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Michail GLINKA, Ouverture de Rouslan et Ludmila, OSCCP, Ernest ANSERMET, 1953

juin, 1953
DECCA
René Gagnaux

Ernest ANSERMET enregistra cette ouverture à deux reprises pour le disque:

● une première fois en juin 1953, avec l'«Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire» (OSCCP), à la «Maison de la Mutualité» de Paris: pendant ces sessions furent enregistrés la «symphonie classique» de Prokofiev, l'ouverture de «Rouslan et Ludmila» de Glinka, «Dans les Steppes d'Asie Centrale» de Borodine, et la «Nuit sur le Mont-Chauve» de Mussorgki. Le tout est paru en octobre 1953 sur LXT 2833 et en janvier 1954 sur le London LL 864 (la photo de la pochette de ce disque illustre ce fichier audio), puis réédité entre autres sur le disque ACL 123

● une seconde fois en mai-avril 1964, avec son Orchestre de la Suisse Romande, bien entendu au Victoria-Hall de Genève. Pendant les sessions d'enregistrements du 4 avril au 3 mai (Pr: Michael Bremner Eng: James Lock) furent enregistrés la «Nuit sur le Mont-Chauve», le «Prélude» et la «Danse des esclaves perses» de la «Khovanchtchina» de Mussorgski, l'«Ouverture de Rouslan et Ludmila», la «Valse-Fantaisie» et le «Capriccio brillante sur la théme de Jota aragonaise», aussi connu comme «Ouverture espagnole No.1», de Glinka, la 5e symphonie de Prokofjew, les «Deux Portraits», Op.5 Sz 37, les «Deux Danses Roumaines», Op. 8a Sz 68, et la «Suite de Danses», Sz 77, de Bartok.

L' «Ouverture de Rouslan et Ludmila» fut publiée sur les disques Decca LXT 6119 resp. SXL 6119 en novembre 1964 et Decca London CM 9405 resp. CS 6405 (photo du recto de la pochette ci-dessus) en décembre de la même année, avec les autres oeuvres de Mussorgski et Glinka. Elle ne fut publiée pour la première fois sur CD que très tard, en septembre 2008 sur le CD Australian Eloquence 480 0038, avec diverses autres oeuvres de compositeurs russes - voir par exemple cette page du site buywell.com pour plus de détails sur ce splendide double CD.

Quelques informations sur l' ouverture de Rouslan et Ludmilla: pour son second opéra, Glinka s'inspira du conte féerique éponyme de Pouchkine, dont l'action se situe au Moyen-Âge. Un court résumé du premier acte:

"[...] Svetosar, prince de Kiev, célèbre en grande pompe les fiançailles de sa fille Ludmila avec le chevalier Rouslan. Mais la belle est aussi convoitée par Ratmir, un poète et prince oriental, et Farlaf, un prince varègue. Ludmila chante son bonheur, mais aussi sa tristesse de quitter les siens.

Le beau chant nuptial du vieux barde Bayan célèbre les victoires russes et prédit le bonheur des fiancés mais aussi des heures sombres. Effectivement, au milieu de ce somptueux festin, l'orage éclate, et l'assemblée est plongée dans le noir et dans la confusion. Quand la lumière revient, Ludmila a disparu. On apprendra que Tchernomor, le mauvais esprit, l'a enlevée. Svetosar promet alors la moitié de son royaume et la main de sa fille à celui qui la retrouvera. [...]"

Pour la suite de l'action voir par exemple ce fichier PDF du site vava.be.

Dans sa musique, Mikhaïl Glinka s'inspire de ce qu'il y a de plus spécifique dans son pays: les chants et les danses populaires. L'aristocratie et la haute bourgeoisie reprocheront d'ailleurs à l'auteur d'«Une vie pour le tsar» (1836) d'écrire «de la musique de cocher de fiacre». «Rouslan et Ludmila», donné en première audition en 1842, n'atteindra pas le grand public comme le souhaitait l'auteur. L'oeuvre se distingue pourtant par son originalité.

Son ouverture exubérante est la pièce la plus connue en dehors de la Russie. Les trois thèmes exploités sont empruntés à la partition. Le premier thème énergique et belliqueux illustre la détermination de Rouslan dans la quête de sa bien-aimée disparue, le deuxième chanté par les violoncelles évoque la tendresse amoureuse de l'héroïne, le troisième, un motif descendant clamé par les trombones, se rapporte aux forces du mal surtout incarnées par le nain Tchernomor. De plus, ces thèmes sont traités comme dans un premier mouvement de symphonie. Ce qui retient le plus l'attention, c'est la frénésie qui s'empare de cette ouverture sans le moindre répit dans le tempo irrésistible imposé par le compositeur:

"[...] Brillante, écrite dans la fièvre des répétitions qui avaient déjà commencé, les pages initiales de cet opéra sont chargées de cette effervescence, de ce sentiment vivace de l'attente que savaient communiquer les ouvertures du XVIIIe siècle. Les principaux éléments du spectacle s'y reflètent: l'amour de Rouslan pour Loudmila [...], la personnalité grotesque du nain Tchernomor. Des traits virtuoses confiés aux cordes à l'unisson font penser à des modèles illustres. La rythmique amusante, la saveur des modulations, l'extrême mobilité de l'orchestre animent, éclairent, assouplissent cette ouverture dont la construction est celle d'une sonate à deux thèmes. C'est bien la musique qui convient à un conte où l'irréel se joint au réel et l'humour à la poésie. [...]"

citation extraite d'un texte de Dorel Handman, pianiste et musicologue français, publié au verso de la pochette du disque de Pierre DERVAUX MMS-2198 (le disque MMS-2198 a le même contenu que le disque de Pierre DERVAUX MMS-2173.

Ernest ANSERMET au début des années 1950

Un extrait de cette photo est utilisé sur la pochette du disque LL 864, en vue miroir. Il est fort possible que cette photo ait été prise lors des sessions d'enregistrements de ce disque à Paris: si une personne visitant cette page devait en savoir plus, toutes informations m'intéressent

Voici d'abord l'enregistrement mono de juin 1953...

Michail Glinka, Ouverture de Rouslan et Ludmila, Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire de Paris, Ernest Ansermet, juin 1953, Maison de la Mutualité, Paris (05:23)

Provenance: DECCA London LL 864, ARL 1760-1B / 1761-4B

Pour l'enregistrement stéréo de 1964, voir ce fichier audio (https://www.notrehistoire.ch/medias/114387)

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René Gagnaux
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22 juillet 2018
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