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Un lieu, un creuset, une aventure : le Théâtre Populaire Romand, mon premier lien avec La Chaux-de-Fonds_26 Repérage

1 février 2014
2300, La Chaux-de-Fonds
Claire Bärtschi-Flohr
Claire Bärtschi-Flohr

Article écrit pour l'exposition qui s'est tenue au Musée d'Histoire de La Chaux-de-Fonds du 18 octobre 2014 au 20 septembre 2015, intitulée "D'une histoire à l'autre" et regroupant les récits d'une quinzaine de Chaux-de-fonniers racontant leur premier lien avec la ville

Je suis née à Genève, ville que j'ai quittée à l'âge de vingt et un ans. Après trois ans d'études à l'Ecole Nationale Supérieure d'Art Dramatique de Strasbourg, j'ai travaillé plusieurs années dans la troupe du TNS, à la Maison de la Culture de Rennes, ainsi qu'à Radio-France3.

Je connaissais mal La Chaux-de-Fonds, mais il m'arrivait de fantasmer sur elle. L'évocation de Brazilia, cité perdue dans la jungle d'Amérique du Sud me faisait rêver et je trouvais qu'il y avait des points communs entre ces deux villes. Toutes proportions gardées, la neuchâteloise aussi était isolée dans la montagne et entourée de sombres forêts. Les tunnels n'existaient pas encore. Les hivers étant plus rigoureux, le franchissement du col de la Vue des Alpes représentait un défi, même si les habitants vivaient et travaillaient alors dans le même lieu. Ce n'était pas encore « la mode » des pendulaires. Mais nous, gens de théâtre, nous passions « La Vue » en plein hiver et au milieu de la nuit parfois.

Avant d'y habiter, j'avais joué, au Théâtre de la ville, à quatre reprises*, dans des spectacles produits par les Centres Dramatiques de l'Est et de l'Ouest. En février 1969, nous eûmes bien de la peine à atteindre notre lieu de destination, où nous devions jouer le soir. Aux Loges, une tempête de neige nous obligea à redescendre sur Neuchâtel, où nous laissâmes la voiture et nous montâmes en train. Lors de ces tournées, nous logions à l'Hôtel de La Fleur de Lys. Et nous apprécions beaucoup certains bistrots, La Channe, Chez Riedus. Après le spectacle, nous étions invités dans un Cercle, établissement qui fermait très tard dans la nuit.

En 1969, Charles Joris, mon camarade d'études de Strasbourg et directeur du Théâtre Populaire Romand, installé depuis peu à La Chaux-de-Fonds, m'offrit le rôle d'Hortense dans Le Prince Travesti de Marivaux. Mais pas seulement. Ce qui me séduisit par-dessus tout, c'est qu'il me proposa de faire partie de son équipe de création**. Une superbe opportunité. Le salaire permettait tout juste de vivre mais il était versé douze mois sur douze, ce qui était rare dans la profession (cela n'a pas changé !).

Le lundi 4 août 1969, je commençai ma première journée de travail au TPR en effectuant une heure et demie d'entraînement physique. Tous les matins, la troupe grimpait le chemin des Romains jusqu'aux installations du Ski Club dont nous pratiquions les exercices. Ces souvenirs sont extrêmement présents dans ma mémoire. Pendant tout le mois d'août, le temps fut magnifique et déploya tout son charme pré-automnal, avec un soleil éclatant et un ciel très bleu. L'air était frais, vivifiant. J'arrivais de Bretagne, région que j'aime particulièrement, où j'avais passé deux ans à la Maison de la Culture de Rennes et à Radio-France.

On m'a trouvé un petit appartement ruelle des Buissons. A cette époque, les immeubles de cette rue étaient vétustes et habités par de vieilles gens. Les loyers étaient modestes.

J'ai pu ainsi m'installer avec ma fille de 7 ans, qui a immédiatement été intégrée dans une classe de l'école primaire de La Promenade. J'étais souvent absente. Je pus engager une merveilleuse jeune fille au pair en la personne de Viviane, une jeune Bolivienne.

Le travail au TPR était intense. Nous travaillions dur, de 9 heures du matin jusque tard dans la soirée. Nous assistions à des cours de formation continue, nous collaborions à la rédaction des « Cahiers », qui accompagnaient l'édition des pièces et nous rédigions des articles pour « Le Journal ». Les tournées étaient importantes. Nous jouions un spectacle un grand nombre de fois, en Suisse, mais aussi en France, en Belgique, en Italie. Nous voyagions beaucoup. Le Théâtre Populaire Romand avait alors le vent en poupe. Les créations succédaient aux créations. Nous travaillions en lien étroit avec les écoles en faisant de l'animation théâtrale.

Le Théâtre de la ville, petit bijou d'architecture, la troupe du Théâtre Populaire Romand, voilà mes premiers liens très forts avec cette ville.

Puis ce lien en a amené un autre. Un lien plus profond, qui m'a permis d'entrer dans l'intimité de certains habitants : mon remariage et la naissance de deux filles.

Cela fait maintenant quarante-cinq ans que je vis à La Chaux-de-Fonds.

Depuis, j'ai découvert que mon arrière-grand-père, horloger, était né au Locle, y avait suivi les cours de l'Ecole d'Horlogerie et que mon arrière-grand-mère, sa première femme, décédée très jeune, était de Sonvilier.

J'avais donc, sans m'en douter, des racines très anciennes dans « Les Montagnes ».

Claire Bärtschi-Flohr, février 2014.

*Les Chemins de fer de Labiche, Une Histoire à Irkoutsk d'Arbousov, Comment naît un scénario de Cinéma de Zavattini. Les Archanges ne jouent pas au billard électrique de Dario Fo.

**J'ai fait partie de la troupe de 1969 à 1973, j'ai collaboré ensuite au Roi Lear de Shakespeare en 1976-1977, puis au Théâtre pour enfants de 1994 à 1998.

Voir aussi : http://www.notrehistoire.ch/photo/view/69384/

Lire aussi : http://www.notrehistoire.ch/article/view/1391/

Voir aussi :http://www.rts.ch/archives/tv/information/3475373-le-tpr.html

Je suis la blonde aux cheveux longs, qui joue du tuba, qui chante et qui danse.

On y voit aussi Charles Joris, Pierre Halet, Emile de Ceuninck, Guy Touraille, Roger Jendly, Yvette Théraulaz, Jean Hutin, Gérard Despierre, Michèle Gleizer, Jean-François Drey, Alain Rothstein, Claude Rossel, Jean Gazareth...

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