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L.van BEETHOVEN, Concerto pour piano No 3, Clara HASKIL, OSR, Ernest ANSERMET, Montreux 1960

31 août 1960
RTSR
René Gagnaux

Ludwig van Beethoven commence d'esquisser cette oeuvre avant même d'avoir publié ses premier et deuxième concertos: "[...] Il le composa en majeure partie en 1800 [...] en fit une ébauche complète [...] comme l'ont démontré des études récentes de la partition autographe, mais les détails n'étaient pas suffisamment finalisés pour le jouer cette année-là et l'oeuvre dut attendre 1803 pour être achevée[...]. Même à cette époque, tous les détails n'avaient pas été totalement couchés sur le papier lorsque Beethoven la joua le 5 avril. Son ami Ignaz von Seyfried rapporta par la suite qu'il avait tourné les pages pour Beethoven à ce concert et que ça avait été une opération difficile, car un grand nombre de pages étaient presque totalement vierges hormis quelques gribouillis qui voulait dire quelque chose pour Beethoven, mais pas pour Seyfried. L'image qu'il traduit est nettement exagérée, car les parties d'orchestre et une grande partie de l'écriture pianistique étaient alors en place, mais une version définitive n'avait pas été établie, et Beethoven apporta d'autres révisions avant que cette oeuvre soit imprimée l'année suivante. [...] Howard Shelley - dans une traduction de Marie-Stella Pâris - cité d'un texte publié en 2011 dans la brochure de l'album Chandos CHAN 10695 consacré aux oeuvres pour piano et orchestre de Beethoven.

C'est le seul concerto de Beethoven de tonalité mineure et il utilise la même tonalité qu'un grand nombre de ses oeuvres les plus célèbres en mineur, telles la Sonate Pathétique et la Cinquième Symphonie, évoquant des atmosphères un peu analogues de pathétique et d'angoisse.

Une courte description citée de ce programme de concerts publié sur le site maisondelaradio.fr en janvier 2018:

"[...] On se prend à rêver en apprenant que, sur la scène du théâtre où La Flûte enchantée paraissait douze ans auparavant, Beethoven a donné en création, lors du même concert, sa Deuxième Symphonie, Le Christ au mont des oliviers et son Troisième Concerto ...

Plus apprécié alors comme pianiste et improvisateur que comme compositeur, jouissant d'une faveur croissante auprès des mélomanes viennois et de la noblesse, il compte s'affirmer ce soir-là. Si l'on compare ce Concerto en ut mineur à celui que Mozart écrivit en 1786 dans la même tonalité (n° 24, K 491), et que Beethoven pouvait connaître, sa dimension symphonique s'impose en contraste avec le caractère chambriste de son aîné. Jusqu'à l'entrée du soliste, assez tardive, on assiste à une exposition complète des deux thèmes. Tout est dit, à ce qu'il semble. Il ne restera plus au pianiste - mais tout est là, dans la stratégie beethovénienne - qu'à rependre, comme s'il la corrigeait en la rehaussant, toute l'exposition, entraînant l'orchestre en complicité. Après un développement modulant relativement bref, la réexposition offre un nouveau visage de l'exposition dont elle diffère considérablement. La vaste cadence, enfin, de la main de Beethoven, insère des arpèges virtuoses au sein de ce qu'on peut considérer comme un nouveau développement sur les deux motifs. Page impressionnante au point que l'orchestre semble revenir sur la pointe des pieds avant de triompher avec le soliste.

À la simplicité diaphane du Larghetto de Mozart, le Largo de Beethoven oppose l'épaisseur profonde d'une méditation chorale, comme si l'expression intime ne pouvait être solitaire. Les successions de tierces parallèles du piano évoquent si nettement l'union des voix, tout comme le dialogue de la flûte et du basson au- dessus du murmure des arpèges du clavier, qu'il n'est pas interdit de songer à une transposition musicale de la scène du balcon de Roméo et Juliette.

