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R. Schumann, Sonate No 1 pour violon et piano, Peter Rybar, Hélène Boschi, 10 nov. 1960

10 novembre 1960
Paris
Radiodiffusion-télévision française (RTF)
René Gagnaux

Robert SCHUMANN, Sonate No 1 en la mineur pour violon et piano, Op. 105, Peter RYBAR, violon, Hélène BOSCHI, piano, 10 novembre 1960, Radiodiffusion-télévision française, Paris Les deux Sonates pour violon et piano de Robert Schumann - op. 105 en la mineur et op. 121 en ré mineur - furent composées l'une à la suite de l'autre, à la mi-septembre resp. fin octobre/début novembre 1851, à Düsseldorf - peu de temps après que le compositeur et sa famille eurent quitté Dresde pour Düsseldorf, où Schumann assumait les fonctions de directeur municipal de la musique depuis l'année précédente.
Selon Wilhelm Joseph von Wasielewski, à l'époque premier violon solo de l'orchestre de la ville et plus tard biographe du compositeur, Schumann lui aurait dit «quelques semaines après l'achèvement de la Sonate en la mineur, de sa manière cordiale et en souriant: la première sonate pour violon et piano ne m'a pas plu; j'en ai donc fait une deuxième qui, espérons-le, est plus réussie» (Wasielewski, Robert Schumann, Bonn, 1880, pp. 278 s.).
Les deux oeuvres sont en effet très différentes, aussi bien par leurs dimensions - la Sonate en ré mineur, en quatre mouvements, est de bien plus grande envergure que celle en la mineur, en trois mouvements - que par leur contenu et leur expression. Tandis que la Sonate op. 105 fait dans l'ensemble une impression mélancolique, parfois même sombre, l'opus 121 déborde d'énergie et se termine rayonnante.

La 1ère sonate fut donnée en première audition le 21 mars 1852 à Leipzig, par Clara Schumann et Ferdinand David (elle avait été donnée en première audition privée le 16 septembre 1851, par Clara Schumann et Wilhelm Joseph von Wasielewski).

Cette sonate est en fait un duo du début à la fin, sans passages en solo significatifs pour l'un ou l'autre instrument. Une courte description citée de ce texte de Richard Wigmore écrit en 2012 pour Hyperion:

"[...] Fait unique dans les grandes oeuvres de chambre schumanniennes, la Sonate pour violon en la mineur est en trois et non en quatre mouvements, l'Allegretto central combinant astucieusement les fonctions de mouvement lent et de scherzo. Le premier mouvement porte le titre tout schumannesque de Mit leidenschaftlichem Ausdruck («Avec une expression fervente»), encore que sa ferveur couve plus qu'elle n'explose, modérée par des instants de délicatesse nostalgique, dans le second groupe de thèmes. Son thème principal, qui déferle sombrement, coloré par la richesse et la raucité de la corde de sol du violon (encore et toujours, cette Sonate semble utiliser le violon comme un ersatz d'alto), compte parmi les inventions les plus mémorables de Schumann, comparable en son éloquence troublée à l'ouverture du Concerto pour violoncelle, dans le même la mineur mélancolique. Tout au long du mouvement, les barres de mesure sont dissimulées par des syncopes et des phrases que se chevauchent: comme si souvent chez Schumann, il y a, tôt ou tard, comme un effet d'image un peu floue. Cette dissimulation de divisions nettes est des plus saisissantes à l'apogée du mouvement, quand le violon, après avoir joué par deux fois une version, intensément élargie, de la phrase inaugurale - la seconde fois une octave plus bas -, poursuit le thème dans le tempo original; la réexposition a commencé avant qu'on s'en aperçoive.

Avec ses phrases interrogatives, heurtées, et ses pauses fréquentes, l'Allegretto renoue un peu avec la poésie fantasque de la musique pianistique du Schumann des années 1830. Il regarde aussi vers l'Intermezzo du Concerto pour piano, également en fa majeur. Le contraste naît d'une mélodie dolente, en fa mineur, et d'un épisode de type scherzo utilisant à des fins fantasques une gaillarde petite figure rythmique de la section d'ouverture: avec son léger hungarisme tzigane, cette musique est aussi irrépressiblement extravertie que la Sonate est émouvante.

S'ouvrant sur un thème de moto perpetuo en imitation canonique libre (écho d'une invention bachienne à deux parties), le finale teinte une farouche énergie d'un certain enjouement lorsque les instruments se passent et se repassent des fragments du thème. Après un accès de contrepoint vigoureux au début du développement, Schumann introduit un chatoyant cantabile violonistique, dans le radieux ton de mi majeur, bientôt étayé par les doubles croches du thème principal. La réexposition, perçant de la mineur à la majeur, semble promettre une fin optimiste. Mais soudain, retour à la mineur et le violon entonne doucement la phrase liminaire du premier mouvement sur fond de bribes de doubles croches pianistiques - l'une des réminiscences thématiques les plus subtiles et les plus lancinantes de Schumann. Le thème de moto perpetuo ne tarde pas à affirmer sa suprématie; et les pages conclusives sont une démonstration de brio, quoique tempéré jusqu'au bout par la causticité du ton mineur. [...]"

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Peter RYBAR
et Hélène BOSCHI enregistrent cette oeuvre le 10 novembre 1960, pour la Radiodiffusion-télévision française à l'occasion des cérémonies marquant le 150e anniversaire de la naissance de Robert Schumann.

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L'enregistrement que vous écoutez...

Robert Schumann, Sonate No 1 en la mineur pour violon et piano, Op. 105, Peter Rybar, violon, Hélène Boschi, piano, 10 novembre 1960, Radiodiffusion-télévision française, Paris

1. Mit leidenschaftlichem Ausdruck, «avec une expression
passionnée» 07:21
2. Allegretto 03:36
3. Lebhaft, «animé» 04:34

Radiodiffusion (Archives RTF resp. INA) -> WAV -> mp3 320 kbps

Pour les fichiers en format FLAC (donc comprimés sans pertes) voir cette page de mon site.

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