensen, a collaboré aux premières traductions françaises de certains contes. . En 1868, Andersen a rencontré chez les Jürgensen Elvina Huguenin, poète et professeur à l'école secondaire. A propos du Locle, voici une citation d'Andersen tirée de son journal en 1833 : « On dit que les enfants y naissent avec des rouages d'horlogerie ».

Pour en revenir à la Révolution de 1848, en 1833 déjà, Andersen raconte :

Il se fait beaucoup de politique ici. Les femmes sont surtout pour la Prusse. Les hommes, pour la Suisse. L'homme d'ici se querellait avec sa femme. La fille et ses sœurs aussi sont surtout prussiennes.Dans la rue, les gens s'attroupent et discutent politique.

Au bureau, une gravure est suspendue qui montre Guillaume Tell. Un homme, qui était contre la Suisse, l'a mise en pièces, exprès, l'autre jour, en passant la porte.

A La Chaux-de-Fonds, il y a eu une rixe et certains ont été blessés.

Cette nuit, dans la rue, il y en a eu quelques-uns pour chanter des chants de gloire en allemand, pour la Prusse.

L'ambiance dans la région était électrique depuis plusieurs années.

Voici le témoignage d'Elvina Huguenin, paru dans le Messager Boiteux de 1908 :

On construisait précisément à cette époque (1834), à l'extrémité des Reçues, la maison appelée Belvédère, au-dessus du théâtre de l'incendie de 1834. Le propriétaire, Matthey « Nonante-Cents », monta sur son mur, coiffé d'un bonnet rouge, et cria : Vive la liberté ! Les esprits étaient encore excités depuis les événements de 1831; il y avait là des gens accourus de La Sagne et de La Chaux-de- Fonds, royalistes et républicains. Ils se prirent de querelle et l'on raconte qu'ils se battaient depuis le bas du Crêt-Vaillant jusqu'au pied du Crêt. On obligea les combattants à se séparer, en les aspergeant d'un jet de pompe.

Signalons en passant que de l'autre côté de la rue, presqu'en face, se trouve la maison qui a abrité la célébrissime Maison Tissot créée à cet endroit en 1853. Le comptoir a déménagé en 1907 à Beau-Site.

La rue possède deux fontaines. Près de l'une d'elle, on peut voir une « serpentine » de Jacqueline Jeanneret, sculptrice locloise, intitulée l'Ancêtre.

Sources : site de la ville du Locle. Le voyage en Suisse de 1833, journal de Hans Christian Andersen, paru chez Cabédita et le Messager Boiteux de 1908.

Voir aussi : http://www.notrehistoire.ch/photo/view/81611/

Vous devez être connecté/-e pour ajouter un commentaire
Pas de commentaire pour l'instant!
Le réseau notreHistoire
Sponsors et partenaires
94,027
4,764
© 2019 FONSART. Tous droits réservés. Conçu par High on Pixels.