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Antonín DVOŘÁK, Symphonie No 9, ONORTF Paul PARAY, Montreux 1965

11 septembre 1965
Radio Suisse Romande pour l'audio, René Gagnaux resp. sources indiquées pour le reste
Radio Suisse Romande pour l'audio, René Gagnaux resp. sources indiquées pour le reste

Antonín Dvořák, Symphonie en mi mineur No 9, B. 178, op. 95, Orchestre National de l’ORTF, Paul PARAY, 1er septembre 1965, Grande Salle du Pavillon des Sports, Montreux

  1. Adagio - Allegro di molto 08:37 (-> 08:37)
  2. Largo 11:20 (-> 19:57)
  3. Scherzo. Molto vivace 07:41 (-> 27:38)
  4. Allegro con fuoco 10:23 (-> 38:01)

Provenance: Radiodiffusion

René Gagnaux
Antonín DVOŘÁK et Paul PARAY
Antonín DVOŘÁK et Paul PARAY

Septembre Musical de Montreux 1965: pour ce concert du mercredi 1er septembre, donné dans la Grande Salle du Pavillon, Paul PARAY avait accepté de remplacer István KERTÉSZ tombé malade - sans modifier le programme. Le concert fut diffusé sur le second programme de la Radio Suisse Romande le 3 octobre suivant.

Cité du compte-rendu de Numa F. TÉTAZ publié le lendemain du concert dans la Feuille d'Avis de Lausanne en page 44:

"[...] Et quelle maîtrise dans la symphonie du Nouveau Monde de Dvořák. Il me semble que jamais l'Orchestre national a sonné mieux qu’hier soir, plus doux, plus subtil dans les demi-teintes, plus lumineux dans les grands tutti. C’est la flamme de M. Paray, alliée à un sens des timbres très délié, qui a porté l’ensemble à ce niveau éblouissant. Les brusqueries comme les balancements, les envols comme les abandons (M. Paray sait admirablement quand il peut laisser aller l’orchestre tout seul): tout cela portait la griffe du maître. [...]"

..

Sur la genèse de cette symphonie:

"[...] La renommée de Dvořák devint rapidement internationale. Il fut appelé à diriger ses oeuvres dans la plupart des pays européens, et même dans la lointaine Amérique. Dans ce dernier pays, il noua de profondes amitiés, et l’on fit bientôt pression sur lui pour qu’il consentit à s’y fixer. Cédant enfin aux instances de ses amis, Dvořák accepta, en 1892, le poste de Directeur du Conservatoire de New-York, poste qu’il devait occuper pendant quatre ans. Ce séjour, loin de sa patrie bien-aimée - s'il fut heureux tout d’abord - devint bientôt pesant au musicien, qui ne pouvait se convoler de son exil. Son travail créateur, cependant, ne connut pas d'interruption durant toute cette période.

La plus importante des compositions que Dvořák écrivit - alors qu'il était encore tout joyeux de se trouver au contact de cet univers inconnu - fut la Symphonie en mi mineur op. 95, achevée en 1893, l’année qui suivit son installation à New-York.

Son instinct profond, qui le portait à s'intéresser d’emblée à l’art populaire, le fit s’enthousiasmer pour les chants et les danses des noirs d’Amérique. Mais ce serait une erreur de croire que Dvořák fit de véritables emprunts au folklore américain pour sa symphonie. Il s’en est d’ailleurs expliqué à maintes reprises. Il a tout au plus procédé comme avec le folklore de son pays natal, s'imprégnant des chants et des rythmes des nègres américains, mais nous donnant, à partir de ce point de départ, une création originale. On cite même, à cet égard, un fait assez curieux: un des élèves de Dvořák, W.A. Fischer, eut l’idée de transcrire pour un ensemble vocal la magnifique mélodie que chante le cor anglais dans le «largo» de la Symphonie du Nouveau Monde. Sous cette forme, cette mélodie devint si populaire aux Etats-Unis que certains critiques la considérèrent comme un authentique chant de folklore, inséré par Dvořák dans son oeuvre. Quel plus bel hommage, pour un créateur, que de voir le peuple dont il s'est inspiré adopter immédiatement sa pensée, et en user si vite, comme si elle faisait partie intégrante de son propre fonds? [...]" Cité des notes de Tolia NIKIPROWETZKY - compositeur et ethno-musicologue français d'origine russe - publiées au verso de la pochette du disque HMV ASDF 151.