Le choral reprend ensuite, coupé par une cadence sempre con gran espressione et un récitatif qui se passe de mots. La conclusion s'allège merveilleusement. Le mode mineur confère au thème-refrain du Rondo final un caractère opiniâtre et têtu qui semble justifier son retour, sous différents visages, comme pour remettre de l'ordre après les diversions, parfois charmeuses, des couplets. Le Presto final à 6/8, dont, on ne sait pourquoi, les clarinettes sont exclues, est un pied-de-nez au mauvais bon goût. [...]"

Cet enregistrement du Concerto pour piano No 3 de Ludwig van Beethoven, avec Clara HASKIL et l'Orchestre de la Suisse Romande sous la direction d' Ernest ANSERMET, provient du concert d'ouverture du Festival de Montreux 1960. Au programme étaient également la symphonie No 88 de Haydn et le concerto pour orchestre de Bartok. Le concert fut retransmis en direct sur Sottens, dans le cadre du traditionnel concert du mercredi soir.

Le lendemain du concert, Franz WALTER écrivait dans le Journal de Genève en page 13:

"[...] Brillante ouverture du Festival de Montreux avec la rentrée d'Ernest Ansermet

Pour la seconde fois l'Orchestre de la Suisse romande a ouvert le Septembre musical montreusien. Si c'est une tradition qui s'établit, félicitons nous en. On ne peut que se montrer enchanté de voir ce Festival de chez nous, qui a conquis désormais sa place au soleil, introduit chaque fois par notre meilleur ensemble symphonique national. Ce concert d'ouverture coïncidait également avec la rentrée tant attendue d'Ernest Ansermet, et c'est avec joie qu'on l'a revu au pupitre plus jeune que jamais et dans sa meilleure forme. Aussi reçut-il l'accueil le plus chaleureux du public montreusien dès son entrée en scène et jusqu'à la fin du concert.

Ce fut d'ailleurs un concert en tout point remarquable et qui laisse bien augurer de la prochaine tournée qui va emporter tous nos musiciens vers la Grèce. Ouvert par l'exquise symphonie en sol majeur No 88, de Haydn, à laquelle Ansermet prêta une grâce virile et conféra tout son bondissement joyeux mais aussi sa sereine plénitude, le concert s'achevait par cette oeuvre admirable de Bartok intitulée Concert pour orchestre. Ansermet a l'art de tirer de cette oeuvre non eulement ses ressources extérieures qui sont brillantes, séduisantes, envoûtantes même parfois, mais encore d'en révéler toute la saveur intime, d'en dégager tout ce qu'elle recèle d'évocation vivante comme de sentiments extraordinairement ubtils. Il retrouvait aussi par le truchement de cette oeuvre son orchestre avec ses qualités spécifiques les plus enviables, en particulier ce don de la couleur expressive que ses musiciens savent raduire avec tant de subtilité.

Notons l'heureuse adaptation dans chaque registre des cordes d'un pupitre supplémentaire. Espérons que cette mesure très souhaitable n'est pas que provisoire. Entre ces deux oeuvres s'insérait le concerto de piano No 3 de Beethoven qui avait pour interprète Clara Haskil. Une fois encore la grande pianiste sut conférer à son interprétation - et dans le cadre tout intérieur qui lui est propre - cette qualité d'émotion poétique qui fait notamment du mouvement lent un instant très poignant. On le voit c'est sous d'excellents auspices que le Septembre musical a débuté. Son programme général a d'ailleurs été évoqué dans nos colonnes il n'y a pas longtemps et il se poursuivra vendredi sous la baguette de Schmidt-Isserstedt à la tête de l'Orchestre symphonique de la radio de Hambourg et le concours de Wilhelm Backhaus.

Franz Walter [...]"

L' enregistrement que vous écoutez...

Ludwig van Beethoven, Concerto pour piano No 3 en ut mineur, op. 37, Clara Haskil, Orchestre de la Suisse Romande, Ernest Ansermet, 31 août 1960, Festival de Montreux

01. Allegro con brio 17:21 (-> 17:21)

02. Largo 08:14 (-> 25:35)

03. Rondo. Allegro 09:21 (-> 34:56)

Provenance: Radiodiffusion, Archives RSR resp. RTS

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