Les Pâtres de la Lé

Les Pâtres de la Lé

1931
© Collection Marco Epiney
Michel Savioz

Alpage de la Lé, 1931

Chalet « Chiessette » au fond des Plats de la Lé-Zinal

Fruitier : Crettaz Etienne, père de Pierre et d'Anselme

Grand-père de Bernard /de Sylvain et d'Etienne.

Pâtre : Bonnard Joseph, né en 1881, de Jean et de Margeron Rion

Père de Siegfroid et Albert, Grand-Père de Pierre, Luc / André, Michel, Rémy, Charly

Mié : Vianin Robert de Pierre, 18 ans

Oncle de Jacki, Jean-Yves Melly et Jacinthe-Hélène Massy-Melly

Petit Pâtre : Barmaz Rémy, né en 1915, d'Etienne

Père de Madeleine Crettaz-Barmaz, épouse de Simon

Mayot : Vianin Pierre, de Pierre, Ayer

Frère de Robert.

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  • Michel Savioz

    Renseignements notés par Sigfroid Bonnard de Joseph, au verso de la photographie.

  • Alain Zuber

    Cette photo avec annotations est fort intéressante. Ceux qui sont intéressés par l’alpage de La Lée trouveront des photos similaires et davantage de détails dans l’ouvrage de Léon Monnier publié en 1882 chez Monographic à Sierre : Les hauts pâturages de l’été. L’alpage de La Lée sur Zinal. Le "chiesso" ou chalet d’alpage est l'habitation principale de l’alpage ! C’est là que les pâtres séjournent en début et en fin de saison. Entre temps, ils "remuent" avec ustensiles et chaudière dans les différentes parties de l’alpage où l’herbe est jugée, par le maître, suffisante pour les vaches ; les abris y sont encore plus sommaires et sont appelés les "Remointz".

  • Michel Savioz
  • Alain Zuber

    Le "mayo" ou "maïo", est encore un enfant comme partout ! Il est en charge des cochons qui se nourrissent des restes du petit lait après la fabrication du sérac. Le "mié" est le muletier. A l’alpage, il participe à la traite et assure le transport entre les différentes places occupées à tour de rôle dans l’alpage. Il effectue ainsi de nombreux trajets entre le "chiesso" et les "remointz" pour y transporter du bois de chauffe pour la chaudière et au retour les fromages frais. Une ou plusieurs fois durant la saison il descend avec le mulet au village. Il en profite pour rencontrer sa parenté et celle des pâtres, il donne des nouvelles et écoute celles du village, il s’attarde un peu longuement dans les caves… Finalement, c’est assez tard que le "miè" et le mulet reprennent le chemin de l’alpage chargés d’un peu de vin et de quelques victuailles pour tout ceux qui, là-haut, attendent et veillent impatients dans la nuit ! Dans son livre sur La Lée, Léon Monnier évoque une jolie histoire survenue en 1932 et rapportée par le fruitier Albert Theytaz : - Un matin de juillet 1932, peu après le lever du soleil, une petite mule noire, sans autre harnachement que son licol, la longe pendante, sa sonnaille autour du cou s’en vint mettre brusquement ses naseaux à la porte de la « tsijièré» des Plans. Immobile, le regard confiant, elle semblait réclamer le droit d’asile. Le «mié» la reconnut immédiatement ! « Eh ! Pipette ! dit-il, que viens-tu f... par là ?» Et bien, Pipette avait tout simplement déserté l’alpage de «Barnoja» tout là-haut dans le lointain et rejoint, sans crier gare, son pâturage de l’année précédente et son ancien maître. Elle entendait, semblait-il, dans son langage, fuir des pentes trop escarpées, une herbe trop ligneuse et, qui sait, peut-être des pâtres dépourvus de toute tendresse à son égard. Le «mié» ému par un témoignage si touchant de fidélité et d’attachement plaida en vain pour un échange. Solution irrecevable, génératrice de colère, de protestations, de citations devant le juge. On ramena «illico» la fugueuse à ses employeurs responsables de Barnoja qui la condamnèrent à la longe, attachée à un piquet de peur d’une nouvelle fugue. La pauvre en perdit l’appétit et, c’est maigre et efflanquée qu’elle regagna le village en fin de saison.