"[...] L’une des caractéristiques les plus charmantes des oeuvres de Dvořák est la réserve inépuisable de fraîches mélodies. L’aise avec laquelle il semble créer des airs folkloriques naïfs masque le travail que ces esquisses exigèrent: raffiner, trier et choisir celles qu'il utilisa finalement et remodela souvent de fond en comble avant la fin. La spontanéité apparente de son invention est un élément qui, dès le début, fit le succès de la symphonie auprès du public.[...]"

Une courte description des quatre mouvements:

"[...] Après une introduction lente qui fait allusion au premier thème, les cors jouent une fanfare mélodieuse, syncopée sur un trémolo des violons. Il s’agit de l’un de plusieurs thèmes qui reviendront tout au long de la symphonie comme un élément d’intégration. Le pendant rythmique pointé de la période au cor mène l’harmonie au sol mineur pour un thème à envergure étroite (introduit par la flûte et la clarinette) sur un faux-bourdon. Celui-ci à son tour fait place au sol majeur et au moment le plus mémorable de l’allégro: un nouveau thème (peut-être une référence inconsciente au “chariot” de “Swing low, sweet chariot”?) présenté par une flûte solo dans son registre le plus grave; les quatre premières notes de cet air, elles aussi, reviendront maintes fois plus tard.

Les deux mouvements du milieu, selon Dvořák, furent en partie inspirés par des passages de “Song of Hiawatha” de Longfellow. Les funérailles de Minnehaha dans la forêt suggérèrent le mouvement lent, mais Dvořák y instilla aussi une veine profonde de nostalgie pour sa Bohême natale (ce n’est peut-être pas par hasard que le texte qui s’attacha à cette mélodie était “Goin’ home”). L’introduction au mouvement lent est l’une des idées les plus remarquables de Dvořák: en sept accords il passe de mi mineur, le ton du premier mouvement, à ré bémol, le ton du second mouvement, par l’intermédiaire d’une modulation surprenante. Une progression d’accords semblables, bien que sans modulation, réapparaît à la fin pour encadrer le mouvement.

La danse indienne dans la scène du repas de mariage de Hiawatha suggéra l’image pour le troisième mouvement. Il s'agit probablement d’une référence à Pau-Puk-Keewis qui, après avoir dansé “une mesure solennelle,” entreprit un pas beaucoup plus enlevé:

Tournoyant, pirouettant,
Sautant par-dessus les invités assemblés,
Tourbillonnant autour du wigwam,
Jusqu’à ce que les feuilles tournoient avec lui...

Mais il est impossible de trouver quoi que ce soit qui puisse être considéré “indien”dans cette danse tout à fait tchèque. La section tournoyante du début présente les mêmes changements et ambiguïtés rythmiques que le furiant tchèque, et le reste des idées mélodiques sont des valses, tour à tour gracieuses et endiablées.

Le dernier mouvement a essentiellement la forme d’une sonate; à son point culminant, Dvořák tisse petit à petit des éléments tirés des trois autres mouvements dans des combinaisons contrapuntiques (la plus remarquable de toutes est la riche progression d’accords de l’ouverture du second mouvement, jouée fortissimo par les cuivres et les bois sur des cordes orageuses). Dans ces pages finales, nous sommes en présence du Dvořák tchèque, du Dvořák américanisé, et il y a même une forte bouffée de Wagner (il semble pendant un moment que la Vénus de Tannhäuser va s'élever du Mont Vénus) dans une concoction enivrante qui mène la symphonie à sa conclusion émouvante. [...]" cité des notes de Steven LEDBETTER - dans une traduction de Patricia DUSSAUX - publiées dans le livret du CD Telarc Digital CD-80238.

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René Gagnaux
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14 janvier 2024
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