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M. Emmanuel, Sonatine No 1, Op. 4, Hélène Boschi

1 janvier 1953
Disques Le Chant du Monde
René Gagnaux

Illustrant ce fichier: Maurice Emmanuel, Sonatine pour piano No. 1, Op. 4, "Bourguignonne", extrait de la préface publiée dans l'édition Heugel, 1923, Paris. Voir cette photo pour la préface complète.

Entre 1893 et 1925, Maurice Emmanuel compose six sonatines. Sa première sonatine, opus 4, composée à l'âge de 31 ans, fut donnée en première audition le 14 mars 1923 à Dole par Émile Poillot.

Une description de cette sonatine, citée d'un excellent texte de Harry Halbreich publié en 2012 lors de la parution chez timpani du CD de Laurent Wagschal avec les six sonatines:

"[...] La Première (opus 4), la Bourguignonne, puise aux sources du terroir du pays de Beaune, dont Emmanuel devait également tirer son précieux recueil des Trente Chansons bourguignonnes. Les deux mouvement impairs s'inspirent des carillons, les pairs de danses locales.

Comme dans toutes les Sonatines, le langage est modal, ce qui n'exclut nullement la présence de toniques et même, à la seule exception de la Cinquième, d'une unité «tonicale» (et non tonale), ici celle de la. C'est ainsi que l'Allegro con spirito initial adopte le mode lydien (ou mode de fa, appelé aussi sur-majeur à cause de son quatrième degré haussé), mais transposé en la, en fait en la majeur avec ré dièse au lieu de ré naturel. Il élabore un chant d'enfants de choeur tiré du carillon de trois notes de Notre-Dame de Beaune, entendu vers 1875 sur des paroles moquant le vieux carillonneur Pierre «qui fait des fugues en la mineur», ce qui, fait remarquer malicieusement le compositeur, lui était impossible avec les trois notes dont il disposait ! D'autre part, le morceau travaille sur les quatre variantes (de plus en plus complètes, du quart à l'heure juste) du carillon de Saint-Bénigne de Dijon, sur quatre notes de la gamme de mi mineur.

Vient ensuite un Branle à la manière de Bourgogne, à l'origine en ré dorien, mais modulant capricieusement, danse de rythme binaire à périodes carrées, d'un type qui selon le compositeur s'exécutait encore vers 1875 aux vendanges de la Côte de Beaune quand la journée était finie.

L'Andante simplice (sic !), en la bémol majeur, mais corsé d'harmonies dissonantes et de pédales de quintes, utilise un air très simple inventé par le vieux carillonneur aveugle de l'Hôtel-Dieu de Beaune.

Et l'on termine par une truculente Ronde à la manière morvandelle aux périodes savoureusement inégales, dans lesquelles, nous dit le compositeur, «vient s'insérer le carillon de Saint-Bénigne, de plus en plus détraqué», et qui conclut dans le lydien du début. [...]"

Voir également les détails publiés en préface de la partition dans l'édition de Heugel, 1923, Paris.
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Recto de la pochette du disque Le Chant du Monde LDY-A-8069

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Au début des années 1950, Hélène BOSCHI enregistra cette courte oeuvre pour le label «Le Chant du Monde», publié sur l'une des faces du 45 tours LDY-A-8069 (avec les Variations Chromatiques de Georges Bizet sur l'autre face).

Je n'ai pas pu trouver de date exacte, ni pour l'enregistrement, ni pour sa publication. Comme sa parution est mentionnée dans le troisième supplément du WERM (en page 73), ce disque est donc paru entre 1953 et 1955.

Quelques lignes parues dans le quotidien «Le Monde» du 24 décembre 1953, à la fin de l'article «MARIN MARAIS - M.-A. CHARPENTIER - BEETHOVEN SCHUBERT - MAURICE EMMANUEL» de René Dumesnil, permettent toutefois de préciser l'année:

"[...] Un petit disque (Chant du Monde L.D.Y.-A.-8069) nous permet d'entendre les Variations chromatiques de Bizet et la Sonatine bourguignonne de Maurice Emmanuel, interprétées par Hélène Boschi. Sur l'oeuvre de Bizet tout a été dit; sur la Sonatine d'Emmanuel il y aurait beaucoup à dire, parce que l'ouvrage, tout en faisant revivre l'esprit de Couperin - comme l'a bien remarqué Chantavoine, - parle une langue fort en avance sur celle de son temps (1893); la tranquille audace de Maurice Emmanuel va chercher ses thèmes dans le folklore bourguignon, les emprunte aux carillons de Saint-Bénigne de Dijon, de Notre-Dame de Beaune, achève son scherzando sur un branle de Bourgogne, son giocoso final sur une ronde morvandelle; et, partout d'un entrain endiablé, montre une science merveilleuse. [...]"

Ce disque est donc paru en 1953 - peut-être vers la fin de l'année, pour les Fêtes.

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<a href=""></a>L'enregistrement que vous écoutez:

Maurice Emmanuel, Sonatine pour piano No. 1, Op. 4, "Bourguignonne", Hélène Boschi, «Le Chant du Monde» LDY-A-8069, (P) 1953

  1. Allegro con spirito 02:13
    2. Branle à la manière de Bourgogne. Scherzando 01:59
    3. Andante simplice 01:38
    4. Ronde à la manière morvandelle. Giocoso 02:09

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«Le Chant du Monde» LDY-A-8069 -> WAV -> léger à moyen DeClick avec ClickRepair ), des réparations manuelles -> mp3 320 kbps

Pour les fichiers au format FLAC voir

cette pagede mon site.

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  • Martine Desarzens

    Cette sonatine est si charmante. Merci.

  • René Gagnaux

    Hélène Boschi avait une prédilection pour les oeuvres méconnues. Cette interprétation de la première sonatine d'Emmanuel est l'un de mes enregistrements préférés. Et aussi bien l'oeuvre que l'interprétation méritent d'être plus souvent écoutées! Un petit détail historique: avec cet enregistrement d'Hélène Boschi en 1953 c'était la première fois qu'une oeuvre de Maurice Emmanuel était enregistrée pour le disque! Amicalement. René

  • Mario D'angelo

    Merci cher René d'avoir mis à disposition ce petit bijou. Hélène aimait beaucoup la musique de M. Emmanuel, qui est si peu jouée. Bien cordialement à vous.

  • Mario D'angelo

    Merci cher René d'avoir mis à disposition ce petit bijou. Hélène aimait beaucoup la musique de M. Emmanuel, qui est si peu jouée. Bien cordialement à vous.

René Gagnaux
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7 juin 2016
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