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Projet Tour Tschumi

1961
Palais de Beaulieu, Lausanne
Jean Tschumi - Alexandre Sarrasin
Jean Tschumi - Alexandre Sarrasin

LA TOUR DE LAUSANNE

et l’aménagement du quartier de La Pontaise

L'idée initiale d'une haute tour à édifier à Lausanne revient au professeur Alexandre Sarrasin, ingénieur. Celle-ci séduisit la Direction de la Foire nationale d'automne de Lausanne qui vit là l'occasion de réaliser un ouvrage précieux du point de vue touristique, et où pourraient trouver place un centre universitaire et un centre de congrès.

L'aspect architectural de l'édifice avait une grande importance. On fit appel à un maître de l'architecture, le regretté professeur Jean Tschumi, qu'une mort prématurée aura empêché de diriger l'exécution de cette œuvre, mais qui a laissé derrière lui un remarquable projet prévoyant non seulement le dessin et la construction de la tour, mais l'aménagement de tout un quartier auquel elle serait intégrée et dont elle serait l'élément capital.

CARACTÉRISTIQUES DE LA TOUR DE LAUSANNE

Le projet Tschumi est basé sur une tour en forme de vis se rétrécissant en sa partie médiane pour s'élargir progressivement jusqu'au faîte du belvédère. La ligne continue en est agrémentée par la torsion des deux demi-circonférences qui la composent de la base au sommet. Le diamètre de la base est de 26 - 30 m., se rétrécissant jusqu'à 20 mètres au niveau des étapes, à 7,50 m. au 2/3 du fût, pour s'élargir progressivement dans la partie supérieure et atteindre 15 m. à la première plateforme à ciel ouvert.

La hauteur du fût est de 225 m., à quoi s'ajoute la flèche de 100 m., ce qui porte la hauteur totale à 325 mètres.

Comme dans le premier projet, le fût de la tour est en béton, mais la partie supérieure est entièrement en aluminium et en verre.

La partie inférieure du cône est traitée sous la forme d'un grand hall sur deux niveaux autour duquel tourne une rampe hélicoïdale à pente douce de 6 m. de largeur et de 3°, l'ensemble représentant 1.950 m² de surface utile. Le hall au 2ème niveau est surmonté lui-même de dix étages d'une surface utile totale de 2.000 m². Le belvédère comprend une partie pleine dans laquelle figure la centrale de climatisation, une première partie vitrée réservée à l'économat, une deuxième destinée aux cuisines, puis des restaurants superposés surmontés par deux terrasses à ciel ouvert. La surface utile du belvédère est de 1.000 m².

Des terrasses jaillit la grande flèche qui achève l'édifice.

Les dix étages au pied de la tour sont desservis par deux ascenseurs d'une capacité de dix personnes chacun (vitesse 2,5 m. seconde) et par une rampe d'escaliers. Le belvédère est desservi par deux autres grands ascenseurs ultra-rapides d'une vitesse de 6 m. seconde et d'une capacité de 20 personnes chacun. On accède à la Tour de Lausanne, côté sud au niveau de la place Beaulieu, côté nord au niveau de la place de la caserne.

L'effet du vent sur la Tour est peu sensible. D'après les calculs de l'ingénieur Sarrasin, il n'excédera pas les normes adoptées à Stuttgart, par exemple, où, par un vent de 160 km. heure, l'amplitude, au niveau du belvédère, ne dépasse pas 12 cm.

L' AMÉNAGEMENT DU QUARTIER DE LA PONTAISE

Telle que l'architecte Jean Tschumi l'a conçue, la Tour de Lausanne entre dans un plan d'urbanisme concernant l'aménagement et l'ordonnance du quartier de la Pontaise, dont la Tour elle-même, tout en achevant les installations du Palais de Beaulieu, devient en quelque sorte le pivot.

L'actuel terre-plein devant la Caserne est remplacé par une vaste esplanade, qui dote la ville de Lausanne d'une seconde grande place, plus étendue encore que celle de la Riponne. De cette esplanade, un escalier monumental crée un nouvel accès au Stade Olympique à l'échelle de celui-ci.

Un grand bâtiment, sur l'emplacement actuel de la Caserne, donne sa structure à cet ensemble et conditionne l'implantation d'une série d'immeubles tels qu'ils sont prévus sur le plan d'aménagement du quartier de l'Ancien Stand, et du futur quartier qui se dressera sur la campagne Larguier des Bancels.

En élargissant ainsi l'ensemble du problème que lui posait la Tour de Lausanne, l'architecte Jean Tschumi la justifie non seulement en fonction du Palais de Beaulieu, mais de tout le quartier du nord-ouest de la ville de Lausanne.

INTÉRÊT DE LA TOUR POUR LAUSANNE ET LA RÉGION

Le projet élaboré par l'architecte Jean Tschumi à la demande du Comptoir suisse présente un intérêt incontestable non seulement pour Lausanne, mais pour l'ensemble de la région.

Pour Lausanne et le canton, la réalisation de la Tour apporterait une solution à trois problèmes qui se posent avec toujours plus d'acuité: le renforcement de leur attrait touristique, le complément indispensable à l'équipement de Lausanne, centre de congrès, l'extension de l'Université, singulièrement de son Ecole des hautes études commerciales.

Enfin, elle doterait la capitale vaudoise d'un monument à l'échelle d'un urbanisme qui, à première vue, pourrait paraître quelque peu hardi, mais qui est bien dans le style et dans les possibilités des grandes conceptions de l'architecture contemporaine.

L'architecte J. Tschumi s'est heureusement déjà exprimé quelquefois en Suisse et plus encore à l'étranger. Il faut souhaiter que les circonstances permettent la réalisation concrète d'un projet qui lui tenait particulièrement à cœur et qui constituerait sans doute une démonstration supplémentaire de son immense talent, dans une construction vraiment exceptionnelle.

" Dixit" 24 Heures le 16 Octobre 2012 - FAL le 5 Mai 1961

Vers la réalisation d'un projet sensationnel: une tour de 280 m dans l'enceinte de Beaulieu. Avec, à sa base, quinze étages sur rez et, à la cote de 225 mètres, un belvédère avec restaurant, terrasse et promenoirs.

Salles de 1000 places, bureaux, bibliothèque, auditoires et salles de séminaires au sol, vue hors du commun là-haut. De ce prodige de béton armé étudié par le bureau d'ingénieur Alexandre Sarrasin, Jean Tschumi, l'auteur du projet, dit à son fils Bernard en plaisantant: «On en fera un moulin à poivre pour touristes.»

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