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L'affaire Fentener

1960
David Glaser, le web éditeur

Henri Fentener était un Américain aux racines hollandaises avec un look un peu dégingandé. Riche héritier, il a fait construire une villa selon les plans voulus par son père. Ce qui n'a pas plus à un de ses voisins de Saint-Sulpice.

Une vraie lutte s'ensuit, une histoire à dormir debout opposant un citoyen, ce qui a de plus honnête, portant la barbe "à la Bismarck" comme le dit le Nouvelliste du Rhône et son voisin, les autorités locales et mêmes cantonales. Fentener fume la cigarette, en répondant aux reporters de la presse filmée, c’est-à-dire de la TSR. Il contraste avec le côté très "propre en ordre" de Monsieur Wolff, on est dans la lutte des styles.

Ainsi tout a commencé en 1960 avec un banal conflit de voisinage qui va prendre des proportions incroyables. Le monsieur qui habite juste à côté de Fentener s’appelle Wolff. Il loue une villa appartenant à un certain Monsieur Tacheron qui, lui. avait donné son accord pour la construction de la villa de Fentener. On va reprocher à Fentener d’avoir construit 40 cm plus haut de la hauteur autorisée, à partir de plans validés par les autorités et supervisés par un architecte.

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Les deux messieurs Fentener et Wolff sont irréconciliables, sans aucun doute, mais voilà que Fentener va devoir partir de Suisse, les autorités locales et cantonales ont voulu le faire passer pour quelqu’un de procédurier et peu recommandable, quelqu’un de fou. Même le syndic de Saint-Sulpice y va de son laïus anti-Fentener, lui reprochant de ne pas céder à la loi vaudoise. Courroucé, Monsieur le Syndic propose à Fentener d’aller voir au Pays-Bas ou aux Etats-Unis si on est aussi large dans l’acceptation de "ses caprices". Mais visiblement, de caprice il n’y a pas eu. Quelqu’un ici dans le canton de Vaud peut encore en témoigner aujourd’hui en 2021, c’est Jean-Frédéric Mayor, habitant de Chigny sur Morges. A cette époque, c’est son premier emploi et il raconte que tout ça a sans doute commencé avec ses révélations à son patron un contremaître respecté de la Côte vaudoise.

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En 1990, après près de 30 ans de lutte, des dizaines et des dizaines de milliers de francs engloutis dans les procédures, le Tribunal fédéral donne raison à Henri Fentener, nullement responsable d’avoir voulu construire 40 cm plus haut que la hauteur autorisée. S’il y a eu erreur, c’est celle de l’architecte qui n’avait pas pris la bonne cote à la base. Ruiné mais heureux de réintégrer sa maison Fentener témoigne qu’il a su se défendre parce qu’il était riche.

En 1990, le magazine américain Time avait raconté cette histoire dans un long article, pas glorieux pour Saint-Sulpice et sa municipalité, pas glorieux non plus pour le canton de Vaud.

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2 novembre 2021
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