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Autour du Cervin Repérage

1 février 2011
© Luc saugy
Luc Saugy

AUTOUR du CERVIN (4478 m).

Par Luc Saugy

Cette page tente de montrer la physionomie du Cervin sous ses différents angles à l'aide de photos noir/blanc datant des années 1900 à 1955 appartenant à la collection de l'auteur. Ce sont des tirages, films ou stéréos numérisés, dont la plupart figurent sur le site de l'auteur (saugy-photo.fr) ; quelques unes en sont absentes. Le lecteur de cette page pourra situer les noms cités sur la carte de Whymper ou sur la carte Siegfried. C'est le moment de rappeler que Ed. Whymper fut le vainqueur du Cervin, en le gravissant par l'arête du Hörnli en 1865, avec 6 guides et compagnons ; lui seul revint, avec ses 2 guides Zermattois, Taugwalder, père et fils. Il fit le récit de cette première et de ses autres tentatives et ascensions dans un livre d'où est extraite cette carte.

Fragment de la carte de la région de Zermatt extraite du livre de Ed. Whymper « The Ascent of the Matterhorn », 1880, John Murray éd.

Gravure extraite du livre de Whymper le représentant devant l'hôtel Monte Rosa, avec des membres de l'Alpine Club.

Inauguration de la plaque du 60ème anniversaire de l'ascension du Cervin, en 1925, devant le même hôtel Monte Rosa. En 1915, pour le 50ème anniversaire, les Anglais étaient occupé à faire la guerre en France, dans la Somme. Au centre de la photo, le Général Bruce, président de l'A.C. Il avait dirigé l'expédition de 1924 à l'Everest (photo Hélène Brandt, seule photo connue de cet événement).

(Article, Gazette de Lausanne 1925. Photo Wikipédia, par Sylvie Bazzanella)

Au cours de ses tentatives au Cervin par l'arête italienne, Whymper avait utilisé une tente pour bivouaquer, dont la gravure figure dans son livre.

La tente de Whymper, préservée au fond d'un placard dans un petit hôtel du Breuil-Cervinia y était encore visible en 1954 ; Georges Saugy l'y avait photographiée en 1952.

La tente de Whymper photographiée avec l'échelle que le géologue / alpiniste Giordano avait utilisée lors d'une tentative avec le guide Jean-Antoine Carrel.

(photo Georges Saugy, 1952)

La feuille au 1/50 000 Matterhorn de l'atlas Siegfried, utilisée jusqu'à vers 1945.

La carte de Whymper et la carte Siegfried permettront au visiteur de situer tous les lieux cités.

Le portrait mondialement connu du Cervin est bien sûr pris de Zermatt ; en montant à pied la vallée de Zermatt, ce que plus personne ne fait, on aperçoit déjà sa pyramide depuis avant Randa. Cervin, Matterhorn en allemand, traduction « corne du pré » ; le pré, ce sont les pâturages autour de Zermatt.

Le Cervin vu des environs de Randa (Herbriggen), en montant dans la vallée de Zermatt.

(photo Hélène Brandt, 1925)

A Zermatt, le Cervin montre sa vue classique, mondialement connue ; Zermatt, Praborgne en valdotain (« praz » = pré), le pré fermé, par le Cervin précisément…

Le Cervin en majesté vu de Zermatt: c'est une pyramide parfaite, 4 faces et 4 arêtes ; ici, la face Est à gauche, l'arête du Hörnli, la voie de la conquête, devant, la face Nord à droite et l'arête de Zmutt à l'extrême droite.

(Photo Hélène Brandt, 1925)

Il faut ensuite sortir de Zermatt et passer par le hameau de Winkelmatten pour voir la pyramide entière, depuis sa base.

A Winkelmatten, le Cervin apparaît entièrement.

(Photo. Hélène Brandt, 1925).

En poursuivant dans le vallon de Zmutt, le Cervin nous offre toujours le même profil, comme le montre une photo d'Emile Gos, prise en hiver dans les années 20. Emile Gos faisait partie d'une fratrie de 3 : lui-même était un photographe professionnel, alpiniste, son frère François était peintre, et Charles écrivain, auteur de romans mettant en scène la montagne.

