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Genève et les Suisses Repérage

Genève et les Suisses

Texte de Louis Binz, 1930-2013, professeur à l'Université de Genève de 1971 à 1995.

Le 19 mai 1815, Genève devenait officiellement le vingt-deuxième canton suisse.

Elle n'entrait pas dans la Confédération comme étrangère. Trois siècles auparavant, menacée dans son indépendance par l'ambition des ducs de Savoie, elle avait trouvé le salut dans l'alliance de deux cantons suisses. Plus tard, l'aide helvétique lui fut un soutien puissant dans la défense d'une liberté sans cesse exposée. Au XVIIIe siècle, sans accéder au rang de canton, Genève est considérée comme un membre du Corps helvétique. Ces rapports si anciens avec la Suisse et les efforts de Genève pour conquérir et défendre son indépendance sont tellement mêlés qu'il est impossible de les dissocier.

Les foires de Genève et la Suisse

Les premières relations entre Genève et les Suisses furent des contacts commerciaux. Pendant la plus grande partie du Moyen Age, Genève est une petite ville épiscopale d'importance secondaire que rien ne distingue particulièrement, sans rayonnement politique, économique ou intellectuel. Brusquement, à la fin du XIVe siècle, cette cité s'élève au brang d'une des premières places économiques de l'Occident. Fréquentées par des marchands et des banquiers venus d'Italie, de France, d'Allemagne et des Pays-Bas, ses foires sont, pour un demi-siècle, parmi les plus animées de l'Europe. De 1400 à 1450, sa population double.

La route du Plateau suisse

Les causes de cette soudaine ascension ne sont pas toutes élucidées. Pourtant, il est certain qu'il faut attribuer une part essentielle à la position géographique de la ville sur la grande voie commerciale qui relie l'Allemagne du Sud et les pays danubiens à la vallée du Rhône et à la France méditerranéenne à travers le Plateau suisse. Cette artère vitale de notre pays, fort pratiquée à l'époque romaine, en déclin durant les premiers siècle du Moyen Age à cause du ralentissement général des échanges, renait la prospérité au XIIIe siècle. C'est à cette renaissance du trafic que des villes telles que Fribourg, Zurich, Saint-Gall, doivent leur développement. La solidarité unissant les territoires et les localités placés sur cette route fut un moteur décisif de leur réunion dans le sein de la Confédération. Cet itinéraire a eu, dans l'extension de la Suisse sur le Plateau, un rôle analogue à celui joué par le route du Gothard dans la formation de la Suisse primitive. En vertu de cette solidarité, la montée des foires de Genève ne resta pas sans conséquence sur les autres villes du Plateau. Les produits de leur industrie ou de leur agriculture s'écoulaient facilement sur l'ample marché qu'offrait Genève. Les meilleurs fournisseurs des foires étaient les Fribourgeois gros producteur de drap au XVe siècle. Plusieurs décennies durant, leur économie dépendit étroitement du sort des foires de Genève. Ne soyons pas surpris s'ils furent les premiers alliés et les premiers défenseurs de notre ville ! De la circulation accrue que suscitaient les foires, des localités sans industrie tiraient aussi de gros profits, les plus substantiels étant les revenus des péages. Les Suisse du Plateau avaient donc grand intérêt à la bonne marche des foires. Lorsque le roi de France, Louis XI, voulant avantager les foires rivales de Lyon, édicta, en 1462, des mesures sévères contre les foires de Genève, les Suisses craignirent de voir leur route abandonnée. L'année suivante, ils envoyèrent une ambassade à Louis XI pour demander des adoucissements en faveur de Genève. Cette démarche, vieille d'un demi-millénaire, vaut d'être rappelée : c'est la première intervention des cantons pour le bien de Genève. Les ambassadeurs suisses, il est vrai, revinrent sans avoir pu fléchir le roi. Ce refus n'empêcha pas les foires de Genève, momentanément diminuées, de reprendre, dès 1480, une activité notable. Si elles sont désertées par la plupart des négociants italiens et français, Allemands et Suisses alémaniques y affluent. Fait remarquable, cette croissance économique de Genève se déroulait dans une atmosphère politique tendue, dominée par la menace, qui pesait sur la cité, de perdre son indépendance.

Climat politique de Genève

En droit, Genève relève du Saint Empire romain germanique, comme toutes les régions de la Suisse et du Sud-Est de la France. En fait, c'est une principauté ecclésiastique gouvernée par un évêque qui exerce la seigneurie temporelle sur la ville de Genève, en plus de sa fonction de chef spirituel du diocèse. Depuis la fin du XIIIe siècle, l'autorité de l'évêque est battue en brèche par la commune et les comtes de Savoie. La commune ou communauté des citoyens, est, à l'origine, une association révolutionnaire. Les habitants s'organisent pour exiger de l'évêque des avantages politiques et économiques. Ce mouvement communal, on le sait, est un phénomène général qui se produit dans bien des villes européennes. Après un long conflit, la communauté net ses représentants gagnèrent leur droit à l'existence. Les privilèges acquis, les franchises de la ville, furent finalement sanctionnés par l'évêque Adhémar Fabri en 1387. Au XVe siècle, le Conseil général, c'est-à-dire l'assemblée de tous les membres de la communauté ­ la « landsgemeinde » genevoise ­, les quatre syndics et leurs auxiliaires, les conseillers, formant le Petit Conseil, s'occupent de tout espèce d'affaires touchant l'administration urbaine et parfois la politique extérieure, en collaboration ou en concurrence avec l'évêque.

Suivre également ce lien : l'origine des armoiries genevoises

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