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Slowdive à Nox Orae

25 août 2017
David Glaser, le web éditeur

Le festival Nox Orae est une petite perle musicale du Lac Léman. Installée dans le Jardin Roussy à la Tour de Peilz depuis douze ans, la manifestation qui se déroule désormais sur deux soirs à la fin du mois d'août a fait venir quelques géants de la musique indépendante comme Spiritualized en 2019, Foxygen et The Jesus & Mary Chain en 2017 ou encore Slowdive le vendredi 25 août. C'est de Slowdive qu'est venu le revival shoegaze-dreampop au milieu des années 2010, à la faveur d'un emballement sur le réseau social audio Soundcloud. Voici le récit de leur passage en Romandie.

Slowdive est de retour. Et quel retour! En janvier 2017, le clip de « Star Roving » est arrivé comme un choc. Le groupe britannique Slowdive a, avec cette simple vidéo postée sur YouTube, conjuré le mauvais sort qui s’était abattu sur lui à la fin des années 90 avec la montée irrésistible de la Britpop d’Oasis et des Manic Street Preachers, du revival new-wave et powerpop de groupes comme Placebo puis plus tard The Killers. S’il y a un seul groupe qui aurait pu ressembler à la proposition Slowdive, je nommerais évidemment Ride. Mais il faudra y ajouter à cette short-list la première période de Blur. Ces deux groupes ont commencé avec les guitares saturées et flottantes (« Drive Blind », meilleur titre du groupe Ride - des natifs d’Oxford - à mon goût et « She’s so High » sur l’album Leisure, le tout premier album de Blur - des artistes originaires de Colchester). Blur prendra la diagonale inverse à la galaxie des groupes de Shoegaze pour rejoindre des formations plus costaudes sur le plan de la mélodie populaire, afin de montrer toute l’étendue de son talent de décapsuleur de hits. Blur deviendra fer de lance de la Britpop.

Banlieusards bourgeois

Le mouvement Shoegaze rassemble des noms clinquants : My Bloody Valentine, Chapterhouse, Catherine Wheel, Swervedriver, The Jesus and Mary Chain et Ride donc. Il avait trouvé une place dans les journaux hebdo spécialisés dans la pop-music à tendance alternative, le NME et le Melody Maker, mais aussi les mensuels Vox, Uncut ou Sound. Slowdive apparaissait cependant comme le mal-aimé, considéré comme un groupe sudiste, composé de banlieusards bourgeois (Reading est à moins d’une heure de Londres par l’autoroute et est en effet une ville plus que middle-class) alors qu’ils n’avaient pas plus de fortune cachée en Suisse que leurs voisins et collègues de Creation Records Ride, venus eux d’Oxford, une ville encore plus aisée.

Le groupe a eu le temps de produire trois albums très différents les uns des autres dont un avant-dernier nommé "Souvlaki", injustement disqualifié par une partie de la presse rock. Prenant le large avec le son Shoegaze pur (des guitares stridentes travaillées aux effets de distorsion mais une sensation assez cotonneuse engendrée par l’effet de multiplication des couches de son et de la compression des pédales d’effets), Neil Halstead ouvra Slowdive à l’electro ambient, autre mouvement très en vogue dans les oreilles des Anglais à l’époque avec The Orb, Orbital, 808 State et de nombreuses autres formations. Autre sujet de moquerie, le travail sur la voix de Rachel Goswell a souvent été un problème pour les amateurs de rock. La production des voix est, comme l’on aimait les entreprendre fin des années 80, assortie de beaucoup de reverb’ (Cocteau Twins, Voice of the Beehive, Dead Can Dance ont aussi connu ça…) et les couches superposées avaient ce côté précieux qui insupportait les critiques rock tentés par le rock masculin des frères Gallagher et l’immédiateté du grunge.

A l'affiche avec Jesus & Mary Chain

2017, Slowdive est l’invité de Nox Orae et Mathias Kerninon, le responsable de presse du mini-festival indie-pop de La Tour-de-Peilz, m’invite backstage pour discuter avec Simon Scott et Neil Halstead, respectivement batteur et guitariste-chanteur du groupe culte. Un moment important. Slowdive a sorti son quatrième album « Slowdive » au début de l’année 2017 et son succès est incroyable. Il a atteint la cinquantième place du Billboard 200 aux Etats-Unis, au milieu de tous ces artistes rap, r&b, pop et country, c’est un exploit. Le Royaume-Uni a aussi consacré la place que Slowdive méritait d’avoir. A l’heure où Oasis repose en paix et que les frangins Gallagher continuent des carrières honorables mais secondaires, Slowdive semble être, ironie de l’histoire, l’un des deux seuls rescapés de la scène Shoegaze propulsée par des labels comme Creation dans les années 80/90. Autre moment magique pour les amateurs du genre Shoegaze, ce sont leurs confrères écossais, The Jesus & Mary Chain, eux aussi autrefois membres du label Creation d’Alan McGee, qui s’offrent une place de choix sur l’affiche du festival de la Riviera.