Vue d'hiver du Cervin prise au fond du vallon de Zmutt vers 1920.

(photo Emile Gos).

En montant ensuite vers la crête prolongeant l'arête du Hörnli, du côté de Staffelalp, le Cervin prend un allure plus trapue, moins élancée, mais plus puissante, due à la vue raccourcie, en contre-plongée.

Le Cervin, vu de Staffelalp.

(photo anonyme prise en 1917, coll. Michel Guex).

<span><span>                     "Les 2 seules photographies de cette page sans le Cervin: <br></br>                          Le Lac Noir, situé sur la Crête descendant du Hörnli".<br></br><br></br>                                     ( photos Hélène Brandt, 1921-1925)<br></br></span> </span>                            <br></br><br></br>

La « Haute Route » Martigny - Zermatt permet d'aborder le Cervin d'une autre façon en offrant ainsi des vues moins classiques. En venant de la cabane de Chanrion, au fond de la vallée de Bagnes, puis en passant par la cabane des Vignettes, on atteint le col de Valpelline. C'était l'itinéraire de LS avec son père, sa sœur et un petit groupe de skieurs, à Pâques 1952. C'est au col de Valpelline que le temps, médiocre, se levait enfin, et permettait de descendre vers le glacier de Zmutt en longeant les flancs Nord de la Dent d'Hérens et du Cervin. Celui-ci se montre alors sous des aspects moins classiques que depuis Zermatt.

En descendant du col de Valpelline, vue de l'arête italienne du Cervin, avec la « Tête du Lion », de sa face Ouest et de l'arête de Zmutt (de d. à g. ). C'est la fin de l'après-midi, les ombres s'allongent.

(photo Georges Saugy, 1952).

En poursuivant la descente sur le glacier de Zmutt, vue en enfilade sur l'arête de Zmutt ; C'est le lendemain matin, la photo suivante aussi. Le Cervin est illuminé depuis l'autre côté.

(photo Georges Saugy, 1952).

Plus bas, passé le glacier de Zmutt, nous retrouvons le Cervin sous son aspect classique.

(photo Georges Saugy 1952).

Certains 4000 du val d'Hérens et du val d'Anniviers offrent aussi de beaux points de vue sur le versant Nord du Cervin.

Au fond du val d'Hérens, la Wandfluh, prolongement de l'arête Sud de la Dent Blanche, offre une vue superbe de l'arête de Zmutt : une arête neigeuse effilée et un « nez », surplombant, qui se tourne par la droite. A droite, l'arête italienne, avec son épaule, et la tête du Lion, tout à droite. A gauche, passée l'arête du Hörnli, c'est le Breithorn, dans les nuages.

(photo Adrien Bonjour, Juillet 1955)

Au fond du val d'Anniviers, l'Obergabelhorn offre depuis son sommet une vue impressionnante sur la face Nord du Cervin, à 6 km, de l'autre côté du glacier de Zmutt. Son ascension était l'un des 3 derniers problèmes des Alpes, avec la face Nord de l'Eiger et celle des Grandes Jorasses. Elle fut gravie, avec un bivouac, en Septembre 1931 par les frères Schmid, venus en vélo de leur Bavière natale. Elle a été gravie par Ueli Steck en 1 h 56' en Janvier 2009. A-t-il seulement pris le temps de se retourner pour voir l'Obergabelhorn ? O tempora, O mores ! comme le disait Cicéron, qui n'était pas alpiniste…

(photo Luc Saugy, Oct .1964).

Passons maintenant aux versants oriental et méridional du Cervin. Sa face Est commence à bien se laisser apercevoir depuis Findelen, sur le versant septentrional du Gornergrat. C'est un hameau, avec sa chapelle, proche de extrémité du glacier du même nom. Ensuite, en poursuivant vers le Sud, c'est extrémité Sud du Gornergrat et le glacier du Gorner qui nous montrent entièrement la face Est.

Le Cervin depuis Findelen : de gauche à droite: l'arête de Furggen, la face Est, l'arête du Hörnli, la face Nord et l'arête de Zmutt.

