Nous analysons de façon anonyme les informations de nos visiteurs et membres, afin de leur fournir le meilleur service et satisfaire leurs attentes. Ce site utilise également des cookies, notamment pour analyser le trafic. Vous pouvez spécifier dans votre navigateur les conditions de stockages et d'accès aux cookies. Voir plus.
Les mères travaillent pour faire face aux dépenses du ménage

Les mères travaillent pour faire face aux dépenses du ménage

23 novembre 2012
Martine Desarzens
Martine Desarzens

"Les enfants avec la clé autour du cou". C'est comme ça que l'on appelait les enfants qui restaient seuls à la maison après l'école enfantine pendant que leur mère travaillait. Ces mères travaillaient car un seul salaire ne suffisait pas à faire face aux dépenses du ménage. A Lausanne, après la garderie ou l'école enfantine où allaient les enfants dont les deux parents travaillait ? Ils rentraient à la maison seuls....En 1982, une étude faite par le Service social lausannois démontrait que seulement 29 % des familles lausannoises pouvaient vivre d'un seul salaire, celui du père.

Déjà en 1975, la Commission féminine de la VPOD, syndicat, s'inquiète pour ces enfants, elles écrivent un rapport destiné aux autorités lausannoises dont je vous retranscris quelques extraits ;

« …Le problème de la garde des enfants scande de manière ininterrompues la vie des familles qui travaillent : matin, midi après 16 heures, les jours de congés exceptionnels des enseignants, les mercredis après midi, les vacances scolaires, la maladie, les transports,….

Comment s'organisent les femmes qui travaillent ? Le monde politique avait ses farouches adversaires à financer des modes de gardes pour les enfants. Le discours était parfois très dur. Il faut dire qu'à cette époque la droite politique du Conseil Communal lausannois luttait contre le fait des mamans qui travaillaient, ces politiciens "s'opposaient systématiquement" aux augmentations des budgets pour financer des modes de gardes pour les enfants en dehors des heures de garderie. Dans certains débats radiophoniques ou de télévision, certains conseillers communaux lausannois, de droite n'hésitaient pas à parler de "mauvaise mère", d'une maman qui ne restait pas à la maison pour s'occuper de ses enfants. Au niveau des députés cantonaux vaudois le discours était encore plus dur; lors d'une révision sur la loi de l'accueil des enfants en collectivité de jour, (révision qui se fait tous les 30 ans)......j'ai entendu des députés dire à la tribune du Grand Conseil Vaudois*...*" le coeur d'une maman doit rester vers ses enfants"....., je n'entrerai pas en matière sur cette nouvelle loi ! On n'était pas loin du discours "une femme qui travaille est une femme que je condamne"

Il n'était donc pas question d'obtenir des budgets pour créer des unités d'accueil pour petits écoliers lausannois.

Ces familles vivaient de grandes difficultés financières. L'aide sociale ne suffisait pas ou souvent ne pouvait pas aider ces familles.

Pour ceux qui n'avaient aucune solution de garde, les enfants étaient hélas souvent précocement "responsabilisés par leurs parents", avec hélas la télévision qui devenait trop souvent "la nounou"…

Dans la presse on pouvait lire : Ce sont presque toujours des réponses individuelles au problème de garde des enfants puisque l'infrastructure collective est défaillante »…. Il ne faut pas croire que ce discours exprime certaines situations particulières, c'est une situation qui concerne énormément de familles lausannoises.

Alors que font les autres familles pour vivres ?

Les mères travaillent pour faire face aux dépenses de bases du ménage!

Les autorités lausannoises font les sourds d'oreille !

Les autorités cantonales sont carrément sourdes !

A part l'aide d'une voisine, des grands-parents ou d'un réseau de solidarité bénévole entre mamans dans un immeuble ou un quartier; il n'y avait rien pour accueillir ces petits enfants lausannois.

Je parle de la Ville de Lausanne qui est pionnière dans les questions d'accueil pour enfants en quantité et en qualité!

Pour les familles en dehors de Lausanne, dans le canton de Vaud, c'est encore souvent le désert.

Il faudra attendre des années, contraint par la loi pour que les communes commencent a lâcher du bout des lèvres soit un local soit une salle de paroisse pour "organiser" des accueils pris en charge par des bénévoles.

Aujourd'hui aucune famille n'imagine le fait que son enfant en sortant de la garderie ne trouve pas une place dans une unité prévue à cet accueil…et pourtant, nous avons beaucoup lutté !

https://www.lausanne.ch/view.asp?docId=25285&domId=63380&language=F

et

http://www1.lausanne.ch/ville-officielle/administration/enfance-jeunesse-et-cohesion-sociale/accueil-de-jour-de-l-enfance/apems-accueil-pour-enfants-en-milieu-scolaire.html

Claire Attinger, Cheffe du service lausannois parle des accueil des enfants lausannois d'aujourd'hui sur les ondes « Les petits matins » le mardi 26 juin 2012 : http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/les-petits-matins/4078354-les-petits-matins-du-26-06-2012.html

« … En regard de l'augmentation du travail des femmes et de la différenciation entre les horaires scolaires et les horaires de travail, la Ville de Lausanne a mis en place dès 1998 des structures d'Accueil pour enfants en milieu scolaire (APEMS). Situés à proximité des écoles, 39 lieux d'accueil répondent aux besoins des familles dans les différents quartiers de la ville. Les enfants y sont accueillis le matin entre 7h et 9h, à midi entre 11h et 14h et après l'école à partir de 15h30 et jusqu'à 18h30 »…..

Mais n'oublions JAMAIS que c'est uniquement parce que des femmes ont milité, se sont engagées et parfois se sont mise en danger que qu'une loi soit votée et que ces lieux d'accueil lausannois existent.

Vous devez être connecté/-e pour ajouter un commentaire
  • Claire Bärtschi-Flohr

    Comme disait Beaumarchais je crois, vivre c'est lutter. Lorsque les gens disposent d'un acquis, ils pensent (trop) vite que cela a toujours été ainsi et souvent ils ne comprennent pas la nécessité de continuer à lutter ou à soutenir ceux qui luttent. Merci Martine pour tous ces intéressants partages.

  • Martine Desarzens

    Vous avez tellement raison; j'ajouterai...Vivre c'est luter et voter"...avec la crise actuelle, les caisses sont vides, les cantons et les communes titrent la langue avec des budgets limités et des charges de plus en plus lourdes.........c'est dans ces périodes que "le loup" politique sort du bois pour essayer de faire disparaitre certaines prestations aux familles, aux personnes âgées, dans l'éducation, la culture, les artistes,l'AVS, le travail.....; notre seul outil reste le vote avec notre voix qui permets d'essayer de maintenir les acquis......mais dur dur.......

Le réseau notreHistoire
Sponsors et partenaires
93,228
4,674
© 2019 FONSART. Tous droits réservés. Conçu par High on Pixels.