A mon micro, Simon Scott, le batteur de Slowdive explique ce qu’il pense du 3e et avant-dernier album du groupe sorti en 1995, un album qu’il adore, même s’il n’a pas joué dedans. Neil Halstead, le chanteur-guitariste, principal compositeur et cofondateur du groupe Slowdive avec Rachel Goswell, se joint à la conversation. Les deux membres de Slowdive Neil et Rachel se connaissent depuis l’enfance. Ils ont eu l’idée de Slowdive en 1989 après avoir joué de la musique ensemble depuis déjà six années. Neil parle des techniques d’enregistrement dans les années 1990, des moyens très différents. La musique de Slowdive inspire des commentaires plutôt élogieux de la part de beaucoup de critiques musicaux et de musiciens amateurs du genre dream pop/shoegaze aujourd'hui, ce qui le ravit et le surprend. Mais il faut croire que leur musique s’inscrit, à la lecture des avis, parfaitement dans le contexte mondial incertain. Elle est comme une bande-son apaisante, parfaite pour guérir de ses maux du quotidien.

Un œil sur Ride et Kevin Shields

Le groupe a réussi l’exploit de classer son album « Slowdive » (Dead Oceans) en 2017 dans le Top 20 du classement mainstream des albums les plus vendus au Royaume-Uni. En 1991, pour la sortie de « Just For a Day », Slowdive n’avait pu que briller dans les charts indépendants, moins synonymes de succès commerciaux. Mais l’époque a changé. Les musiciens de Reading constatent avec plaisir qu’une nouvelle génération de fans est née, celle des milléniaux, ceux qui ne consomment la musique quasiment qu’avec le web. Le groupe a cependant retrouvé depuis leur reformation quelques vieilles connaissances le long de la route dans des festivals d'été, c'est le cas de Ride. Neil et Simon aiment beaucoup ce que Mark Gardener et Andy Bell du groupe Ride deviennent musicalement. Quant à My Bloody Valentine, c’était le groupe préféré de Neil, certes moins présent depuis leur première reformation. Le groupe anglo-irlandais a mis des années à produire un troisième album et fait peur aux programmateurs de salles de concert car MBV joue fort, trop fort et perturbait souvent ses fans les plus fidèles avec cette posture. Neil et Simon ont gardé un œil sur l’évolution de Kevin Shields, le leader, mais aussi sur leur bassiste Debbie Googe croisée sur un concert de Thurston Moore avec qui elle a joué quelques années auparavant au For Noise Festival de Pully. Les projets solo sont toujours d’actualité pour les membres de Slowdive et ils souhaiteraient faire des musiques de film. Un spot publicitaire a utilisé un remix d’une des chansons du groupe pour la boisson énergisante Lucozade. Preuve que Slowdive inspire au-delà de sa sphère alternative. Un groupe culte, on vous dit.

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  • Renata Roveretto

    Cher monsieur David Glaser, ce festival ressemble et me rappel un peu celui des fêtes qui avaient lieux dans le temps en mois de mai à Vevey, avec la naissance de " Animai " en 1982 par monsieur Mike Ingle, sage personnage lequel était animateur de rue depuis de longues années, et déjà très connu dans la région à ce moment là. C'était une Fête très appréciée comme aussi Mike Ingle, festival lequel avait lieu en toute modestie au Jardin du Rivage à Vevey, ceci avec beaucoup de groupes régionaux souvent de styles très différents les un des autres. Et juste pour être un peu plus précis au sujet de votre festival cité ici, celui-ci a lieu entre le Quai Roussy et l'avenue du Lac. Un Festival, que d'ailleurs je n'ai pas encore fréquenté...

    • David Glaser, le web éditeur

      Bonjour Renata, merci pour cette précision, je ne connaissais pas. Pour l'adresse de la "Nox Orae" qui a lieu les 27 et 28 août cette année avec ERik Truffaz en tête d'affiche, je vais rectifier dans le GPS de notreHistoire. Bonne journée David

18 août 2021
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