(photo Hélène Brandt, 1925).

Le Cervin et sa face Est depuis le Riffelsee. A gauche l'arête de Furggen, à droite, celles du Hörnli et de Zmutt, qui se confondent.

(photo Hélène Brandt, 1925).

Le Cervin et sa face Est, à extrémité du glacier du Gorner, depuis la cabane du Mont Rose, au soleil couchant.

(photo Luc Saugy, Juin 1956).

Le Cervin, en montant de l'autre côté du Gornergrat, au col de Schwarztor et au Breithorn. La face orientale est ensoleillée . A droite, l'arête du Hörnli, au milieu celle de Furggen, à gauche, en enfilade, la face italienne.

(photo Luc Saugy, Juin 1956).

Curieusement, bien qu'elle soit passée plusieurs fois à Breuil-Cervinia, ensemble ou séparément, la famille Saugy, mère, père et fils n'a pas pris de photos du versant Sud du Cervin. Sans doute n'est-il pas assez photogénique de ce côté-là. Les vues du versant italien et d'autres plus détaillées des arêtes sont numérisées à partir de tirages de photos de Guido Rey, alpiniste et écrivain valdotain (1861-1935) publiées dans son livre « Le Mont Cervin », SPES éd, vers 1920, et donnés à H. Brandt, qui le connaissait bien ; en particulier une de l'arête italienne qu'ils semblent avoir gravie ensemble en 1927.

Le versant italien (Sud) du Cervin., vu du lac Bleu, près de Breuil-Cervinia. Le tour du Cervin est bouclé ; la tête du Lion que l'on voyait à droite du Cervin en descendant le glacier de Zmutt est à gauche., avec l'arête italienne. C'est ce versant et cette arête qui ont fait l'objet de nombreuses tentatives avec le guide Jean-Antoine Carrel, avant l'ascension en 1865 de l'arête du Hörnli par Whymper.

(photo Guido Rey 1900-20).

Les 4 arêtes du Cervin ont à peu près la même structure : une épaule surmontée par un à-pic plus ou moins surplombant mettant en évidence une tête individualisée. L'origine en est géologique : jusqu'aux trois quarts de sa hauteur, depuis sa base, le Cervin est constitué par la série d'Arolla des nappes Penniques, et sur laquelle repose sa tête constituée par la série de Valpelline ; d'où une érosion différentielle. La portion la plus raide de l'arête du Hörnli, bien que la plus facile, est seule équipée de cordes fixes ; pas loin d'une via ferrata.

L'arête du Hörnli, photo prise derrière la cabane du Hörnli. C'est la voie de la première par Ed. Whymper. L'arête de Furggen à gauche, la face Est, l'arête du Hörnli et la face Nord à droite.

(photo Hélène Brandt, 1925).

L'épaule de l'arête italienne.

(photo Guido Rey, 1927).

Le « nez », surplomb de l'arête de Zmutt.

(Photo Guido Rey, avant 1920).

L'épaule de l'arête de Furggen. Tout en bas, au fond, le glacier de Théodule.

(photo Guido Rey, prise sans doute lors de sa tentative à cette arête, en 1899).

Le passage clef de l'arête de Furggen.

(photo Guido Rey, 1899 ?).

Le sommet du Cervin. Ni croix ni vierge encore. Un des alpinistes (en haut à droite), est le violoniste Emile de Ribaupierre, fondateur de l'orchestre de chambre et de l'institut éponymes. En bas, Hélène Brandt et Georges Saugy, qui échangèrent leurs bagues de fiançailles ce jour-là. C'était la troisième ascension du Cervin par H. Brandt (1921, Zmutt, 1927, arête italienne) ; c'est elle qui était en tête de cordée, ce jour-là. (photo Hélène Brandt, 1928).

Le signal du sommet est un signal topographique destiné à la triangulation par théodolite entreprise à cette époque pour l'élaboration de l'atlas Siegfried. Ces mires ont été construites sur la plupart des sommets suisses entre 1870 et 1926.

Luc Saugy © , 2011

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4 février 2011
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